Mikaël Kingsbury atteint les 100 victoires en Coupe du monde de ski acrobatique : «Une carrière impressionnante» - Jean-Luc Brassard le compare à Michael Jordan
Le champion olympique de 1994 salue la domination, la détermination, la motivation et le comportement du prolifique skieur québécois


François-David Rouleau
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SAINT-CÔME | Jamais lorsqu’il descendait les bosses dans les années 1990, Jean-Luc Brassard n’aurait cru qu’un jour, un skieur acrobatique n’atteindrait le cap des 100 victoires en carrière. Derrière son micro d’analyste, « le Boss des bosses », en a été témoin. En chair et en os !
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« Mikaël, c’est un cas exceptionnel dans le sport. C’est un genre de Michael Jordan ou autres athlètes qui arrive que très rarement », laisse tomber le champion olympique de 1994 à Lillehammer qui compte aussi 20 victoires sur le circuit de la Coupe du monde entre 1991 et 2002.

« Dans mon temps, on parlait d’Edgar Grospiron qui en comptait 28. On croyait que c’était quasi imbattable. »
Pour donner une idée de la grandeur de l’exploit accompli par le skieur acrobatique de 33 ans, vendredi soir, seuls quatre skieurs ont franchi le cap des 100 victoires en carrière en Coupe du monde à travers toutes les disciplines de la Fédération internationale de ski (FIS).
Rarissime
Dans l’histoire... Johannes Hosflot Klaebo, Conny Kissling, Marit Bjorgen et Mikaela Shriffrin forment ce sélect cercle des plus grands vainqueurs.
L’horloge approchait 23 heures à Val Saint-Côme, vendredi, et Mikaël Kingsbury signait encore des autographes aux quelques mousses traînant encore près de l’aire d’arrivée en bas de piste, près de 90 minutes après son sacre.
Une fois terminé, le « King » a donné une bonne poignée de main bien sentie au « Boss », alors en entrevue avec Le Journal, et il l’a remercié pour tous ses commentaires. Puis Mik a poursuivi son chemin. Peut-être jusqu’aux célébrations dans le chalet au bas de la montagne...
Tous azimuts
Brassard l’a maintes fois répété durant notre entretien. Il s’est dit impressionné par l’ampleur de la réalité et le comportement irréprochable de l’athlète qui lui avaient fait écarquiller les yeux comme ouvreur de piste aux Jeux olympiques de Vancouver, en 2010. Au fil des 15 années suivantes, il a enfilé 143 podiums et décroché l’or à 110 reprises à travers le circuit de la Coupe du monde, des Championnats du monde et des Jeux olympiques. Des performances extraordinaires assorties de 29 globes de cristaux et neuf titres mondiaux à ses huit participations en championnat (simple et duel).

« C’est impressionnant ce qu’il accomplit. Ce ne l’est pas seulement au niveau technique. Mik a toujours repoussé les limites. Dans le sport ou ailleurs, à la minute où tu t’assois sur ta chaise en croyant que tu es bon, c’est là que tu te fais dépasser. Il faut toujours se surpasser.
« Il l’a fait en restant à la tête de son sport, année après année, sans perdre la motivation. Ça aussi c’est impressionnant. »

Au fil de ses 100 victoires, 143 podiums et 29 globes de cristal de la FIS depuis 2011, Kingsbury a dominé son circuit malgré la compétition relevée. Il n’a pas toujours gagné avec de larges écarts de pointage, a fait remarquer Brassard.
Athlète unique
Et au-delà des résultats, l’homme de 53 ans qui est une figure emblématique du ski acrobatique à travers le pays et le monde s’est aussi dit impressionné par la structure et la gestion de la carrière de Kingsbury. Il a souligné son comportement exemplaire pour supporter la pression et répondre aux attentes depuis plus de 15 ans sur un circuit ultra compétitif.
« Il était condamné à gagner tout le temps, car lorsqu’il terminait deuxième, les gens étaient déçus », a-t-il aussi fait constater.
Brassard a aussi salué l’appui de son entourage.

« C’est une famille en or. C’est magique. Ses parents n’ont jamais mis de pression. Ils ont bien géré le tout en privilégiant le climat familial. Ils sont restés avec lui, a-t-il expliqué en lançant les fleurs à sa famille. Ce sont des parents modèles qui ne se sont jamais mis devant ou derrière. Ils l’accompagnent. »
« C’est une carrière franchement impressionnante. Il se prépare pour un autre grand défi dans sa vie en retournant aux Jeux. Il les a déjà gagnés, ce qui n’est vraiment pas facile quand on les refait. Il est capable de repartir à zéro pour aller chercher une autre victoire. »