Tous les résultats
Publicité

100e victoire de Mikaël Kingsbury en Coupe du monde : «Une tonne de briques en moins sur les épaules»

Le prolifique skieur acrobatique québécois regarde avec confiance vers les Jeux olympiques

Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2026-01-10T06:54:37Z

Partager

SAINT-CÔME |Depuis des mois que Mikaël Kingsbury entendait les mêmes remarques et les encouragements dans ses sorties publiques et plus personnelles, comme à l’épicerie, portant sur une 100e victoire en carrière. Il a choisi une soirée pluvieuse à Val Saint-Côme, chez lui devant ses partisans, pour atteindre cette impressionnante marque qui le fait passer à l’histoire.

• À lire aussi: Mikaël Kingsbury écrit l’histoire en Coupe du monde de ski acrobatique à Val Saint-Côme: CENT-sationnel
• À lire aussi: Le Journal descend avec le «Roi des bosses» Mikaël Kingsbury

Et il l’a fait à un mois de son grand objectif de la saison : les Jeux olympiques de Milan-Cortina.

«Je suis soulagé. C’est une tonne de briques qui me tombe des épaules, a lâché le Roi des bosses après sa grande victoire. Elle fait du bien. Je sais que je peux gagner sans être à 100% physiquement.

Photo fournie par Bernard Brault
Photo fournie par Bernard Brault

«En sachant qu’il me reste un mois à faire avant les Jeux et en voyant le chemin parcouru depuis ma descente à Ruka, en Finlande, il y a un mois, je vois que mon corps va de mieux en mieux, a enchaîné celui qui continue de soigner une sérieuse blessure à l’aine gauche et qui ne voulait pas aborder cette compétition à Saint-Côme en cherchant à tout prix à signer ce 100e sacre. Ça me donne espoir que je peux me rapprocher du 100% de mes capacités aux Jeux. Si c’est le cas, je serai encore meilleur.»

Publicité

Bernard Brault
Bernard Brault

À fond Léon!

La soirée ne s’annonçait pas si haute en émotions sur l’heure du souper avec la brume qui mettait en péril l’épreuve masculine en simple. Mais les officiels ont lancé les qualifications lors desquelles Kingsbury a pris le troisième rang avec une descente encourageante et propre. C’était déjà un plus sur sa sortie en Finlande.

Et les officiels ont ensuite annoncé la tenue de la finale regroupant les 16 meilleurs skieurs. C’est à ce moment où l’athlète québécois de 33 ans a décidé de mettre le paquet.

«En haut de la piste, je me sentais bien et j’étais dans un bon état d’esprit. Je me suis donc dit de mettre la gomme, car il ne me reste plus autant de moments intenses à ma carrière, a-t-il raconté.

«J’ai pris une grande respiration. J’ai regardé « Mike». J’ai regardé la piste et je me suis dit de ne rien faire de stupide. J’aurais pu pousser pour aller encore plus vite, mais j’ai décidé de faire ce que je devais accomplir en me commettant pleinement à chaque geste durant ma descente sans protéger ma jambe gauche.»

Photo fournie par Bernard Brault
Photo fournie par Bernard Brault

Publicité

La pression sur ses rivaux

Quand il a croisé le fil d’arrivée, le King a rugi et serré le poing. Il lançait ainsi un message clair aux deux derniers coureurs au sommet de la piste. Ceux-ci ont craqué et n’ont pu le détrôner de la plus haute marche du podium.

«C’est ça le sport. Le nombre de fois où j’étais dans cette situation en étant le dernier au sommet de la piste à regarder les gros scores et être sous pression. J’étais content que ce soit à mon tour de leur mettre cette pression», a relaté celui qui faisait tout de même les 100 pas dans l’aire d’arrivée au fil des dernières descentes d’Ikuma Horishima et Daeyoon Jung.

Bernard Brault
Bernard Brault

Confiance

Psychologiquement, cette victoire lui permet aussi de savourer son ardeur au travail dans sa réadaptation et la traversée des durs moments des derniers mois.

«C’était des montages russes d’émotions. Par moment, je n’y croyais plus et je me disais que ce serait difficile. Notre sport est vraiment agréable quand on est à 100% de nos capacités physiques. Il l’est moins avec un bobo. Ce soir (hier), j’ai réussi à avoir du plaisir.

«Je n’avais pas pesé sur l’accélérateur comme ça depuis septembre. Ça fait du bien de savoir que je suis encore capable», a plaisanté l’homme aux 29 globes de cristal et 110 victoires en carrière à travers la Coupe du monde, les Championnats du monde et Jeux olympiques.

Publicité

Bernard Brault
Bernard Brault

Dans ce qui pouvait être son chant du cygne en Coupe du monde au Québec, il ne pouvait espérer meilleur scénario. «Si c’est la dernière, c’est mission accomplie», a-t-il laissé tomber.

Célébrations méritées

Kingsbury a aussi eu droit à quelques surprises durant les célébrations.

Tout d’abord, sa mère et son père, Julie Thibaudeau et Robert Kingsbury, lui ont remis et enfilé sa médaille d’or dans un moment touchant et émouvant.

Photo fournie par Bernard Brault
Photo fournie par Bernard Brault

«C’était très spécial. Ils sont là depuis mes débuts. J’en ai gagné beaucoup des médailles avec eux qui attendaient en bas de la piste à filmer ou prendre des photos. C’est beaucoup d’émotions, a-t-l raconté en cassant légèrement la voix.

«De toutes mes victoires et mes succès, ils en font grandement partie. Ils ne m’ont jamais mis de pression et ils m’ont toujours supporté en restant derrière moi. Ils méritaient de me remettre cette médaille.»

Dossard unique

Son entraîneur Michel Hamelin a ensuite suivi en lui enfilant le dossard jaune réservé au meneur du circuit. Celui-ci était toutefois différent avec la mention des 100 victoires.

«Mike» suit Kingsbury depuis qu’il est tout-petit. L’entraîneur de 52 ans qui célèbre ses 25 ans de services au sein de l’équipe nationale l’a vu sur le circuit local et régional des Laurentides avant de l’accueillir sur le programme canadien.

«Cent victoires, ça signifie que ça fait longtemps que je suis là, a lancé en boutade le sympathique entraîneur, loin de prendre tous les mérites. Mikaël a eu plusieurs coachs sur son parcours.

«Si la première victoire a été difficile, comme la 2e jusqu’à la 99e, cette 100e l’était tout autant. Il fallait toujours être sur la coche. Il est au sommet en continuant à courir sur la Coupe du monde à l’âge de 33 ans et en étant père de famille.

Bernard Brault
Bernard Brault

«C’est incroyable ce qu’il a accompli.»

Publicité
Publicité