100e victoire de Mikaël Kingsbury en ski acrobatique: «C’est un scénario rêvé, je capote» - Sa mère, Julie Thibaudeau
Les parents du skieur acrobatique ne croyaient pas à sa victoire à Val Saint-Côme, à cause de sa blessure et de son entraînement limité cette saison


François-David Rouleau
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SAINT-CÔME | Ce n’était ni la pluie de la soirée, ni le froid, et ni le vent qui commençait à souffler au bas de la piste de la station de ski Val Saint-Côme, tard vendredi soir, qui mouillaient les yeux de la maman de Mikaël Kingsbury. Vidée par le stress de la soirée, ses nerfs ayant lâché après la fantastique victoire de fiston, Julie Thibaudeau peinait encore à croire à ce qu’elle venait de vivre.
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«C’est un scénario rêvé, je capote», a-t-elle lâché en entrevue avec Le Journal aux côtés du papa, Robert Kingsbury. Son «Mik» venait de remporter sa 100e victoire sur le circuit de la Coupe du monde.
Un exploit grandiose et une marque qui ne pourrait être battue que par un autre magicien générationnel des bosses.
«Je n’y croyais pas. Toute la semaine et toute la journée, je reprenais les gens qui me parlaient de cette 100e victoire à décrocher. Sincèrement, avec le calibre très relevé de la compétition, sa blessure, son manque d’entraînement sur neige depuis l’automne et le manque de descentes à fond de train, je ne pensais pas que c’était possible ici, ce soir [vendredi]», a ajouté Julie, les yeux dans l’eau. «Quelqu’un me l’aurait prédit en matinée, je ne l’aurais pas cru, car je prenais cette épreuve comme un entraînement.»

Maître de soi et confiant
Mais ce que les parents ont vu de leur fils de 33 ans en qualifications et en finale les a épatés. De bonnes descentes maîtrisées et sans douleur, du chien et une exécution parfaite de la stratégie. Ils ne pouvaient demander mieux.
«L’essentiel pour nous, c’était qu’il reste en santé et ne ressente aucune douleur de la semaine», a rappelé Robert.
«Il m’a tellement épatée dans toute cette épreuve de sa blessure et le processus qu’il a suivi. Il fallait qu’il arrive en bas en étant content de sa performance et en confiance», a renchéri la maman au bout d’une soirée très riche en émotions. «Car le grand objectif cette saison, ce sont les Jeux olympiques à Milan-Cortina.»

Stress intense
Comme Mikaël, le stress de cette 100e victoire en carrière sur le circuit de la Coupe du monde pesait aussi lourd dans l’esprit des parents. Rarement, maman a-t-elle été aussi stressée au bas de la piste.
«Cette victoire serait arrivée un jour. En espérant que ce soit cette année. Cette soirée, ici à Saint-Côme, c’était juste le scénario incroyable. C’était parfait. Tout le monde était là. Mik a réalisé cela devant sa famille, son fils Henrik, nos cinq petits-enfants, ses amis et le public québécois. C’était magique», ont résumé les parents.

Occasion en or
Et que dire de cette attention des organisateurs, dont les copropriétaires de la station François Gagnon et Sonia Cloutier, qui ont demandé à Julie et à Robert de lui remettre sa médaille d’or?
«C’était un fantasme», s’est exclamée maman, encore les yeux dans l’eau et le trémolo dans la voix. «Je les trouve tellement fins de nous avoir offert cette opportunité. Ce n’était pas une petite médaille. C’était une Coupe du monde et sa 100e.»

Une attention qui a aussi touché droit au cœur le grand champion qui a attribué à sa mère une grande part de ses succès.
«Je crois que nous le méritions aussi pour tout le stress qu’il nous a fait vivre depuis ses débuts», a ajouté Julie qui a suivi Mikaël dans la majorité de ses aventures, tant en course qu’à l’entraînement aux quatre coins du pays ou du monde. «Je sais toujours où il est sur la planète et quand il touche la neige. Je lui demande toujours de m’écrire un petit mot après chaque course.»

«Un cœur de mère reste toujours connecté à son enfant», a-t-elle conclu avant d’aller sabrer le champagne et de célébrer cet exploit grandiose.