LNH: l'odeur de l'argent

Jean-Charles Lajoie
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L’erreur que plusieurs amateurs et observateurs font souvent est de considérer Gary Bettman comme un imbécile. Le commissaire de la LNH est au contraire doté d’une intelligence supérieure. Bettman a un flair extraordinaire et une maîtrise parfaite de son sport et de ses marchés.
Cette semaine, je me suis insurgé devant le mauvais théâtre disputé au Madison Square Garden entre les Rangers et les Caps de Washington. Il m’apparaît évident que si Bettman avait fait preuve de leadership rien de tout ça ne se serait produit. Après les attaques sauvages de Tom Wilson, lundi soir, le commissaire se devait de prendre la parole. De dire haut et fort qu’il condamnait les gestes de la veille commis envers une des grandes vedettes de la ligue, Artemi Panarin. Qu’il se désolait de voir que sa réglementation en vigueur ne lui permettait pas de sévir davantage à l’endroit de Wilson, un multirécidiviste notoire. D’ajouter qu’il avait ordonné à ses comités directeurs de trouver des avenues afin de doter le département de la sécurité des joueurs d’une plus grande autonomie pour punir à hauteur des gestes posés des agresseurs comme Wilson. Enfin, de prévoir que le match du lendemain entre les deux mêmes équipes allait être scruté de près, que les deux clubs se trouvaient en probation et qu’au moindre écart de conduite les sanctions allaient être sévères et sans appel.
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Il n’en fut rien. En fait, la ligue a agi promptement, mais en soulageant les Rangers de 250 000 $, puisque leur propriétaire a osé défier publiquement le circuit en réclamant la démission de son vice-président à la sécurité des joueurs, Georges Parros.
Le cirque
Résultat, les garçons en culottes courtes se sont fait justice eux-mêmes jeudi soir. Sept bagarres dont trois dès la mise en jeu initiale. Tom Wilson a transgressé le fameux code et il se devait d’en assumer les conséquences. Une vulgaire blague si vous voulez mon avis. Des gars qui se battent sans savoir le faire, se plaçant en position vulnérable face aux blessures. Et le gros Wilson tout sourire au milieu de la foire d’empoigne qu’il a lui-même initiée et pour laquelle personne chez les Rangers ne pouvait vraiment lui faire payer quoi que ce soit.
Je reviens à Bettman. Pourquoi il n’a pas agi afin d’empêcher ce cirque ? Après tout, le match de mercredi était diffusé à la télé nationale de NBC ? Justement. Il y a quelques semaines, ESPN annonçait en grande pompe la ratification d’une entente de diffusion des matchs de la LNH. Un superbe montage vidéo accompagnait l’annonce. Il comprenait quelques beaux buts et... quelques bagarres. C’est dans ce petit montage que réside la clé de l’inaction de Bettman cette semaine.
Comme le UFC
Le commissaire dirige le seul sport majeur en Amérique qui n’interdit pas les bagarres. Le public en est friand, particulièrement aux États-Unis, encore plus au sortir de la folle pandémie. Le patron du hockey envie les parts de marché du UFC et semble s’en inspirer pour tenter de gagner du terrain auprès du football, du baseball et du basketball. Ces trois autres sports interdisent et punissent très sévèrement les bagarres.
Il semble que ce soit un pari risqué de Gary Bettman. Mais à la tête d’une ligue qu’il a fait passer de 400 millions à 5 milliards de revenus annuels en 28 ans, qui va parier contre le commissaire ?
Coup de coeur
À Cole Caufield. Les vrais marqueurs naturels ne sont qu’instinctifs. C’est le cas du « neveu » de ses coéquipiers. Son premier but à cinq contre cinq marqué jeudi l’a été en compagnie de Corey Perry et Eric Staal, une combinaison que je souhaite voir réunie avec stabilité par Dominique Ducharme lors des séries éliminatoires.
Coup de gueule
À Jesperi Kotkaniemi. Je maintiens que sa sélection devant Brady Tkachuk était justifiée par l’absence de relève au centre chez le CH. Je demeure confiant de voir KK s’établir comme un joueur important. Mais son passage à vide inquiète. Il demeure le 8e plus jeune athlète de la LNH et il n’a jamais connu de rigueurs de calendrier aussi folles.
Un p'tit 2 sur...
Une victoire aux points pour Canelo Saul Alvarez ce soir à l’événement Cinco de Mayo. La tête d’affiche principale de la boxe mondiale devra trimer dur face à Billy Joe Saunders, un spécialiste pour faire mal paraître ses adversaires. Mais ce ne sera pas suffisant pour embêter Alvarez qui continue de s’améliorer sous nos yeux sur le ring.