Canadiens de Montréal

CH: ce qui cloche avec «KK»

CH: ce qui cloche avec «KK»

Michel Bergeron

Publié 08 mai
Mis à jour 08 mai

Il est l’objet de plusieurs critiques, mais, pour moi, Jesperi Kotkaniemi doit faire partie de la solution bien avant Eric Staal.

Je comprends que les amateurs s’attendent à plus de la part d’un haut choix de repêchage qui complète actuellement sa troisième saison professionnelle. Contre les Sénateurs d’Ottawa la semaine dernière, il a connu toutes sortes de difficulté. KK ne joue d’ailleurs jamais bien contre Ottawa, comme si les comparaisons avec Brady Tkachuk le dérangeaient. En plus, Tkachuk connaît toujours de bonnes sorties face au Tricolore. 

C’est justement ce qui cloche chez Kotkaniemi en ce moment : il pense trop. On lui a tellement bourré le crâne qu’il semble tout mêlé. On a voulu de lui qu’il prenne du poids, ensuite qu’il joue avec plus de fougue et de hargne. Tout ça fait en sorte qu’on a oublié de lui dire qu’il devait jouer au hockey et laisser son instinct offensif parler.

Le jeune finlandais s’implique physiquement, mais, au risque de vous surprendre, je n’aime pas ça. Trop souvent, il se sort du jeu. Ce n’est pas ça, son identité. 

Le portrait se précise 

Les deux défaites des Canadiens la semaine dernière, face aux Sénateurs d’Ottawa et aux Maple Leafs de Toronto, auront au moins eu une chose de positif : elles auront permis d’exposer encore plus les joueurs en difficulté en vue des séries, à commencer par Eric Staal et Jon Merrill.

Les décisions seront de moins en moins difficiles à prendre pour Dominique Ducharme. Marc Bergevin a pris le pari de faire l’acquisition de vétérans aguerris dans les derniers mois, mais force est d’admettre que ce n’est malheureusement pas avec de l’expérience que le Canadien pourra espérer battre les Leafs au premier tour, si le portrait demeure tel quel.

Non, ce sera plutôt avec de l’enthousiasme et de la jeunesse que le Tricolore aura une chance de vaincre ses puissants rivaux. 

Ce sera avec de la vitesse, du travail acharné. Pas avec des vétérans en fin de carrière.

En ce moment, il est évident que Ducharme évalue toutes ses options. La question que tout entraîneur se pose est : qui sont mes meilleurs ? 

Je regrette, mais Eric Staal ne doit pas être dans cette catégorie. Même chose pour Jon Merrill qui me déçoit au plus haut point depuis son arrivée à Montréal. J’essaie encore de lui trouver une qualité. À mon avis, Brett Kulak mérite sa place parmi les six défenseurs réguliers, pas Merrill.

Plus tôt je disais que le Canadien pouvait battre les Maple Leafs à force d’enthousiasme, de travail acharné et de vitesse.

Toutes des qualités de Brendan Gallagher.

Son retour sera assurément bénéfique pour le Canadien, particulièrement en séries.

Caufield et Danault 

Le cas de Cole Caufield est particulier. Clairement, il est la saveur du mois à Montréal et il amène un enthousiasme rafraîchissant.

Toutefois, il faut reconnaître qu’il est moins efficace à cinq contre cinq et, en séries, il n’y a pas de trois contre trois en prolongation. Chose certaine, il lance de partout. Je pense qu’il serait servi à être un peu plus créatif dans ses décisions.

J’aime toutefois qu’on le place avec Phillip Danault. C’est toutefois un rôle un peu ingrat qu’on lui confie. On lui demande d’être le stabilisateur aux côtés du jeune. Danault doit donc non seulement s’occuper de contrer les meilleurs trios adverses en plus de veiller sur la jeune sensation du Tricolore.

Mais, il faut l’admettre, il s’acquitte de cette tâche à merveille. Comme à peu près toutes celles qui lui sont confiées, d’ailleurs.

Merci M. Labeaume 

Le maire de Québec Régis Labeaume a annoncé sa retraite de la vie politique cette semaine. J’ai envie d’utiliser cette tribune pour le remercier pour tout ce qu’il a fait pour la ville de Québec, particulièrement dans le sport. Il a cru jusqu’à son rêve de ramener une équipe de la LNH dans la Vieille Capitale. Il laisse un héritage inestimable aux gens de Québec. Sur le plan personnel, je me souviendrai pour le restant de mes jours de la fois où il m’avait appelé personnellement pour me demander si je voulais des vestiges du vieux Colisée. Je lui avais alors demandé s’il était possible d’avoir les deux bancs que j’occupais à l’époque, et il s’était chargé de me les faire livrer chez moi. Je n’oublierai jamais ça. M. Labeaume, merci pour tout, et la meilleure des chances pour la suite des choses.

La faute de la LNH 

La Ligue nationale de hockey n’a qu’elle-même à blâmer pour ce qui s’est produit entre les Rangers de New York et les Capitals de Washington. Tout ça aurait pu être évité de la plus simple des façons, soit en suspendant Tom Wilson pour 15 ou 20 matchs. Ce qui me renverse dans tout ça, c’est que c’était une décision tellement logique et évidente à prendre. Malheureusement, on ne l’a pas fait et on a vu ce que ç’a donné. Tout ça en plus semble avoir coûté le poste au directeur général de l’équipe Jeff Gorton ainsi qu’au président John Davidson que j’ai bien connu lors de mon passage à New York. C’était son rêve, de devenir le président des Blue Shirts. C’est extrêmement dommage que ça se termine de cette façon.

Bravo Fleury 

Marc-André Fleury a continué d’écrire sa fabuleuse histoire mercredi lorsqu’il a devancé Roberto Luongo au troisième rang des gardiens avec le plus de victoires dans l’histoire de la LNH. Fleury prouve encore une fois qu’il est possible d’être un gentilhomme, un « bon gars », en plus d’être un athlète hors pair. Sans tambour ni trompette, il est en train de faire sa marque parmi les plus grands de sa position. Ce que j’adore, en plus, c’est que les quatre gardiens les plus victorieux sont des Québécois francophones, en comptant évidemment Martin Brodeur et Patrick Roy qui occupent les deux premiers échelons.