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L’investisseur futé: des FNB trop beaux pour être vrais?

Photo ADOBE STOCK
Photo portrait de Sylvain Larocque

Sylvain Larocque

2026-02-21T08:00:00Z

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Dans cette chronique, nous vous donnons des idées concrètes pour placer votre argent.

Avez-vous vu passer ces fonds négociés en bourse (FNB) qui affichent un « rendement » annuel de 6, 12 ou même 30 %?

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Je parle bien sûr des FNB d’options d’achat couvertes (covered call)!

Pardon ? Ce sont des produits financiers assez complexes, mais ils ont un côté givré très séduisant : un rendement impressionnant, du moins sur papier.

L’an dernier, les Canadiens ont placé pas moins de 11 G$ dans des FNB basés sur des options, portant les actifs investis dans ces produits à 41 G$, selon la Financière Banque Nationale.

Ces FNB utilisent des options d’achat d’actions pour générer des revenus mensuels élevés sous forme de « distributions ». C’est l’équivalent d’un dividende pour une action d’entreprise. Certains FNB de cette catégorie effectuent aussi des emprunts dans le but de produire un rendement plus élevé.

Marketing efficace

Sur les sites web de ces FNB, votre regard sera sans doute attiré par le gros pourcentage indiqué à côté de la mention « rendement annualisé des distributions ».

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Celui du FNB « HHIS » de la firme Harvest affiche un « rendement actuel » de plus de 30 % !

Mais ce rendement n’est pas nécessairement celui que vous aurez à la fin de l’année. C’est ce que vous rapporteront les distributions mensuelles du FNB, en fonction du cours actuel du fonds. En anglais, on appelle ce rendement « yield ».

Le yield exclut toutefois les fluctuations à la hausse ou à la baisse du prix du FNB et c’est là que souvent, le bât blesse.

Prenons un exemple, celui du FNB « CNCC » de la firme Global X, qui est un FNB d’options d’achat couvertes fondé sur l’indice canadien S&P/TSX 60.

Le rendement des distributions du CNCC est actuellement d’un peu plus de 7 % alors que celui du FNB « CDNX », qui reproduit le S&P/TSX 60 sans options d’achat couvertes, est d’à peine 2,4 %.

Surprises

Si vous vous arrêtez ici, vous allez peut-être choisir le CNCC et ses grosses distributions.

Mais voilà, l’an dernier, le rendement total de ce FNB a été de 19,7 % alors que celui du tout simple CDNX s’est élevé à... 28,9 % !

Parfois, c’est l’inverse. En 2025, le FNB « HHIS », composé principalement d’actions d’entreprises technologiques américaines, a généré un rendement total de plus de 28 % alors que le rendement de l’indice Nasdaq 100 en dollars canadiens a été de moins de 16 %.

Quand on investit à long terme, c’est le rendement total qui est le plus important. Il faut donc y porter une grande attention.

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Quelques FNB d'options d'achat couvertes
Nom Symbole Actifs Frais
FNB BMO VOAC de banques canadiennes ZWB 3,9 G$ 0,72%
FNB BMO VOAC de sociétés canadiennes à dividendes élevés ZWC 2,1 G$ 0,72%
FNB Harvest diversifié d’actions à revenu élevé HHIS 1,2 G$ 1,88%
VOAC: vente d’options d’achat couvertes
Avantages

Cela dit, encaisser d’importantes distributions monétaires dans son compte chaque mois est certainement attrayant, notamment pour les retraités qui vivent en partie de leurs économies.

L’industrie financière fait aussi valoir que les FNB d’options couvertes peuvent être moins volatils que les FNB classiques et plus avantageux sur le plan fiscal.

Autre avantage : en générant des revenus réguliers, ces FNB vous évitent d’avoir à vendre des titres vous-même – des décisions qui peuvent parfois être difficiles à prendre.

Anthony Ménard
Anthony Ménard Photo LinkedIn
Frais élevés

Mais comme rien n’est gratuit dans la vie, les frais des FNB d’options couvertes sont plus élevés. Ils varient de 0,48 % à près de 2 % par année, contre 0,2 % ou moins pour les FNB standards.

Anthony Ménard, vice-président de la gestion des données chez Inovestor, est sceptique face à l’engouement pour les FNB d’options couvertes.

« J’ai de la misère à trouver une situation où c’est vraiment pertinent », affirme-t-il.

Bref, informez-vous avant d’opter pour la saveur du moment !

Avez-vous des sujets à me suggérer pour cette chronique ? Écrivez-moi : sylvain.larocque@quebecormedia.com 

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