L’inquiétant appel de Meaghan

Benoît Rioux
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La jeune plongeuse Caeli McKay se reposait entre deux journées d’entraînement quand elle a reçu, par message texte, l’étrange photo d’un immeuble en train de brûler sans aucun autre commentaire.
«Ce n’est pas ta maison?», a-t-elle aussitôt questionné, en répondant à son amie Meaghan Benfeito, qui est sa partenaire en synchro à la plateforme de 10 m.
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Après un instant qui a semblé durer une éternité, les deux plongeuses ont finalement pu se joindre grâce à un appel FaceTime. Meaghan se trouvait alors dans une voiture de police, d’où elle constatait qu’elle était en train de tout perdre, dont ses trois médailles olympiques laissées à l’intérieur.
«J’étais plus inquiète à propos d’elle, mais j’ai vu qu’elle a pu sortir et qu’elle était correcte, raconte McKay, qui est âgée de seulement 21 ans. Le matériel, ça peut se remplacer, mais nous ne pouvons pas remplacer Meaghan.»
Tout peut basculer...
Décidément, McKay se souviendra longtemps de cette soirée du 28 janvier 2020. Pendant plusieurs jours, elle en est ressortie avec une boule dans l’estomac.
En pleine préparation pour les prochains Jeux olympiques de Tokyo, pour lesquels règne déjà un climat d’incertitude, l’équipe canadienne de plongeon n’avait pas besoin d’une telle frayeur.
«Personne n’a besoin de ça, mais c’est un événement qui apporte une différente perspective, convient McKay. Comme Meaghan, on tente d’en faire une chose positive. On s’appréciait déjà beaucoup à l’intérieur de l’équipe de plongeon, mais on dirait qu’on s’apprécie encore plus les uns les autres depuis que c’est arrivé. C’est fou comment tout peut basculer rapidement.»
Vivre les Jeux ensemble
Originaire de Calgary, McKay considère Benfeito, de 10 ans son aînée, comme une idole depuis sa tendre enfance. Dans les dernières années, elles ont travaillé ensemble, en synchro, afin de participer aux Jeux de Tokyo. Incendie ou pas, ce rêve commun n’en demeure pas moins présent. Il est peut-être même plus fort que jamais, comme leur amitié. Il s’agit, hélas, pour elles de leur seule occasion d’aller aux Olympiques ensemble.
«Au départ, 2020 était l’année où je devais atteindre mon rêve olympique, note McKay, faisant allusion au report d’un an. Personnellement, je pourrais y retourner en 2024. Pour moi, ce serait mes premiers Jeux à Tokyo, mais pour Meaghan, ce serait ses derniers. C’est donc aussi notre dernière occasion de vivre des Jeux olympiques ensemble.»
«Je suis impressionnée, mais je ne suis pas surprise, conclut la jeune plongeuse, à propos de la résilience déployée par sa partenaire à la suite du drame qu’elle a vécu. Meaghan est une fille très forte.»