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«C’est une guerre psychologique»

Photo portrait de Benoît Rioux

Benoît Rioux

2021-03-06T15:08:02Z

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Avec toute l’incertitude entourant les Jeux olympiques de Tokyo, la présente situation apporte son lot de défis pour les athlètes. Plus que jamais, ceux qui pourraient réussir à grimper sur le podium, cet été, auront démontré une force mentale particulière.

«C’est une guerre psychologique, vient résumer Jean-François Ménard, spécialiste en préparation mentale, qui travaille avec Derek Drouin (saut en hauteur), Antoine Valois-Fortier (judo), Laurence Vincent Lapointe (canoë) et Damian Warner (décathlon), entre autres. Ceux qui gagnent cette guerre psychologique, il va leur arriver des bonnes choses.»

Pour aider les athlètes dans leur préparation, Ménard mise notamment sur un concept entourant le regret.

«Je travaille beaucoup avec le concept du regret et du non-regret, précise-t-il. Si les athlètes enlèvent le pied de la pédale, ils vont le regretter advenant le cas où il y a des Jeux olympiques. Il faut plutôt s’assurer de n’avoir aucun regret. Peu importe ce qui va se passer, si tu travailles, tu vas regarder derrière toi et tu vas être fier.»

Noir ou blanc

Dans cette veine, les athlètes doivent faire fi des nombreuses rumeurs, même si ce n’est pas toujours évident.

«Il y a beaucoup de spéculation et on parle alors d’une zone grise, explique Ménard, qui est également l’auteur du livre "L’olympien au bureau". Moi, je travaille avec le noir et le blanc. Si tu écoutes les rumeurs, ça ne te permet pas de travailler adéquatement. En ce moment, il y a des Jeux olympiques. C’est ce que dit le Comité olympique canadien. Je ne dis pas que c’est facile de s’entraîner dans ce contexte-là, mais c’est plus simple de s’en tenir au fait qu’il y a des Jeux prévus actuellement.»

Gérer la certitude

Un autre conseil aux athlètes : voir à court terme.

«Tu dois te concentrer sur le travail au quotidien, complète le spécialiste en préparation mentale. Présentement, prévoir sept jours à l’avance, c’est une planification à long terme. Ce n’est pas facile, car les athlètes sont des bibittes d’anticipation. Ils travaillent pour atteindre leur sommet au bon moment. Plusieurs ne savent même pas quand auront lieu leurs prochaines compétitions. Mais la meilleure façon de gérer l’incertitude, c’est de gérer la certitude, et ta seule certitude, c’est ce que tu fais à l’entraînement.»

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