«Je suis arrivée cinq fois en retard au travail»: leur autobus ne passe pas faute de chauffeur
Des usagers d’exo se plaignent d’annulations plusieurs fois par semaine


Anouk Lebel
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Des usagers d’exo de la Rive-Sud ne peuvent plus compter sur leur autobus pour aller au travail tant les annulations de trajets sont fréquentes avec la pénurie de chauffeurs qui perdure dans le réseau.
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« Je suis passée par la frustration, le stress, l’inquiétude, mais là je suis enragée », lance Maria Marcano.
L’hygiéniste dentaire de Saint-Constant doit prendre l’autobus 156 pour se rendre à la gare Sainte-Catherine et ensuite attraper le train qui l’amène jusqu’au cabinet où elle travaille au centre-ville de Montréal.
Elle soutient que depuis deux mois, son autobus ne passe pas trois, voire quatre matins par semaine, pas plus que celui d’avant et celui d’après.
« Je suis arrivée cinq fois en retard au travail. Mes patients ont dû attendre 15 ou 20 minutes. Une fois, j’ai dû prendre un taxi », dit celle qui a lancé une pétition en ligne pour rétablir le service d’avant.
- Écoutez l'entrevue avec Sylvie Duval, agente syndicale pour la section locale 106 du syndicat Teamsters à l’émission de Yasmine Abdelfadel via QUB radio :
Annulations
Lory Hale a tout simplement manqué le travail lundi matin, faute d’autobus pour se rendre à Brossard.
Elle affirme subir des annulations trois fois ou quatre fois par semaine, surtout le soir. À sa sortie du travail, l’application de transport collectif Chrono lui indique que le trajet de la ligne 154 qui doit la ramener vers Saint-Constant est annulé, en raison d’un « manque d’effectifs ».
« Il n’y en a pas d’autres, alors je dois aller à Delson et marcher trente minutes. Au lieu d’arriver à 17 h 30, j’arrive à 19 h » soupire l’analyse de crédit, qui paye 194 $ par mois pour son titre de transport.
François Bourassa est touché indirectement par ces annulations à répétition, puisque son fils de 19 ans doit prendre l’autobus 156 jusqu’à la gare Sainte-Catherine, où le train l’amène vers le cégep du Vieux Montréal.
« Il va marcher tant qu’il fera beau et une voisine va le débarquer au train à 6 h 40 », dit le père de famille. Il déplore que tous les services soient dirigés vers le nouveau Réseau express métropolitain (REM) depuis le 31 juillet.
- Écoutez l'entrevue avec Diane Trépanier, chauffeuse d'autobus et initiatrice de la pétition au micro de Marie Montpetit via QUB radio :
Pénurie
Depuis le 1er septembre, le transporteur exo a reçu une cinquantaine de plaintes au sujet d’annulations de départs attribuables au manque d’effectifs dans les secteurs Le Richelain/Roussillon et Chambly-Richelieu-Carignan.
La mise en service du REM n’est pas à blâmer, précise dans un courriel un porte-parole, Jean-Maxime Saint-Hilaire.
Il faudrait une cinquantaine de chauffeurs pour pourvoir les postes vacants dans le réseau, indique-t-il.
Une « cellule d’action » a été mise en place pour lutter contre la pénurie, fait-il valoir.
Réaménager les horaires, introduire des réserves de chauffeurs et faciliter la formation en entreprise figurent parmi les mesures à mettre en place pour favoriser le recrutement et la rétention.
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