Tous les résultats
Publicité

«Je suis arrivée cinq fois en retard au travail»: leur autobus ne passe pas faute de chauffeur

Des usagers d’exo se plaignent d’annulations plusieurs fois par semaine

Photo Agence QMI, Martin Alarie
Photo portrait de Anouk Lebel

Anouk Lebel

2023-09-27T00:33:40Z

Partager

Des usagers d’exo de la Rive-Sud ne peuvent plus compter sur leur autobus pour aller au travail tant les annulations de trajets sont fréquentes avec la pénurie de chauffeurs qui perdure dans le réseau.

• À lire aussi: Retards sur une ligne d’exo: un trajet dure 2 heures au lieu des 30 minutes habituelles

• À lire aussi: «Il faudrait que je prenne trois autobus»: la refonte d’exo complique la vie des cégépiens

• À lire aussi: «Ça fait 22 ans que je fais ce trajet-là»: les autobus express de la Rive-Sud cèdent leur place au REM

« Je suis passée par la frustration, le stress, l’inquiétude, mais là je suis enragée », lance Maria Marcano.

L’hygiéniste dentaire de Saint-Constant doit prendre l’autobus 156 pour se rendre à la gare Sainte-Catherine et ensuite attraper le train qui l’amène jusqu’au cabinet où elle travaille au centre-ville de Montréal.

Elle soutient que depuis deux mois, son autobus ne passe pas trois, voire quatre matins par semaine, pas plus que celui d’avant et celui d’après. 

« Je suis arrivée cinq fois en retard au travail. Mes patients ont dû attendre 15 ou 20 minutes. Une fois, j’ai dû prendre un taxi », dit celle qui a lancé une pétition en ligne pour rétablir le service d’avant. 

Publicité
  • Écoutez l'entrevue avec Sylvie Duval, agente syndicale pour la section locale 106 du syndicat Teamsters à l’émission de Yasmine Abdelfadel via QUB radio :

Annulations

Lory Hale a tout simplement manqué le travail lundi matin, faute d’autobus pour se rendre à Brossard. 

Elle affirme subir des annulations trois fois ou quatre fois par semaine, surtout le soir. À sa sortie du travail, l’application de transport collectif Chrono lui indique que le trajet de la ligne 154 qui doit la ramener vers Saint-Constant est annulé, en raison d’un « manque d’effectifs ».

« Il n’y en a pas d’autres, alors je dois aller à Delson et marcher trente minutes. Au lieu d’arriver à 17 h 30, j’arrive à 19 h » soupire l’analyse de crédit, qui paye 194 $ par mois pour son titre de transport.

François Bourassa est touché indirectement par ces annulations à répétition, puisque son fils de 19 ans doit prendre l’autobus 156 jusqu’à la gare Sainte-Catherine, où le train l’amène vers le cégep du Vieux Montréal.

« Il va marcher tant qu’il fera beau et une voisine va le débarquer au train à 6 h 40 », dit le père de famille. Il déplore que tous les services soient dirigés vers le nouveau Réseau express métropolitain (REM) depuis le 31 juillet. 

Publicité
  • Écoutez l'entrevue avec Diane Trépanier, chauffeuse d'autobus et initiatrice de la pétition au micro de Marie Montpetit via QUB radio :

Pénurie

Depuis le 1er septembre, le transporteur exo a reçu une cinquantaine de plaintes au sujet d’annulations de départs attribuables au manque d’effectifs dans les secteurs Le Richelain/Roussillon et Chambly-Richelieu-Carignan.

La mise en service du REM n’est pas à blâmer, précise dans un courriel un porte-parole, Jean-Maxime Saint-Hilaire.

Il faudrait une cinquantaine de chauffeurs pour pourvoir les postes vacants dans le réseau, indique-t-il.

Une « cellule d’action » a été mise en place pour lutter contre la pénurie, fait-il valoir. 

Réaménager les horaires, introduire des réserves de chauffeurs et faciliter la formation en entreprise figurent parmi les mesures à mettre en place pour favoriser le recrutement et la rétention.  

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Publicité
Publicité