Les tiers des hommes Gen Z pensent qu’une femme devrait obéir à son mari

Sarah-Florence Benjamin
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Les hommes de la génération Z adhèrent davantage à une vision traditionnelle des rapports hommes-femmes que ceux des générations précédentes, selon un sondage regroupant plus de 23 000 personnes à travers le monde. C’est un nouveau constat « troublant » de l’emprise de normes de genre rigides sur les jeunes hommes, disent les chercheurs.
31 % des hommes de la génération Z pensent qu’une femme devrait toujours obéir à son mari et 33 % croient que c’est le mari qui devrait avoir le dernier mot lors d’une prise de décision importante, révèle un sondage de la firme Ipsos et du Global Institute for Women’s Leadership du King’s College de Londres.
Le sondage réunit 23 268 adultes de 18 à 74 dans 29 pays d’Amérique, d’Europe, d’Asie et d’Océanie, dont le Canada.
Selon les réponses recueillies, les hommes de la génération Z ont une vision plus rigide et traditionnelle des femmes, mais aussi d’eux-mêmes, si on les compare aux femmes de leur génération ou aux hommes plus âgés.
Jeunes plus conservateurs
En général, les hommes Gen Z (nés entre 1997 et 2012) étaient deux fois plus nombreux que les hommes boomers (nés entre 1946 et 1964) à entretenir une vision traditionnelle de la prise de décision dans un couple.
Cette tendance se répète dans presque toutes les questions du sondage, où les hommes de la génération Z sont les plus conservateurs et les Baby Boomers, les plus progressistes.
24 % des hommes Gen Z considèrent qu’une femme ne devrait pas avoir l’air trop indépendante ou autonome, contre 12 % des hommes boomers.
Les hommes de la génération X et les milléniaux sont aussi généralement plus conservateurs que les Boomers, mais moins que les Gen Z, ce qui contredit l’idée selon laquelle on adhère plus à une vision traditionnelle des genres plus on vieillit.
Il est cependant impossible de conclure que la seule explication pour cette tendance est l’appartenance à une génération plutôt qu’une autre.
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Même tendance chez les femmes
En général, les femmes de la génération Z interrogées par Ipsos sont beaucoup moins nombreuses à adhérer à des stéréotypes de genre que les hommes de leur cohorte.
Elles sont cependant plus en accord avec une vision traditionnelle des genres que les femmes boomers, dans une courbe qui imite celle des répondants masculins.
38 % des femmes Gen Z considèrent que le féminisme est allé si loin qu’il est devenu discriminatoire envers les hommes, contre 29 % des femmes Baby Boomers.
Elles sont aussi trois fois plus nombreuses (18 %) à penser qu’une femme devrait toujours obéir à son mari que les femmes boomers (6 %).
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Ressac antiféministe
Ce n’est pas la première fois qu’une étude met en lumière que les jeunes hommes sont séduits par une idéologie de droite plus traditionnelle et les discours masculinistes.
Un sondage Léger de 2025 dressait le portrait d’un fossé qui se creuse entre les jeunes hommes de 18 à 24 ans, de plus en plus à droite, et les jeunes femmes du même âge, de plus en plus à gauche.
La firme Ipsos, qui effectue ce sondage à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes chaque année depuis 2019, considère que l’appui aux idées féministe n’a pas augmenté dans les pays analysés.
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La professeure Heejung Chung, directrice du Global Institute for Women’s Leadership, ajoute que ces données laissent croire que même si les points de vue tendent à évoluer, une grande partie des répondants évoquent une pression extérieure de la société vers des normes de genre traditionnelles.
Des facteurs économiques entrent en jeu dans ce phénomène, selon elle : « Dans les générations précédentes, les hommes pouvaient, en termes sociologiques, affirmer leur masculinité en jouant le rôle de soutien de famille, grâce à leur contribution financière, en achetant une maison, en subvenant aux besoins de leur famille et en la protégeant. De plus en plus, pour les jeunes hommes à travers le monde, ces opportunités ne sont plus aussi faciles à saisir. Ils ont donc peut-être le sentiment d’avoir perdu ces opportunités », explique-t-elle.
Ce vide est alors comblé par des voix qui « tentent de monter les jeunes hommes contre l’égalité des sexes, contre les jeunes femmes, contre les migrants », souligne la professeure.