Les Mooseheads pour y croire
Jean-François Chaumont
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Au mois d’avril 2012, les Mooseheads de Halifax ont perdu leurs trois premiers matchs au deuxième tour des séries contre les Remparts de Québec. Mais ils ont gagné cette série en sept matchs. Dominique Ducharme en était à sa première saison derrière le banc des Mooseheads.
Les Mooseheads avaient un noyau très jeune avec Nathan MacKinnon, Jonathan Drouin et Zachary Fucale qui jouaient leur année de 16 ans.
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«Ça arrive rarement dans les sports, mais c’est déjà arrivé qu’une équipe survive à un retard de 3 à 0, s’est remémoré Fucale en entrevue téléphonique au “Journal”. C’est possible. On l’avait prouvé en 2012. Mais ça fait longtemps en maudit. Ça fait déjà neuf ans. C’est fou comme le temps passe rapidement. J’ai 26 ans maintenant et je reste encore jeune dans ma carrière.»
Neuf ans après les Mooseheads, Ducharme priera pour recréer cette magie sur une scène encore plus grande avec le Canadien et en plein cœur d’une finale de la Coupe Stanley.
Une seule fois en finale
Dans l’histoire de la LNH, seuls les Maple Leafs de Toronto ont effacé un retard de 3 à 0 en finale pour l’emporter. C’était en 1942 contre les Red Wings de Detroit.
Et pour montrer la rareté d’un tel exploit, on notera que seulement quatre équipes ont gagné une série après trois revers dans les trois premiers matchs. Les Islanders de New York en 1975, les Flyers de Philadelphie en 2010 et les Kings de Los Angeles en 2014 l’ont aussi fait, mais ce n’était pas en finale.
Questionné sur ses vieux jours à Halifax, Ducharme n’est pas trop tombé dans la nostalgie au lendemain d’un troisième revers contre le Lightning de Tampa Bay.
«C’est toujours possible, a dit Ducharme. On en avait parlé dans la série contre Toronto quand on perdait 3 à 1. Premièrement, il ne faut pas regarder trop loin. Si tu regardes loin, la montagne semble pas mal plus haute. La première étape, c’est un match à gagner. Ceux qui pensent qu’on va juste disparaître, c’est de mal nous connaître. On va se battre. C’est la seule chose qu’on pense.»
«On se servira de nos expériences, a-t-il poursuivi. On ne pliera pas bagage facilement. On va se battre.»
Les études et la montagne
En 2012, les Mooseheads avaient rebondi avec une victoire de 2 à 1 dans le quatrième match contre les Remparts. Ils l’avaient ensuite emporté 3 à 2, 5 à 2 et 5 à 4 en prolongation lors de la septième rencontre.
Fucale n’a pas retenu un discours rassembleur de Ducharme à ce moment, mais il se souvient bien de ses comparaisons.
«Dom a toujours une bonne préparation, a mentionné l’ancien choix de deuxième tour du Canadien en 2013. C’est l’une de ses grandes clés. Il disait toujours contrôle ce que tu peux contrôler. Pour lui, le travail la préparation avant un gros match, c’est toujours important. Il parlait souvent d’étudier pour un examen. Il utilisait souvent cette analogie. Tu n’as pas peur des questions quand tu te prépares bien.»
«De cette série, je me souviens de notre victoire en prolongation dans le septième match, a-t-il continué. J’avais donné de mauvais buts dans cette série. Il y avait des buts où je m’en voulais, mais mon entraîneur des gardiens (Éric Raymond) m’avait dit que je ne pouvais pas me laisser affecter par des erreurs. Le prochain match redevient le plus important.»
Après la métaphore des études avant un examen important, Fucale a ressorti la comparaison avec la montagne. Quand il a pris la relève de Claude Julien au mois de février, Ducharme avait recyclé l’image de l’étudiant qui a bien étudié avant son examen. À la veille du quatrième match contre le Lightning, Ducharme a reparlé de la grosse montagne à gravir.
«Le CH a une grosse pente à remonter, a illustré Fucale. Ça ressemble à une méchante montagne. Quand tu as peur de la montagne, tu n’oses pas t’y aventurer. Tu crois que tu n’arriveras pas à la monter. Mais ça devient possible si tu penses juste à grimper quelques mètres. C’est la même chose au hockey. Le Canadien doit juste penser à lundi et au prochain match. Il n’y a pas juste Dominique qui dit ça. Éric Raymond, mon coach des gardiens à Halifax, m’avait aussi parlé de l’énorme montagne. Si tu as peur, tu n’arriveras jamais au sommet. C’est un pas à la fois. Au hockey, c’est une présence à la fois ou un arrêt à la fois pour un gardien.»
Après la victoire au deuxième tour contre Québec, Halifax avait perdu en demi-finales contre l’Océanic de Rimouski. Un an plus tard, les Mooseheads avec Ducharme, MacKinnon, Drouin et Fucale ont remporté la Coupe du Président et la Coupe Memorial.