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Les joueurs du Canadien avant d'être des stars: pour Rafaël Harvey-Pinard, après le souper, c'était le mini-hockey

La maman de sa famille de pension avait été émue de voir son casque et ses culottes aux couleurs du Canadien.

Guylaine Gauthier et Rafaël Harvey-Pinard posent avec la Coupe Memorial, que les Huskies de Rouyn-Noranda ont remporté en 2019.
Guylaine Gauthier et Rafaël Harvey-Pinard posent avec la Coupe Memorial, que les Huskies de Rouyn-Noranda ont remporté en 2019. Photo fournie par Guylaine Gauthier
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2024-01-06T05:00:00Z

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«Ben voyons Rafaël ! C’est le casque du Canadien et c’est toi qui l’as! C’est à toi! » Aux premières loges pour constater la dévotion que vouait Rafaël Harvey-Pinard au hockey, Guylaine Gauthier n’en revenait pas lorsque, lors d’un voyage au Saguenay, elle a vu l’équipement que le mythique club de hockey avait envoyé à son protégé des trois dernières années.

«Je me rappelle que mon gars [Jean-Félix] me disait: “Ben voyons maman, c’est juste un casque et des culottes du Canadien, ce n’est pas le chandail”, raconte-t-elle encore avec un sourire dans la voix. Mais c’était comme ceux que l’on voit à la télé!»

Harvey-Pinard a passé trois ans en pension chez Mme Gauthier, à l’époque où il jouait pour les Huskies de Rouyn-Noranda.

Le fils de Guylaine Gauthier, Jean-Félix, pose avec Rafaël Harvey-Pinard, Félix Bibeau et la coupe Memorial, que les Huskies de Rouyn-Noranda ont remportée en 2019.
Le fils de Guylaine Gauthier, Jean-Félix, pose avec Rafaël Harvey-Pinard, Félix Bibeau et la coupe Memorial, que les Huskies de Rouyn-Noranda ont remportée en 2019. Photo fournie par Guyaline Gauthier

Elle l’a vu porter la coupe du Président (aujourd’hui appelée le trophée Gilles-Courteau) à bout de bras en 2019, puis la coupe Memorial au terme du même printemps.

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Elle l’a cherché à sa sortie de l’avion, lors du retour triomphal de l’équipe. 

«Je lui avais dit: “Rafaël, laisse-moi tes clés, ton portefeuille, et va fêter avec les fans !” Il y avait une foule monstre, mais nous, on voulait juste le voir vite vite», se souvient-elle.

Puis, elle l’a entendu livrer le discours du capitaine lors du défilé qui célébrait les champions.

Rafaël Harvey-Pinard, dans l'uniforme des Huskies.
Rafaël Harvey-Pinard, dans l'uniforme des Huskies. Photo d'archives, John Morris
Humble et positif

Elle peut donc témoigner d’une grande partie des efforts et des détours qui ont mené Hervey-Pinard jusqu’à l’obtention d’un contrat de deux ans avec le Canadien l'été dernier, comme on le disait d’emblée.

De là, sûrement, sa réaction empreinte d’émotions quand elle a vu ce fameux casque bleu, peu après que Montréal l’eut sélectionné au septième tour, en 2019.

Ce contrat de 2,2 millions $, le «petit» joueur refusait d’ailleurs de le tenir pour acquis malgré son excellente fin de saison, se rappelle-t-elle, quand elle le questionnait à savoir ce qu’il advenait des négociations.

«Je l’avais texté [...] et je lui avais parlé d’aller le voir [à un match à Montréal cette saison]. Il m’avait dit : “Attends un peu de voir si je suis avec le Canadien ou si je retourne avec le Rocket.”»

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«Il a toujours été humble [...] et il aime le concret. C’est correct, c’est ce qui fait sa personnalité. Et c’est quelqu’un de tellement positif.»

Dédié aux études

À son arrivée dans la famille Gauthier, «RHP» s’est rapidement intégré. Certains soirs, comme «dessert », raconte-t-elle, il allait jouer au minihockey dans le sous-sol avec Jean-Félix, qui avait alors 10 ans.

Et il montrait le même esprit compétitif que sur la glace, ajoute Mme Gauthier en riant (voir plus bas).

Mais Harvey-Pinard n’était pas qu’un hockeyeur, même si sa vie, c’était en majeure partie le hockey.

Guylaine Gauthier se souvient aussi d’un jeune homme dédié à ses études, qui révisait ses cours dans un bureau au salon, tout en prenant des pauses afin de discuter avec elle et son fils.

La relation était solide, si bien que la petite famille allait visiter son grand mangeur de spaghetti (c’était incontestablement son repas favori avant les matchs) au Saguenay durant l’été.

«Avec Rafaël, c’était vraiment plaisant. C’était du facile. [...] Il est comme lorsqu’il passe à la télévision. C’est quelqu’un d’amusant», le louange-t-elle.

Il voulait gagner, même dans le sous-sol

Rafaël Harvey-Pinard ne serait sans doute pas parvenu à grimper les échelons du hockey professionnel s’il n’avait pas été quelqu’un de compétitif. Et cet esprit de compétition qui l’anime, Guylaine Gauthier peut en témoigner.

«RHP» et le jeune fils de cette dernière, Jean-Félix, avaient pris l’habitude de jouer au mini-hockey ensemble après le souper.

«Jean-Félix me disait : “Maman, je suis toujours en train de perdre contre Rafaël!”» raconte-t-elle. Je lui répondais que c’était normal, qu’il était plus grand et plus rapide que lui, même s’ils étaient tous les deux à genoux.» 

Mme Gauthier a plus tard discuté de la déception de son fils avec Harvey-Pinard. «Il m’a répondu : “Mais je ne suis pas capable de le laisser gagner! Quand je joue, je dois gagner!”»

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