Les joueurs du Canadien avant d'être des stars: Samuel Montembeault, le «chicot» qu'il fallait engraisser
À l'instar de Martin St-Louis, les parents de sa famille de pension en parle comme d'un jeune homme calme et d'un excellent être humain.


Jessica Lapinski
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Les parents de la famille qui a accueilli Samuel Montembeault n’ont aucun souvenir d’avoir vu leur ancien protégé s’énerver.
«Le calme qu’il reflète, il est vrai, le louange Manon Doucet. C’est un gars qui est allumé, qui était un peu dernière minute des fois, qui pouvait courir dans la maison, mais il ne s’énervait pas.»
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Et ni Mme Doucet ni son conjoint, Marc Bergeron, n’ont été surpris quand, alors qu’ils assistaient à un match du Canadien, ils ont entendu Martin St-Louis dire à la maman et au papa du gardien qu’il était non seulement « un excellent joueur de hockey, mais aussi, un excellent être humain».

Car en plus de son calme que l’on se permet de qualifier de légendaire, c’est ce qu’ils avaient vu chez Montembeault durant les trois années où il a demeuré chez eux, alors qu’il portait l’uniforme de l’Armada de Blainville-Boisbriand.
«Des fois, quand il connaissait un mauvais match, on pouvait ressentir qu’il n’était pas content, mais nous, on ne subissait pas ça, poursuit-elle. Et ça ne durait pas longtemps. Rapidement, sa joie de vivre revenait.»
Quand Samuel Montembeault est arrivé chez eux, il était «chicot», se souvient-elle. Il pesait 170 lb du haut de ses 6 pi 3 po.
Il fallait donc «l’engraisser», pour qu’il gagne en masse musculaire, raconte-t-elle en riant.

L'anecdote des asperges
Le hic, c’est que le jeune gardien avait la réputation d’être difficile, côté bouffe.
«Je le revois arriver avec sa feuille faite par sa nutritionniste, explique-t-elle. On a travaillé fort ensemble, mais il s’est plié à ça.»
«La seule chose, c’est qu’il n’aime pas les œufs, alors il fallait trouver d’autres protéines le matin. Mais il a fait ça sans chialer.»

Ça, c’est parce qu’il existe chez Montembeault une grande confiance en autrui, croient tant Mme Doucet que M. Bergeron.
Au point où la maman de la famille de pension est même parvenue à faire manger des... asperges à son protégé, un légume qui ne figure sûrement pas au sommet de la liste des préférés de plusieurs ados.
«Il me regardait et me demandait : “Manon, qu’est-ce qu’on mange ? Est-ce que je vais aimer ça?”» se souvient-elle.
«Oh oui, tu vas aimer ça, c’est des asperges, c’est vraiment bon!» lui a-t-elle répondu.
«C’est rendu son légume favori», ajoute Marc Bergeron.
«L'équipe avant l'égo»
L’anecdote peut sembler, justement, anecdotique, mais pour le couple, elle met en lumière ce pour quoi le Québécois est aujourd’hui lié au Canadien pour plusieurs années, même si son début de carrière dans la LNH a été un chemin sinueux.

«Il est ouvert, il écoute, souligne Mme Doucet. Je me dis que ça doit être comme ça, avec son coach. Il doit croire en ce qu’on lui dit et adhérer à ça.»
«C’est pourquoi j’ai l’impression que l’histoire des trois gardiens, ça ne le dérange pas, renchérit Marc Bergeron. Lui, c'est l'équipe avant l'égo. Si l’équipe a besoin de ça, le coach, le directeur général a besoin de ça, ben il va se plier à ça.»
Samuel Montembeault était aussi un jeune qui aimait adhérer à un groupe, se souvient-il. Durant les soupers, il discutait à table avec tout le clan, un principe très cher à sa famille de pension.
Pas Guy Lafleur, mais...
Et même s’il a quitté leur nid il y a sept ans, les Doucet-Bergeron constatent que le gardien n’a pas du tout changé.
Ils sont restés proches, puisqu’ils se sont liés d’amitié avec toute la famille Montembeault, qui, comme eux, est originaire de la région de Bécancour, près de Trois-Rivières.
Ils sont même allés voir le gardien briller sous les couleurs d’Équipe Canada au printemps dernier au Championnat du monde qui se tenait à Riga, en Lettonie.
«Je suis fatiguée quand je regarde ses matchs [à force de le soutenir] ! lance Mme Doucet en riant. Je lui ai d’ailleurs déjà dit que j’espérais que ça lui enlevait un peu de fatigue.»
«Moi, il m’épate, ajoute son conjoint. Quand on fait des activités avec lui, on voit qu’il a une habileté à rencontrer des gens.»
«Je ne dirais pas qu’il est Guy Lafleur, mais il a une habileté à faire sentir qu’il donne du temps aux gens.»