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Les Flyers en zone rouge

Avec un calendrier aussi serré, Michel Therrien et Alain Vigneault ne sont plus en mesure d’enseigner à leurs troupiers chez les Flyers.
Avec un calendrier aussi serré, Michel Therrien et Alain Vigneault ne sont plus en mesure d’enseigner à leurs troupiers chez les Flyers. Photo d’archives
Photo portrait de Jean-François Chaumont

Jean-François Chaumont

2021-03-25T02:30:59Z

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Les Flyers ont un chandail orange, mais ils ont le sentiment de se retrouver en zone rouge depuis plusieurs semaines. La zone rouge, c’est un peu comme celle sur la carte du Québec pour identifier les régions les plus lourdement touchées par la pandémie de la COVID-19. 

À Philadelphie, la COVID-19 a frappé les Flyers avec au plus fort de la crise sept joueurs sur la liste du protocole de la LNH : Travis Sanheim, Claude Giroux, Justin Braun, Jakub Voracek, Scott Laughton, Morgan Frost et Oskar Lindblom.  

Du 8 au 17 février, les Flyers ont vécu une quarantaine et les dirigeants de la LNH ont repoussé quatre de leurs matchs, un contre les Capitals à Washington, deux contre les Devils à Philadelphie et un contre les Rangers à New York. 

À l’image du Canadien cette semaine, Michel Therrien a déjà eu les deux pieds dans un train immobilisé à la gare. 

«Nous avions eu une pause complète de cinq à six jours, a expliqué Therrien en entrevue téléphonique au Journal. C’est un temps qui est plate puisque tu n’as de contact avec personne. Tu vas au centre d’entraînement le matin pour te faire tester et tu repars immédiatement après. Tu dois rester en quarantaine.» 

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«Au départ, il y avait deux cas positifs à la COVID-19 et à la fin, nous avions sept cas. Du côté des coachs, nous n’avons rien eu. À part d’écouter Netflix sur ma télévision, je tournais en rond. Quand la LNH a interrompu notre saison, nous venions de jouer un match à Washington. Heureusement, nous avions eu la permission de rentrer à Philadelphie en prenant un autobus. Mais nos deux joueurs infectés étaient restés à l’hôtel à Washington pendant une semaine.» 

Aucun conseil 

Avant les cas de coronavirus à l’intérieur du vestiaire des Flyers, l’équipe d’Alain Vigneault présentait un dossier de 8-3-2. Depuis leur retour au jeu, les Flyers ont chuté avec une fiche de 7-9-2. 

Même s’il a connu deux séjours derrière le banc du CH, Therrien ne sautera pas sur son téléphone pour prodiguer des recommandations à Dominique Ducharme sur l’art de préparer son équipe pendant une longue période d’inactivité. 

«Je n’ai pas un seul conseil à offrir, a-t-il répliqué en souriant. Honnêtement, il n’y a pas de recette miracle quand ton équipe se fait placer sur pause et qu’elle ne peut rien faire. Tu ne peux pas te rendre au bureau, les joueurs ne peuvent pas patiner. Ce n’est pas évident. Tu peux te préparer pour le prochain match, mais tu ne sais pas trop quand il se jouera. Ça devient frustrant puisque tu perds le contrôle sur pratiquement tout.»

Un horaire de fou  

Depuis le 18 février, date de la reprise des activités pour les Flyers, Therrien n’a pas souvent sorti son sifflet en compagnie d’Alain Vigneault pour un entraînement. Et il y a des répercussions sur la glace. Comme cette défaite de 9 à 0 du 17 mars dernier contre les Rangers de New York. 

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«Et on perdait 9 à 0 après deux périodes, a répliqué l’adjoint à Vigneault. J’avais déjà subi un revers de 10 à 0 avec le Canadien et c’était probablement dans le pire aréna possible avec le canon à Columbus (4 novembre 2016). Nous avons oublié cette soirée contre les Rangers.» 

«Quand tu joues trop de matchs en peu de temps, tu te retrouves dans une zone rouge. Et ça devient dangereux pour les blessures. Il y a de la fatigue physique, mais surtout de la fatigue mentale. Il y a des matchs où nos joueurs manquent d’énergie et ils ont plus de crampes au cerveau. Je vois qu’ils cherchent à bien jouer, mais le citron est pressé. Mardi, on jouait notre 5e match en sept jours. Jeudi, on jouera un 6e match en neuf jours. C’est la deuxième fois qu’on a des séquences de la sorte depuis trois semaines.»

Depuis ses débuts dans la LNH en 2000-2001 derrière le banc du Tricolore, Therrien n’avait jamais expérimenté un calendrier aussi difficile. 

«J’en parlais récemment avec AV (Alain Vigneault). Comme coach, je n’ai jamais vécu un horaire aussi fou en 21 ans dans la LNH. Et c’est la même chose pour Alain. Il n’y a pas de temps pour l’enseignement et les entraînements. Vendredi, nous tiendrons notre premier entraînement (sauf les matins d’un match) en 12 jours. C’est le vieux principe. Tu as beau le répéter 100 fois et le montrer 100 fois en vidéo, ce n’est pas comme le pratiquer 100 fois sur la glace.» 

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