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Les Coyotes, l’épine dans le pied de Bettman

Photo d'archives, Getty Images/AFP
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2023-05-17T21:39:16Z

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À Québec, Gary Bettman n’est certainement pas le personnage le plus apprécié, mais dans la Ligue nationale, les propriétaires le vénèrent parce qu’il a toujours su engraisser leur compte en banque. Plusieurs de ses initiatives ont rapporté gros, mais le dossier des Coyotes est l’un de ses rares élans dans le vide.

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Et pourtant, Bettman continue de s’élancer. Les Coyotes sont l’épine dans son pied, la tache dans son dossier, son caillou dans le soulier, le sable dans l’engrenage. Il y a sans doute mille et une façons de le dire, mais les Coyotes continuent de faire patate.

Les fervents du retour des Nordiques voient le commissaire de la LNH de cet angle et c’est totalement leur droit. Il aura beau dire ce qu’il veut dans ses discours de politicien, mais il est difficile de le sentir sympathique à la cause de Québec.

L’acharnement dont il fait preuve depuis des années pour la survie des Coyotes malgré leurs insuccès perpétuels sur la glace, aux guichets et dans la communauté a de quoi laisser perplexe. 

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Pas le choix de constater, cependant, qu’au cours de ses 30 ans de règne comme commissaire de la LNH, ce dossier est probablement l’arbre qui cache la forêt dans l’œil du public.

Plusieurs gros coups

Évidemment, plusieurs noteront que l’ère Bettman est aussi synonyme de trois conflits de travail. 

Vrai que ce n’était pas très chic, mais d’un point de vue strictement business, Bettman a gagné pratiquement sur toute la ligne. L’instauration d’un plafond salarial n’a certainement pas plu aux joueurs, mais s’il avait été instauré au milieu des années 1990 plutôt qu’en 2005, les Nordiques ne seraient probablement jamais partis. Les propriétaires, qui sont les véritables patrons de Bettman, ne peuvent que le remercier d’avoir tenu tête aux joueurs malgré l’opinion publique défavorable.

  • Écoutez l'entrevue de Bruno Marchand, maire de Québec au micro de Mario Dumont, disponible en balado sur QUB radio :

Durant l’ère Bettman, la LNH est passée de 24 à 32 équipes et les revenus de la ligue ont explosé de 400 M$ à 5,2 G$. Des initiatives qui lui tenaient à cœur comme la Classique hivernale ont fait des petits et sont d’énormes succès.

Il n’est pas en poste depuis 30 ans par hasard. Si la LNH s’en allait dans le mur depuis longtemps, jamais il ne serait le commissaire affichant le plus long règne des quatre ligues professionnelles majeures en Amérique du Nord.

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Le hockey sous les palmiers

Bettman, c’est aussi la vision du hockey dans le sud des États-Unis, dans des marchés non traditionnels. Aujourd’hui, la situation semble plutôt stable à Tampa, en Floride, en Caroline, à Nashville, à Dallas, à Anaheim ou à San Jose. 

Dans certains cas, le succès est même retentissant, tandis que dans d’autres, le débat demeure ouvert. Quoiqu’il en soit, ce n’est pas devenu l’échec retentissant que plusieurs attendaient.

Malgré sa feuille de route, son légendaire entêtement à maintenir les Coyotes sur le respirateur dépasse l’entendement. 

Il y a eu une faillite en 2009, puis la mise sous tutelle de la LNH et une succession de propriétaires louches aux poches peu profondes. 

  • Ne ratez pas la chronique sports de Jean-François Baril, au micro de Mario Dumont, chaque jour sur les ondes de QUB radio : 

Il y a eu les incessants conflits avec Glendale et des retards de paiements qui ont fini par pousser Glendale à montrer la porte aux Coyotes. Et que dire de tous les manèges administratifs pour se conformer au plancher salarial en offrant un piètre produit sur la glace.

Que l’on aime ou non Bettman, il faut reconnaître qu’il a su amener la LNH à un autre niveau au fil des trois dernières décennies. Son obstination à trouver une solution viable pour que le hockey s’épanouisse en Arizona relève toutefois davantage à ce stade de l’orgueil que de la raison.

S’il finit par se résigner à mettre la clé dans la porte, c’est son ego qui sera fracturé.

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