Les Bills, damnés pour l’éternité


Stéphane Cadorette
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Pendant que les Chiefs s’en vont à une sixième finale de conférence américaine de suite la semaine prochaine, les Bills vivent une autre amère déception. Cette équipe affligée par le mauvais sort depuis toujours semble vouée à être damnée pour l’éternité.
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Les équipes aux quatre coins de la NFL ont de quoi trembler dans leurs culottes. Les Chiefs, même au cœur d’une saison ordinaire selon leurs standards d’excellence, se retrouvent malgré tout à une victoire du Super Bowl en vertu d’une victoire de 27-24 à Buffalo.
Le chapitre 7 de la rivalité entre les quarts-arrières Patrick Mahomes et Josh Allen a encore livré la marchandise. Du début à la fin, la lutte a été corsée et l’avance a changé de mains à cinq reprises. Un autre grand cru!
Même si les deux rivaux y sont allés de leurs habituels jeux spectaculaires, c’est surtout le jeu au sol qui a pris le dessus, les Chiefs gagnant 146 verges par la course, contre 182 pour les Bills. Là où les Chiefs se sont démarqués, c’est en réussissant pas moins de huit jeux de 20 verges ou plus... contre zéro pour les Bills.
Pour la quatrième fois de suite, le match entre les deux rivaux a été décidé par une possession. C’était palpitant à souhait, de l’action sur le terrain à Jason Kelce dans sa loge, venu encourager son frère, qui a inscrit deux touchés sur cinq réceptions. Parions que le centre des Eagles avait ingurgité le triple de bières, mais c’est une autre histoire.

Encore un botté raté
Pour en revenir aux Bills, les partisans pourront choisir de voir le verre à moitié plein en se disant qu’il y a quelques semaines, leur dossier de 6-6 n’annonçait même pas une présence en séries.
Cette équipe a su se regrouper et gagner son lot de matchs sans lendemain contre de gros adversaires.
Le verre à moitié vide, toutefois, c’est que cette équipe semble condamnée à passer proche.
Il y a eu les quatre revers de suite au Super Bowl dans les années 1990, dont le célèbre botté raté à droite de Scott Norwood face aux Giants.
Dans les dernières années, il y a eu d’autres revers crève-cœur, dont celui d’il y a deux ans quand ils croyaient avoir achevé les Chiefs avec 13 secondes à jouer avant d’être vaincus en prolongation.
Puis, cette fois-ci face aux Chiefs, c’est un autre botté trop à droite sur 44 verges de Tyler Bass qui a mis fin aux espoirs. Comme un vieux cauchemar qui renaît pour mieux hanter la Bills Mafia éprouvée.
KICK IS NO GOOD.
— NFL (@NFL) January 22, 2024
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Occasions ratées
Évidemment que Bass est le pauvre bouc émissaire facile. Il n’a pas fait le travail, c’est vrai, mais les Bills ont perdu cette rencontre aussi à d’autres moments.
Le receveur Stefon Diggs ne réussit plus le moindre gros jeu pour l’attaque et il n’a d’ailleurs pas su maîtriser une sublime bombe de Josh Allen tard dans le match. Même chose pour Trent Sherfield. Diggs, qui est clairement identifié comme le receveur numéro un, ne compte que 63 verges de gains dans les trois dernières défaites des Bills en séries. Il disparaît trop souvent et il faudra trouver une meilleure option.
Stefon Diggs couldn't come down with it, but good lord Josh Allen. pic.twitter.com/SV5AJQy59Y
— Ari Meirov (@MySportsUpdate) January 22, 2024
Ce même Allen, qui a réussi 26 de ses 39 passes pour 186 verges et un touché (en plus de deux touchés au sol), a raté Khalil Shakir ouvert dans la zone des buts. Il faut dire que son bloqueur Dion Dawkins, poussé par Chris Jones, a nui à son élan, mais quand même...
Et que dire de la tentative complètement ratée de dégagement qui a fait perdre le ballon aux Bills?
Il est permis de se demander si l’entraîneur-chef Sean McDermott a pressé le maximum de jus dans le citron de cette équipe et si un changement serait bénéfique. Il faut cependant considérer le fait qu’il a accompli du bon travail avec la défense, qui était criblée de blessures. Ça doit peser aussi dans la balance.
C’est à se demander si un jour, ce sera l’année des Bills. Toute fenêtre finit tôt ou tard par se refermer. Avec un Josh Allen à bord, inutile de penser à tout dynamiter. Cette équipe va demeurer compétitive tant qu’il sera là, mais des changements doivent être apportés.
- Écoutez le segment sportif avec Jean-François Baril via QUB :
L’histoire se répète
Dans les années 1990, les Bills misaient sur une grande équipe, qui a eu le malheur de s’être butée deux fois à l’une des meilleures équipes de tous les temps, les Cowboys, au Super Bowl.
Dans les dernières années, les Chiefs, une autre grande équipe, se sont retrouvés trois fois dans le chemin des Bills en séries pour anéantir leurs espoirs.
Les partisans des Bills ont vécu des années de misère et maintenant qu’ils sont redevenus performants depuis quelques années, c’est Mahomes et sa bande qui empoisonnent leur existence.
On va finir par croire que les Bills sont vraiment maudits à perpétuité.
LES 3 ÉTOILES DU MATCH
Patrick Mahomes

À son premier match de séries sur la route, Patrick Mahomes n’a pas été intimidé par l’environnement hostile de Buffalo, lui qui n’a raté que six de ses 23 passes, amassant 215 verges, avec deux touchés.
Josh Allen

Si Diggs et Scherfield font les gros jeux, on parlerait d’un match presque parfait pour Allen. Il a par ailleurs été le meneur des siens au sol avec 72 verges. Contre une défense de la trempe de celle des Chiefs, il a fait ce qu’il fallait.
Travis Kelce

L’ailier rapproché des Chiefs n’avait pas inscrit de touché depuis le 20 novembre et il a été la cible de choix de Mahomes avec deux touchés. La paire compte 16 touchés en séries en carrière, un sommet dans l’histoire pour un duo quart-arrière et receveur.