Les Alouettes peuvent-ils gagner sans Tyson Philpot?


Benoît Rioux
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Même si Patrik Laine n’a pas encore joué un seul match de saison régulière dans l’uniforme du Canadien, sa blessure a fait beaucoup plus jaser que celle de Tyson Philpot à Montréal. Pourtant, ce sont bien les Alouettes qui sont privés d’un joueur étoile bien établi.
Auteur du touché gagnant lors de la dernière finale de la Coupe Grey, Philpot, blessé pour le reste de l’année, préférerait lui-même se retrouver sur le terrain avec ses coéquipiers. Il tente néanmoins de contribuer, à sa manière, en vue de la finale de l’Est prévue samedi, au stade Percival-Molson, contre les Argonauts de Toronto.
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«Je deviens des yeux supplémentaires, en particulier pour les receveurs, fait valoir Philpot. Ça arrive que mes coéquipiers viennent me voir sur les lignes de côté et me demandent ce que je pense et ce que j’ai vu. Je fais tout ce que je peux en laissant savoir aux entraîneurs que je peux aider, même en n’étant pas sur le terrain.»

«Voilà pourquoi nous apprécions autant Tyson: il essaie toujours de rendre les gens meilleurs autour de lui, vient souligner le receveur de passes Tyler Snead. Nous sommes un groupe tissé serré chez les receveurs et nous communiquons bien entre nous.»
La réalité demeure: les Alouettes ont eu beaucoup moins de succès en saison régulière, à la suite de la blessure de Philpot. Montréal a ainsi conservé un dossier de 4-4-1 sans son meilleur receveur de passes. Est-ce que les Alouettes pourront avancer dans les éliminatoires sans Philpot? La question se pose.
Lourde perte
S’étant blessé à un pied à la mi-août lors d’un match contre les Tiger-Cats de Hamilton, Philpot a vu le reste de sa saison être gâchée. Il s’agit évidemment d’une lourde perte pour les Alouettes puisque le receveur avait totalisé 772 verges de gains par la passe lors des huit premiers matchs de la saison, soit une moyenne de 96,5. À ce rythme, il aurait très bien pu terminer la campagne au sommet des receveurs de la Ligue canadienne de football.
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«C’est évident que Tyson a été une grosse perte pour nous, je pense même qu’il aurait pu gagner le titre de joueur par excellence [de la LCF], a avancé Snead. Comme groupe, je crois toutefois que nous avons les gars pour élever notre jeu et combler son absence. On croit tous qu’on peut faire des jeux.»
Philpot n’a d’autres choix que de faire confiance à ses coéquipiers pour l’actuel parcours éliminatoire.
«Il faut bien jouer dans les trois facettes du jeu et surtout démontrer une force mentale», affirme-t-il, à propos de la recette gagnante pour vaincre les Argonauts.
Aucune excuse
En gardant le sourire sur les lignes de côté, malgré sa blessure, Philpot démontre lui-même qu’il peut demeurer fort mentalement.
N’empêche, si les Alouettes devaient perdre samedi contre les Argonauts, la blessure de Philpot, sans représenter une excuse pour expliquer tout le reste, pourrait logiquement être nommée au moment de tracer le bilan de la saison.
Pour l’instant, la philosophie de l’entraîneur-chef demeure la même. Quand un joueur est blessé, on fait confiance au suivant. À défaut de miser sur Philpot, il y a Snead, Kaion Julien-Grant, Cole Spieker, Charleston Rambo, sans oublier Austin Mack parmi les receveurs. C’est par ailleurs l’unité défensive des Alouettes qui, en fin de compte, risque de changer la donne contre les Argonauts.
Du rêve au cauchemar
Tyson Philpot aurait bien des raisons de broyer du noir. Au moment de se blesser, le receveur de passes connaissait une saison de rêve et il pouvait très bien s’imaginer conclure le tout chez lui, à Vancouver, lors de la prochaine finale de la Coupe Grey.
Le scénario avait de quoi le faire saliver. Originaire de la Colombie-Britannique, Philpot avait 11 ans quand il s’était retrouvé sur le terrain du BC Place sous une pluie de confettis lors d’une finale remportée par les Lions. Son père, Cory, un ancien joueur des Lions, était à la retraite depuis déjà plusieurs années, mais les Philpot gardaient des connaissances parmi les joueurs de l’organisation.
Philpot aura eu son propre moment de gloire, l’an dernier, quand il fut celui qui avait capté une passe du quart-arrière Cody Fajardo, avec 13 secondes à écouler à la finale, pour permettre aux Alouettes de vaincre les Blue Bombers de Winnipeg par le pointage de 28 à 24, le 19 novembre 2023, à Hamilton. L’idée de remettre ça, devant les siens, à Vancouver, était alléchante.
«Aucune inquiétude»
Dans un monde idéal, Tyson aurait souhaité y affronter son jumeau, Jalen, receveur de passes chez les Stampeders de Calgary. Or, les Stampeders n’ont jamais eu grand espoir de participer aux éliminatoires, cette saison. Pour les Alouettes, une simple victoire contre les Argonauts de Toronto les sépare désormais de la grande finale.
«Je n’ai aucune inquiétude pour les éliminatoires après notre dernier match de saison régulière [contre les Blue Bombers]», commentait Philpot, avec son sourire habituel, lorsque rencontré dans le vestiaire des Alouettes après la partie du 26 octobre dernier au stade Percival-Molson. «Cody [Fajardo] a bien paru tout comme le reste de l’attaque, puis c’est la même chose pour l’unité défensive.»
Un scénario crève-cœur
À n’en point douter, Philpot souhaite voir ses coéquipiers l’emporter, en finale de l’Est, contre les Argonauts. Une finale de la Coupe Grey à Vancouver impliquant les Alouettes, sans lui, serait quand même une situation crève-cœur.
«La chose la plus importante, c’est qu’ils se souviennent qu’ils ont une longue carrière devant eux, notait Colleen, la mère de Tyson et Jalen, lorsque croisée plus tôt cette saison à Calgary. Ils sont encore jeunes et ils doivent aussi prendre soin de leur santé mentale. Ça demeure difficile, car un athlète préfère toujours être sur le terrain et contribuer avec son équipe.»