«Le Tiger Woods à 19-20 ans» du patinage de vitesse en vedette à la Coupe du monde de Québec


Richard Boutin
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Fort d’un record du monde au 1000 m établi vendredi dernier à la Coupe du monde de Salt Lake City, le «Tiger Woods à 19-20 ans du patinage de vitesse» se produira à Québec en fin de semaine au Centre de glaces Intact Assurance.
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Vice-champion du monde sur 500 m, Laurent Dubreuil est fort élogieux à l’endroit du prodige américain Jordan Stolz. «Il a accompli des choses qu’on n’aurait jamais crues possibles, a déclaré le patineur lévisien de 31 ans. C’est phénoménal, ce qu’il accomplit. Les amateurs présents au Centre de glaces pourront le voir avant qu’il gagne dix médailles d’or olympiques. C’est le Tiger Woods à 19-20 ans du patinage de vitesse.»

Plus jeune médaillé d’or de l’histoire en Coupe du monde en novembre 2022 à 17 ans et plus jeune champion du monde en février 2023 à Heerenveen alors qu’il a remporté les titres sur 500 m, 1000 m et 1500 m, le phénomène américain a encore ébloui la planète du patinage de vitesse longue piste en fin de semaine dernière à Salt Lake City en remportant quatre victoires en cinq courses en plus d’établir une nouvelle marque mondiale au 1000 m avec un chrono de 1 min 5,69 s.
Il a retranché 0,32 s au record établi en février 2020 au même endroit par le Russe Pavel Kulizhnokov.
Informé des propos de Dubreuil à son endroit, mercredi, à l’occasion d’une longue entrevue avant de sauter sur la glace, le jeune homme calme et modeste a renvoyé l’ascenseur au Québécois.
«Les propos de Laurent signifient beaucoup pour moi parce qu’il est l’un des meilleurs patineurs des dernières années. C’est un très bon patineur et je vais prendre ses conseils en tout temps. Le 500 m a été très serré à Salt Lake City et ça va être difficile de le battre sur son ovale, où il détient le record de piste. Laurent possède un avantage avec la foule qui l’appuiera, mais ça va être le fun. C’est une belle compétition.»
Stolz a devancé Dubreuil par 0,09 s en Utah et il avait privé le médaillé d’argent aux Jeux de Pékin d’un deuxième titre mondial consécutif l’an dernier aux Pays-Bas.
Année extraordinaire
La saison 2023 restera gravée à jamais dans la mémoire de Stolz. Il a remporté trois médailles d’or individuelles au mondial junior pour remporter le titre au cumulatif et mis la main sur trois titres au mondial senior.
«Plus jeune, jamais je n’aurais pensé réussir un tel exploit, a-t-il souligné. Même chose avec le record du monde sur 1000 m. Je n’aurais jamais pensé pouvoir retrancher 0,3 s à la marque précédente.»
Comparaisons trop rapides
Certains tracent des comparaisons entre Stolz et Eric Heiden, qui est le seul patineur à avoir remporté cinq médailles d’or au cours de la même olympiade en 1980 à Lake Placid. L’Américain qui est aussi natif du Wisconsin comme Stolz était monté sur la plus haute marche du podium au 500 m, 1000 m, 1500 m, 5000 m et 10 000 m en plus d’établir quatre records olympiques et un record mondial.
Son entraîneur met des bémols. «Jordan est vraiment unique, possède tout un talent et c’est spécial, ce qu’il accomplit, mais on ne peut pas faire de comparaisons pour le moment», a souligné Bo Corby tout en ajoutant qu’il n’a aucune idée quels sommets le surdoué pourrait atteindre. «Eric est phénoménal dans cinq épreuves, alors que Jordan est dominant dans trois. Il a très bien fait lors des essais nationaux au 10 000 m avec un temps de 13 min 17,53 s, mais ce fut plus difficile au 5000 m la semaine dernière à Salt Lake.»
Même si Stolz a signé avec l’équipe professionnelle néerlandaise Zaanlander, ce que très peu d’étrangers réussissent, Corby est toujours son entraîneur principal. «C’est une très bonne chose qu’il puisse s’entraîner avec les Néerlandais», a indiqué le vétéran entraîneur dont la dernière visite à Québec remontait en 1981 à l’occasion du championnat mondial féminin toutes distances. «Sur le plan financier, c’est aussi plus facile pour sa famille puisque les Néerlandais offrent de bonnes conditions financières.»
Corby est emballé par ce qu’il a vu au Centre de glaces. «Avec la lumière qui rentre, c’est le plus bel anneau au monde, a-t-il affirmé, encore mieux qu’à Heerenveen, même si les foules sont plus grandes. Depuis quelques années, je mentionnais qu’on devait venir à Québec, qui possède le cachet européen.»