Patinage de vitesse: une Coupe du monde à la maison, mais pas de dodo dans son lit pour un médaillé olympique québécois


Richard Boutin
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L’enthousiasme et la fébrilité sont à leur comble à l’occasion du grand retour de la Coupe du monde de patinage de vitesse longue piste à Québec après une attente de 32 ans.
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Arrivés de Salt Lake City lundi soir, les 248 patineurs provenant de 25 pays ont donné leurs premiers coups de patin, mardi, et les courses se dérouleront du 2 au 4 février au Centre de glaces qui affiche pratiquement complet.
Toujours dans la course pour remporter un troisième titre consécutif au classement cumulatif de la Coupe du monde sur 500m, Dubreuil se pince pour croire qu’il aura l’opportunité de se mesurer aux meilleurs patineurs de la planète dans sa cour.
«C’est incroyable qu’il y ait une Coupe du monde ici, a souligné le médaillé d’argent des Jeux olympiques de Pékin au 1000m. Plus jeune, je n’y rêvais pas parce que nous étions tellement loin avec nos installations du passé. C’était impensable. Nous étions une gang de guerriers qui patinaient tôt le matin dans le froid. Notre sport est maintenant sur la map.»
«Quand la construction du Centre de glaces a débuté, j’ai commencé à y croire, poursuit Dubreuil. Quand Québec a accueilli le Championnat des quatre continents en décembre 2022, ce fut une mise en bouche et maintenant tous les meilleurs sont présents.»
Cachet spécial
Cette Coupe du monde à la maison a évidemment un cachet spécial pour le patineur lévisien de 31 ans. «Les dates étaient encerclées sur le calendrier. Cette Coupe du monde est pratiquement aussi importante que le championnat mondial. Si je gagne une médaille en fin de semaine, je n’aurai pas besoin de monter sur le podium au mondial à Calgary pour que ma saison soit réussie.»
Pas de pression supplémentaire
S’il souhaite évidemment monter sur le podium devant les siens, Dubreuil ne se met pas de pression supplémentaire sur les épaules. «J’aimerais gagner une médaille devant mes proches, mais ça n’ajoute pas un stress, a-t-il affirmé. À 31 ans et à ma 14e année avec l’équipe canadienne, je vis mon rêve de jeunesse à tous les jours. J’ai seulement promis que je vais faire de mon mieux sans promettre de gagner une médaille. Le pire qui peut arriver est que je tombe dans le premier virage. Si ça arrive, on ne s’en souviendra plus dans deux ans. Je veux vivre une belle fin de semaine afin d’emmagasiner de beaux souvenirs pour le futur.»
La boucle est bouclée
Directeur général de la Fédération de patinage de vitesse du Québec, grand manitou du comité organisateur de la Coupe du monde et père de Laurent, Robert Dubreuil vivra des moments bien émotifs en fin de semaine. La Coupe du monde de Québec en mars 1992 durant laquelle seules les épreuves masculines de 1500m et de 5000m étaient au programme correspond à sa dernière course en carrière et il travaille depuis sa retraite comme athlète à ramener l’élite dans sa ville.

«Nous allons passer l’examen final de toute cette épopée, a imagé Dubreuil qui travaille à la Fédération depuis 31 ans. Je suis très fier qu’on ait pu construire une infrastructure de qualité et ramener la Coupe du monde. Ça fait chaud au cœur de voir l’élite de notre sport réunie à Québec.»
«Le Centre de glaces a passé le test avec succès en 2022 et, cette fois-ci, ce sont les détails qui feront la différence. Il va y avoir moins de monde qu’à Heerenveen [la mecque du patinage de vitesse qui accueille 10 000 spectateurs], mais l’ambiance sera surprenante avec des amateurs tout le tour de la piste. On vise une moyenne de 1500 personnes par jour. On regarde déjà vers l’avant et je serai au mondial à Calgary dans deux semaines pour tenter d’amener d’autres événements.»
À sa dernière course en carrière, Dubreuil avait terminé à la 32e place au 1500m tout juste de retour des Jeux olympiques d’Albertville, performance que son aîné n’aura pas de mal à surpasser. «Spécialiste du 500m et du 1000m, ça n’avait pas très bien été au 1500m. Le maire de Saint-Étienne-de-Lauzon était toutefois présent avec une bannière pour m’encourager et j’étais très fier.»
Pas de dodo dans son lit
S’il peut compter sur un fort contingent de partisans qui seront présents pour l’appuyer, notamment 45 personnes de la famille de sa mère, Dubreuil ne dormira pas dans son lit. «Avant mon départ pour Salt Lake City, mes enfants ont attrapé la gastro-entérite et c’est maintenant au tour des parents de mon épouse, a-t-il raconté. La maison est contagieuse et je ne pouvais pas prendre de chance. Je vais passer la semaine chez mes parents.»
Son père a été le cueillir à l’aéroport lundi soir.