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Le gentil et poli Mbilli dans l’épicentre du vice

Photo fournie par Vincent Ethier
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2025-09-11T04:00:00Z

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LAS VEGAS | C’est tout un contraste auquel on assiste à Las Vegas avec le premier passage de Christian Mbilli dans la ville du vice.

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Mbilli, à part dans le ring, c’est un bon garçon poli, gentil et bien élevé. Il appelle sa maman presque chaque jour. Il n’est jamais vulgaire. Il est posé. Dès que vous le rencontrez, vous le trouvez adorable.

Et le voilà qui débarque dans l’inverse. Dans la ville vulgaire, la cité des tentations, des démons, des excès et de l’exubérance. Tout ça, dans le monde vicieux de la boxe. Il se retrouve donc dans l’épicentre de ce qu’il ne représente pas vraiment.

Une marche banale à Vegas

Je suis allé assister à l’arrivée de Canelo Alvarez mardi soir. C’était à l’hôtel Fontainebleau. C’est flambant neuf. C’est magnifique. Je n’ai pas les moyens pour coucher là. Je suis plutôt à un vieil hôtel pas loin.

C’est ma quatrième fois à Vegas et je ne m’habituerai jamais. En sortant de l’ascenseur, j’ai croisé un couple de grands-parents complètement saouls qui se tenaient l’un contre l’autre pour garder l’équilibre en riant.

Je me prends au Starbucks un café, de taille moyenne, qui me coûte 16$ CAN.

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Je vais perdre 10$ dans une machine à sous à 25 cents pour avoir gratuitement un drink qui valait environ 10$.

En sortant, deux itinérants se battent avec des bouteilles de plastique.

Je continue. On m’offre de la drogue. Puis une liste de prostitués. Et voilà, tout ça en 400 mètres.

J’arrive ensuite au Fontainebleau. Deux statues des boxeurs (Canelo et Terence Crawford) nous accueillent. Comme si c’étaient des dieux.

Fascinant

Je vais dans le hall où Canelo arrivera. Il doit y avoir 500 journalistes. Et il arrive comme Johnny Hallyday. Avec les lunettes fumées. Comme une légende. Le monde vire complètement fou. C’est le roux de 5 pieds 7 qui m’a le plus impressionné dans ma vie.

Photo fournie par Zuffa LLC
Photo fournie par Zuffa LLC

J’ai seulement réussi à lui voir une oreille durant une demi-seconde. Ç’avait l’air d’une oreille solide. C’est tout ce que je peux avancer objectivement sur ce que j’ai vu de lui.

Ça, c’est moi qui essaie de voir Canelo à travers tout le monde. C’est là que j’ai vu son oreille.
Ça, c’est moi qui essaie de voir Canelo à travers tout le monde. C’est là que j’ai vu son oreille. Photo Jean-Nicolas Blanchet

Puis, c’est le cirque. Canelo y va de plusieurs déclarations pour intimider et ridiculiser son adversaire. C’est spectaculaire. La ville est placardée de panneaux plus grands que le plus gros immeuble de Québec affichant le duel.

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Et je pense à Christian Mbilli qui arrive au milieu de cette foire. Je ne pense pas que ça va l’intimider. Pas du tout. Il n’a peur de rien. Ça rend tout ça encore plus fascinant.

Comprendre la légende rousse

Canelo Alvarez est un des meilleurs boxeurs au monde poids pour poids. Il laissera une marque dans l’histoire de son sport. Mais il n’est pas non plus parmi les plus grands des plus grands, disons ça de même.

Photo d'archives, AFP
Photo d'archives, AFP

Plusieurs facteurs ont amplifié son statut et son image, la rendant presque mythique.

D’abord, au Mexique, c’est une légende. Carrément. Son nom est Saul Alvarez. Mais il est nommé Canelo, qui provient de canela, qui veut dire «canelle» en espagnol, pour désigner les cheveux roux. C’est très rare au Mexique.

C’est le sportif mexicain le plus riche de l’histoire. C’est aussi un homme d’affaires. Il possède des stations d’essence, une compagnie de boissons et de linge et il investit dans l’immobilier et l’agriculture.

Il est boxeur pro depuis l’âge de 15 ans. Il en a maintenant 35. Cette longévité a contribué à sa légende. Ça fait longtemps qu’il brise de mâchoires. Il a perdu deux combats sur 67, dont un des plus gros duels de l’histoire en 2013 contre Floyd Mayweather Jr. à Vegas.

Sa richesse frappe aussi l’imagination pour contribuer à son statut. Il capote sur l’équitation, a des maisons partout dans le monde, une collection de voitures de luxe incluant plusieurs Ferrari. Il a une collection de montres qui vaut plusieurs millions de dollars.

C’est toute cette légende que Christian Mbilli veut frapper et faire pâlir.

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