Le nouveau mandat de Dadonov
L’entraîneur-chef Martin St-Louis l’a utilisé à profusion en désavantage numérique

Jonathan Bernier
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Martin St-Louis l’a affirmé à quelques occasions pendant le camp d’entraînement : « Ce n’est pas tout le monde qui va jouer sur l’attaque massive. Il va falloir trouver des gars pour jouer en désavantage numérique. »
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Mercredi soir, dans le cadre de l’inauguration de la saison face aux Maple Leafs, le « gars » en question avait pour nom Evgenii Dadonov. Lors des 6 min 46 s au cours desquelles le Canadien a dû se défendre à court d’un homme, le Russe en a passé 2 min 49 s sur la surface de jeu.
Chez les attaquants, Christian Dvorak a été le seul à être plus occupé dans cet aspect du jeu (4 min). Ce qu’il y a de particulier, c’est que c’est pratiquement autant que lors de ses 413 autres matchs réunis (3 min 30 s).
« Dadonov, c’est un pro. Je n’ai pas eu besoin de m’asseoir avec lui et lui dire s’il vous plaît. C’est un joueur de hockey très intelligent », a lancé l’entraîneur-chef.

« Ça fait longtemps qu’il joue au hockey et même s’il ne jouait pas en infériorité numérique, il pouvait observer à partir du banc et apprendre, a-t-il ajouté. Quand tu joues en avantage numérique, tu es capable de comprendre le jeu en infériorité numérique. C’est comme de l’ingénierie renversée. »
Il faut dire que Dadonov avait eu quelques matchs préparatoires pour se faire à l’idée et assimiler les différents concepts. À Gander et Bouctouche, il avait foulé la glace dans cette situation à plusieurs occasions.
« Ça demande un peu de temps, mais, habituellement, les joueurs sont dans les réunions pour voir comment les équipes jouent en avantage numérique. Ça fait partie du travail. »
Patiner de reculons
Comprendre les concepts et les appliquer, c’est parfois deux choses. Mais, on peut croire que, à 33 ans, la transition se fait plus rapidement. Néanmoins, celui qui a inscrit 31 de ses 124 buts en supériorité numérique admet qu’il a fallu procéder à quelques ajustements.
« C’est probablement le contrôle de l’espace en zone neutre qui demande le plus d’adaptation. Et je dois patiner plus souvent à reculons », a lancé Dadonov pince-sans-rire.
Bon augure
Celui que le Canadien a acquis des Golden Knights de Vegas en retour du contrat de Shea Weber n’a pas trop mal paru pour une première fois dans un réel match. Ses coéquipiers et lui ont tenu la grosse machine offensive des Maple Leafs au silence, limitant même leur nombre de lancers à quatre.
Ce qui est de bon augure, selon David Savard, le général défensif du Canadien.
« C’est une des attaques massives les plus dangereuses de la ligue. On ne leur a pas donné grand-chose, a dit Savard. Dadonov est intelligent. Plus nous aurons de répétitions, plus nous ferons de meilleures lectures pour mettre de la pression au bon moment », a-t-il dit.