Le message de Félix Auger-Aliassime à ceux qui doutent


Jessica Lapinski
Partager
Il y avait dans la victoire de Félix Auger-Aliassime contre Alexander Zverev, au troisième tour de l’US Open en août, un désir de gagner le respect du vestiaire. Un vestiaire qui sait qu’il est un bon gars, mais Félix voulait aussi rappeler à tous qu’il n’est pas un adversaire facile à battre.
• À lire aussi: Athlète québécois de l'année du «Journal» et de l'Agence QMI: Félix Auger-Aliassime dit un grand merci aux Québécois
• À lire aussi: Notre athlète québécois de l'année: ce que Félix Auger-Aliassime a appris
«Je joue pour gagner, mais je joue aussi pour me faire respecter, avait-il soulevé dans les moments qui avaient suivi ce triomphe. [...] Il y a une partie de moi qui se dit: oui, vous pensez ce que vous pensez, mais je sais ce que je vaux et je veux le prouver aux gens.»
Récemment, son bon ami Gabriel Diallo en a rajouté, en entrevue au Journal. Félicitant Félix pour ses superbes dernières semaines, le Québécois, qui est pour sa part 41e sur l’ATP, a ajouté être heureux «qu’il ait pu fermer la bouche de certaines personnes».

Le top 30 ou la crème?
C’est vrai que les résultats en dents de scie de Félix, ceux obtenus en 2023, en 2024 et pendant une partie de 2025, ont soulevé des doutes chez les amateurs de tennis, voire chez les amateurs de sport en général.
Auger-Aliassime faisait-il partie de la crème de la crème? Ou était-il plutôt un joueur du top 30, qui allait accrocher quelques bons résultats, ici et là? (Ce qui n’est déjà pas trop mal, compte tenu du nombre de joueurs de tennis qu’il y a partout à travers la planète...)
• À lire aussi: Notre athlète québécois de l'année: la victoire qui a tout changé pour Félix Auger-Aliassime
Même Zverev semblait prendre son rival un peu de haut, avant leur face-à-face à New York, qui s’est soldé en quatre manches en faveur du Québécois.
«Quand [Félix] joue bien, il joue vraiment bien. Quand il joue mal, il joue vraiment mal», avait-il déclaré, à deux jours de leur confrontation.
Du soutien et du respect
«Je pense qu’un jour, certaines personnes vont regarder en arrière et constater que ce n’est pas facile de se produire à ce niveau-là, année après année, et que peu l’ont fait», réfléchit Félix, quand on lui demande s'il a lui aussi l’impression d’avoir réussi à faire taire certains détracteurs.
«La preuve, c’est qu’au Canada, il y a Milos Raonic qui a été classé troisième. Mais au Québec, ce que Gabriel et moi sommes en train d’accomplir, c’est très spécial», poursuit le cinquième joueur au monde.
«Les gens qui nous suivent doivent essayer de l’apprécier et de nous encourager, estime-t-il. [...] On est deux joueurs qui essayent d’avoir une éthique de travail dans notre jeu et dans notre comportement.»
«Tout ce qu’on demande, c’est du soutien, des encouragements et du respect.»
Pas de changements pour le moment
Félix Auger-Aliassime avait évoqué, durant l’été, la possibilité de changer d’entraîneur au terme de la saison. Une décision qu’il ne prenait pas à la légère et pour laquelle il expliquait se montrer transparent auprès de Frédéric Fontang, son mentor depuis presque 10 ans.
Félix a finalement choisi de poursuivre dans la même lignée. Il n’y aura pas de changements au sein de son équipe pour l’instant.
«Aujourd’hui, je suis satisfait de l’équipe que j’ai autour de moi, et je vais commencer 2026 avec celle-ci», a souligné le cinquième joueur au monde au Journal.
Auger-Aliassime s’est d’ailleurs dit extrêmement fier du travail que Fontang et lui avaient accompli dans les derniers mois. «Il est à mes côtés depuis que j’ai 17 ans. On a parcouru de belles aventures, on a vécu de grands moments, d’autres plus difficiles», souligne Félix.
«Il y en a eu aussi cette année, poursuit-il. Mais on a toujours la résilience, le courage de trouver des solutions ensemble, de ne pas laisser tomber.»
Pas pressé, mais vigilant
Mais Félix, qui sait bien que 25 ans, c’est le paroxysme de la carrière d’un joueur, reconnaît qu’il continue de garder l’œil ouvert.
«Moi, je cherche la performance, alors du moment où je n’atteins pas celle que je veux, il est normal de continuer à regarder», mentionne-t-il.
«Je veux toujours rester vigilant, mais je ne suis pressé dans aucune décision, affirme Auger-Aliassime. Je veux garder un pas d’avance sur la compétition, sur les décisions que je vais devoir prendre dans ma carrière, pour éviter les baisses de régime.»