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Le détecteur de mensonges : un changement de régime a déjà eu lieu en Iran, affirme Trump

Photomontage Benoit Dussault
Photo portrait de Sarah-Florence  Benjamin

Sarah-Florence Benjamin

2026-04-02T11:00:00Z

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Le président américain s’est vanté devant les journalistes d’avoir provoqué un changement de régime en Iran. « Ils sont tous morts », a-t-il déclaré à propos du gouvernement iranien, en plus de garantir que les pourparlers allaient de bon train avec le « nouveau régime ». À moins d’avoir une définition différente du terme « changement de régime », c’est faux.

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Un peu de contexte

Le Guide suprême d’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, a été tué dans les premières frappes de l’offensive des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. Il a été remplacé à la tête de la République islamique par son fils, Mojtaba Khamenei, après qu’il a été élu par l’Assemblée des experts, un groupe de 88 hauts placés du clergé iranien.

Ancien combattant lors de la guerre entre l’Irak et l’Iran, Mojtaba Khamenei était alors très influent au sein des Gardiens de la Révolution, la main armée de la théocratie iranienne.

Ce choix a grandement déplu à Donald Trump, lui qui insistait pour être impliqué dans le choix du prochain Guide suprême d’Iran.

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Depuis le début de la guerre, les États-Unis et Israël ont assassiné de nombreuses figures du pouvoir iranien, dont le ministre de la Défense, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité national, le commandant du Bassidj, le commandant de la marine, le commandant des Corps des gardiens de la Révolution ainsi que le secrétaire du Conseil iranien de la défense.

Ce ne sont cependant pas tous les décideurs iraniens qui ont été tués. Le président, Masoud Pezeshkian, le juge en chef, Gholamhussein Mohseni Ejei ainsi que le président du parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf — avec qui les États-Unis affirment être en pourparlers, sont toujours en vie.

Le mensonge : les États-Unis ont réussi à instaurer un changement de régime en Iran

Au début de la guerre, le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, a déclaré que l’opération n’était pas « une soi-disant guerre de changement de régime », ce que semble maintenant contredire Donald Trump.

« Nous avons eu un changement de régime. Si vous regardez bien, le premier régime a été décimé, détruit. Ils sont tous morts. Le régime suivant est quasiment mort. Et quant au troisième régime, nous avons affaire à des gens avec lesquels personne n’a jamais eu affaire auparavant. C’est un tout autre groupe de personnes. Je considérerais donc cela comme un changement de régime », a-t-il déclaré aux journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One.

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Il a également assuré que les négociations allaient de bon train entre la partie américaine et iranienne. Les Iraniens auxquels ils ont affaire sont « très raisonnables » selon les dires du président.

MEGA/WENN
MEGA/WENN

Les faits

Pour le chercheur à la chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM, Julien Tourreille, le président américain semble avoir sa propre version de ce qui constitue un changement de régime.

« Si la définition d’un changement de régime pour Donald Trump, c’est d’avoir éliminé l’ayatollah, peut-être... Mais il y en a un nouveau [Guide suprême] maintenant », explique-t-il.

Mais si on parle plutôt d’une émergence d’un régime moins autoritaire en Iran, « c’est complètement faux », tranche le chercheur.

Le régime a évolué face aux frappes américaines et israéliennes, certes, mais c’est plutôt un durcissement du régime qu’on observe. « Les Gardiens de la révolution ont pris plus de pouvoir et le président iranien se retrouve isolé », décrit Julien Tourreille.

AFP
AFP

C’est un avis partagé par Danny Citrinowicz, chercheur à l’Institut d’études de sécurité nationale de l’Université de Tel-Aviv, qui a déclaré sur X que « ce qu’on constate en Iran n’est pas un changement de régime — mais une transformation au sein du régime lui-même, une qui l’a rendu plus extrême ».

« Étant donné que ce régime n’est pas près de disparaître dans un avenir proche, cette trajectoire se dirige vers des perspectives sombres, avant tout pour le peuple iranien lui-même », ajoute-t-il.

– Avec les informations du magazine Time

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