Le combat le plus important de Christian Mbilli
Une victoire pourrait lui ouvrir des portes

Dave Lévesque
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QUÉBEC | Christian Mbilli entend offrir le combat de l’année aux gens de Québec samedi, mais pour lui, c’est plus qu’un spectacle, c’est l’affrontement le plus important de sa vie.
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Mbilli (27-0, 23 K.-O.) fera face à l’Ukrainien Sergiy Derevyanchenko (15-5, 10 K.-O.) dans un duel où les ceintures WBC Continental Americas et WBA International des super-moyens (168 lb) seront à l’enjeu.
«C’est un combat risqué pour moi, mais on en est là, a convenu Mbilli lors de la conférence de presse de jeudi. On ne peut esquiver personne. On se doit d’affronter les meilleurs. Il a combattu tous les meilleurs et c’est à moi de lui mettre une défaite encore pire que ce qu’il a eu jusqu’à maintenant.»
Dire que Derevyanchenko a affronté les meilleurs n’est pas qu’une figure de style, c’est un fait. Quatre de ses cinq défaites sont survenues lorsqu’il y avait un titre à l’enjeu.
Grosses pointures
L’Ukrainien de 38 ans s’est incliné contre de grosses pointures au fil des dernières années. Il s’est notamment incliné par décision contre Gennadiy Golovkin en 2019 alors que deux titres mondiaux des moyens (160 lb) étaient à l’enjeu.
L’entraîneur Marc Ramsay sait que Mbilli, qui est le premier aspirant du WBC, prend une grosse bouchée cette fois-ci.
«Christian monte une marche. Avant ce combat, [Carlos] Gongora était probablement le meilleur adversaire que Christian avait affronté, un gars qui comme lui avait connu une grande carrière amateur.
«On fait vraiment le joint entre ce qu’il a vécu jusqu’à maintenant et où on veut aller en championnat, pas simplement se présenter en championnat du monde, mais gagner un championnat du monde et devenir stable à ce niveau-là. Il faut être en mesure de gagner de façon assez nette un gars comme Derevyanchenko.»
Style différent
Outre la vaste expérience de l’Ukrainien, son style milite aussi en sa faveur et Mbilli sait qu’il doit être prudent.
«C’est le premier adversaire que je rencontre avec un style axé sur l’attaque, mais en même temps, il est très technique. Il bouge beaucoup, il a un bon coup d’œil, il esquive bien, mais je pense que c’est un des meilleurs boxeurs que j’ai rencontrés jusqu’à maintenant.»
Cette fois-ci, il serait très surprenant que l’affrontement ne dure que 40 secondes comme ce fut le cas pour la victoire de Mbilli contre Mark Heffron à Shawinigan en mai dernier.
«C’est un combat de très, très haut niveau et il faut être prêts à toutes les options possibles, prévient Marc Ramsay. C’est un boxeur qui est résistant, il l’a prouvé contre les meilleurs de la division, il n’a jamais été arrêté.
«Nous, on pense que Christian amène quelque chose de différent à ce combat, quelque chose qu’il n’a pas nécessairement vu chez les professionnels.»
Gros combats
Dans une catégorie des supermoyens qui est encore cadenassée par la suprématie de Canelo Alvarez, Mbilli veut faire sa place. Il commence surtout à en avoir assez de passer des messages chaque fois qu’il gagne.
«J’espère que c’est la dernière étape avant un championnat du monde. On va livrer un bon combat, peut-être le combat de l’année», lance-t-il en soutenant être prêt pour les gros combats.
Une victoire frappante dans un combat présenté sur ESPN samedi pourrait faire bouger les choses.
«Il ne reste plus grand monde. Après un combat comme ça, je ne vois pas vraiment qui on pourrait affronter sauf faire un combat de championnat du monde», soutient Marc Ramsay.
«Canelo n’a pas beaucoup d’adversaires possibles. Si Christian est impressionnant, c’est un combat qui sera imposé d’une certaine façon. Canelo n’a pas besoin de faire quoi que ce soit, c’est la superstar de la boxe», ajoute le promoteur Camille Estephan.