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Le colosse canadien des Ravens qui a choisi la NFL au lieu de la LNH

Brent Urban a été dominant au hockey avant de se tourner vers le football

Brent Urban a réussi trois sacs du quart cette saison, lui qui a pris part aux 17 matchs des siens, dont trois comme partant.
Brent Urban a réussi trois sacs du quart cette saison, lui qui a pris part aux 17 matchs des siens, dont trois comme partant. PHOTO FOURNIE PAR LES RAVENS DE BALTIMORE
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2024-01-26T20:34:32Z

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OWINGS MILLS, Maryland | Bien avant de pourchasser les quarts-arrières dans la NFL, c’est sur les glaces de l’Ontario que Brent Urban faisait un malheur. À l’aube d’une première présence en finale de conférence avec les Ravens, le colosse canadien ne regrette clairement pas d’avoir choisi le football.

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Dans le vestiaire des Ravens, l’ailier défensif est devenu un vétéran qui fait partie des meubles. Repêché en quatrième ronde en 2014, le gaillard de Mississauga en est à son deuxième passage à Baltimore, où il a disputé sept de ses 10 saisons dans la NFL.

Évidemment qu’il n’éprouve aucun remords, mais à l’aube du plus important match de sa carrière, Urban a bien voulu se prêter au jeu lors d’une rencontre avec Le Journal. Et si c’était plutôt dans le hockey qu’il avait fait carrière?

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«Il m’arrive de me demander si j’aurais pu percer, mais quand je regarde le hockey d’aujourd’hui, le jeu physique semble de moins en moins important et je ne regrette vraiment pas d’avoir choisi le football. Peut-être que je serais en train de me battre quelque part dans la Ligue américaine», a lancé en riant le sympathique géant de 6 pi 7 po et 310 livres. 

Un vrai bon joueur

Après tout, Urban n’était pas qu’un petit hockeyeur du dimanche. À 7 ans, il s’inspirait de son héros Eric Lindros et inscrivait 100 buts et 100 passes dans sa saison.

Adolescent, il a fait partie des Ice Dogs de Mississauga Bantam AAA, qui ont raflé le championnat de l’Ontario. 

Ailier gauche en puissance qui faisait déjà 6 pi 4 po et 225 livres à 15 ans, il a évolué aux côtés de quatre joueurs qui ont été par la suite repêchés dans la LNH, soit Ryan Ellis, Casey Cizikas, Jamie Devane et Ben Chiarot, qui a disputé trois saisons avec le Canadien.

«Nous étions parmi les meilleures équipes au monde dans notre groupe d’âge. Sur quelque chose comme 100 matchs par année, on en gagnait 98! 

«Ben, c’était le meilleur. C’est tellement un bon gars! À 14-15 ans, nous étions toujours ensemble dans les tournois un peu partout. On a eu tellement de plaisir. On a gardé contact, on se texte parfois», a-t-il lancé.

L’appel du football

À 16 ans, Urban a décidé de mettre une croix sur le hockey pour se consacrer au football, sport qu’il a découvert au cours de son parcours secondaire.

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«Mon premier amour était le hockey et c’était de la LNH dont je rêvais. Quand j’ai commencé le football au secondaire, j’étais déjà très costaud et c’est devenu naturel. J’avais encore plus de succès au football.

«Au hockey, je jouais de manière très physique. C’est ce que j’aimais le plus, mais je me retrouvais trop souvent au banc des punitions. J’imagine que si j’avais continué jusque dans le junior, on m’aurait donné un genre de rôle d’agitateur, mais même si j’aimais frapper, j’adorais aussi compter des buts. Ce n’est pas un rôle que j’aurais aimé», a-t-il réfléchi.

Prêt pour un grand moment

Sous la pluie en fin de saison, Brent Urban a fait face aux ennemis jurés, les Steelers de Pittsburgh.
Sous la pluie en fin de saison, Brent Urban a fait face aux ennemis jurés, les Steelers de Pittsburgh. PHOTO FOURNIE PAR LES RAVENS DE BALTIMORE

À 32 ans, Urban se retrouve enfin tout près du but ultime, à une victoire du Super Bowl. Samedi dernier, il a enfin pu savourer l’euphorie d’une première victoire en séries, après quatre essais infructueux avec les Ravens, les Bears et les Cowboys.

«Je n’aurais jamais imaginé cette vie quand j’étais jeune. J’ai grandi avec le hockey. J’appréciais la NFL, mais pour moi, c’était un autre monde. Il y a si peu de joueurs du Canada dans la ligue. Quand j’y pense aujourd’hui, c’est surréaliste.

«Je suis conscient d’où j’en suis dans ma carrière et je réalise que c’est ma dernière chance. C’est le moment de gagner», a-t-il affirmé.

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On lui souhaite de tout cœur, parce que ce n’est pas avec ses allégeances sur la scène du hockey qu’il va goûter au bonheur.

«J’ai toujours été un grand partisan des Leafs et c’est tellement triste comme existence! Ce n’est pas grave, je ne serai jamais fan des Canadiens et encore moins des Sénateurs. Je vais toujours demeurer loyal», a-t-il conclu en pouffant de rire.

Tavius Robinson: une recrue de l’Ontario aux portes du Super Bowl

Tavius Robinson a bouclé sa première saison chez les Ravens avec 26 plaqués, dont deux pour pertes, avec un sac du quart.
Tavius Robinson a bouclé sa première saison chez les Ravens avec 26 plaqués, dont deux pour pertes, avec un sac du quart. PHOTO FOURNIE PAR LES RAVENS DE BALTIMORE

OWINGS MILLS, Maryland | La filière canadienne sourit aux Ravens. Après Brent Urban, voilà qu’un autre Ontarien, Tavius Robinson, fait son nid parmi les corbeaux à Baltimore.

Originaire de Guelph, le secondeur extérieur a lui aussi été repêché comme son prédécesseur en quatrième ronde, neuf ans plus tard, le printemps dernier.

C’est avec un sourire presque aussi large que sa carrure de 6 pi 6 po et 260 livres qu’il nous a serré la pince en constatant qu’on représentait Le Journal

«Mon père est né à Montréal et a toujours été un partisan des Alouettes», a-t-il lancé. 

«Ma grand-mère a été à Montréal longtemps aussi. J’ai eu la chance d’y aller à quelques reprises. Je me souviens que dès que j’ai eu 18 ans, c’était l’endroit où se retrouver entre amis pour quelques breuvages!» a-t-il rigolé.

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Le saut aux États-Unis

Après avoir joué deux saisons à l’Université de Guelph, en 2018 et 2019, Robinson a décidé qu’il valait mieux pour lui de faire le saut vers la NCAA afin de réaliser son rêve d’atteindre la NFL.

Une petite vidéo de ses faits saillants envoyée sur les réseaux sociaux comme une bouteille à la mer a fait du bruit. Si bien qu’il a reçu des offres de bourses d’études de gros programmes comme Ole Miss, LSU et Nebraska. C’est au Mississippi qu’il a disputé les trois saisons suivantes.

«Je ne savais pas à quoi m’attendre en faisant ma vidéo. Je ne savais même pas si j’aurais une offre, mais Ole Miss m’a remarqué et j’ai senti que c’est là que je devais aller.

«Ça m’a permis d’apprendre plus et de m’améliorer plus rapidement. Je pense que ça aurait été plus difficile pour moi de faire le saut du football universitaire canadien à la NFL. J’aurais peut-être obtenu une invitation comme agent libre. C’était l’objectif de ma vie, la NFL, donc j’y serais peut-être arrivé, mais je suis content du chemin que j’ai choisi», a-t-il raconté.

Tout près du but

Tandis qu’il s’apprête à affronter les Chiefs en finale de la conférence américaine dans un M&T Bank Stadium survolté à Baltimore, Robinson peine à croire qu’il était à Guelph il y a trois ans à peine.

«Quand j’ai vu que j’étais choisi par les Ravens, j’étais vraiment heureux. Il y a tellement de bons joueurs défensifs qui sont passés ici. Le style des Ravens, c’est ce que j’aime. C’est bon de se retrouver dans un groupe qui apprécie autant l’aspect physique et qui joue avec violence.

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«C’est des années et des années de travail, mais je suis heureux d’en arriver là. Je veux juste que ça continue. Je ne veux pas trop y penser, mais disons qu’un champion du Super Bowl à Guelph et à Montréal, ça sonne bien!»

EN BREF...

Les anciens en grand nombre

Ray Lewis fera partie d'un contingent d'anciens Ravens invités.
Ray Lewis fera partie d'un contingent d'anciens Ravens invités. AFP

OWINGS MILLS, Maryland | Il n’y a aucun doute, les Ravens sont fiers de leurs anciennes gloires et en bons termes avec eux. Même si la franchise est relativement jeune, plusieurs légendes ont déjà façonné son histoire et seront présentes lors des cérémonies d’avant-match au M&T Bank Stadium. Ray Lewis et Ed Reed seront présentés avant le botté d’envoi. Anquan Boldin, Todd Heap, Matt Stover et Terrell Suggs seront aussi présents dans le stade, tout comme Jonathan Ogden, qui sera capitaine honoraire. Une autre légende, la nageur de Baltimore Michael Phelps, olympien le plus décoré de l’histoire avec 28 médailles, sera aussi présenté à la foule.

Pensée pour Benjamin St-Juste

Rashod Bateman a été coéquipier de Benjamin St-Juste.
Rashod Bateman a été coéquipier de Benjamin St-Juste. AFP

OWINGS MILLS, Maryland | Le receveur de troisième année Rashod Bateman a évolué pendant deux saisons aux côtés du demi de coin québécois Benjamin St-Juste, à l’Université du Minnesota. Les deux anciens coéquipiers ne sont qu’à une heure de route, puisque St-Juste évolue à Washington et les deux sont restés en contact régulier. «On s’est parlés cette semaine, a dit Bateman au Journal. Il est un excellent joueur. Je suis content pour lui. Il a bien joué et a été en santé cette saison. Je pense qu’il deviendra un demi de coin phénoménal dans cette ligue.»

Un botteur compatissant

Justin Tucker compatit avec les autres botteurs, dont Tyler Bass.
Justin Tucker compatit avec les autres botteurs, dont Tyler Bass. Getty Images via AFP

OWINGS MILLS, Maryland | Le pauvre botteur des Bills de Buffalo, Tyler Bass, est attaqué depuis qu’il a raté un placement critique en fin de match dimanche dernier face aux Chiefs. Ce botté manqué a eu des répercussions jusqu’à Baltimore. Les Ravens ont la chance de miser sur l’un des botteurs les plus précis de l’histoire de la NFL en Justin Tucker et ce dernier a tenu à défendre son rival, néanmoins membre de la confrérie des botteurs. «Mon cœur est avec lui. Il demeure un bon botteur et je sais qu’il réussira plus de gros bottés qu’il va en rater. On s’est texté cette semaine et il semble quand même dans un bon état d’esprit», a-t-il noté au sujet de celui qui a dû composer avec des menaces de mort.

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