«Le Canada ne vit pas grâce aux États-Unis», répond Mark Carney à Donald Trump

Raphaël Pirro
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OTTAWA – Fort d’une allocution très remarquée à Davos, Mark Carney a répliqué à Donald Trump et livré un plaidoyer pour l’unité canadienne en abordant de grands thèmes historiques dans un discours sur les plaines d’Abraham, à Québec, «un lieu chargé de souvenirs».
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«Le Canada et les États-Unis ont construit un partenariat remarquable dans les domaines de l’économie, de la sécurité, et dans de riches échanges culturels. Mais le Canada ne vit pas grâce aux États-Unis. Le Canada prospère parce que nous sommes Canadiens», a lancé le premier ministre jeudi.
Cette déclaration en toute fin de discours, qui n’apparaît pas dans la version écrite, a été chaleureusement applaudie par les ministres présents sur place.
Elle faisait écho à une attaque de Donald Trump, prononcée la veille au Forum économique mondial, accusant le Canada d’être ingrat envers les Américains.
«Le Canada existe grâce aux États-Unis. Souviens-t’en, Mark, la prochaine fois que tu feras des déclarations», a dit Donald Trump au lendemain de l’allocution du premier ministre canadien appelant les «puissances moyennes» à s’unir pour mieux résister aux grandes puissances.
• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Retour vers le futur
Le premier ministre est de passage à Québec jeudi et vendredi pour une réunion de son Conseil des ministres afin de préparer la reprise des activités au Parlement la semaine prochaine.
Depuis l’édifice Patenaude de la Citadelle de Québec, Mark Carney a ouvert l’événement en mettant de côté les platitudes parlementaires pour parler longuement de l’identité canadienne et livrer sa version de l’histoire.
«En septembre 1759, deux armées se sont affrontées ici dans une bataille qui a changé à jamais le cours de l’histoire de ce continent. Lorsque la fumée s’est dissipée, les deux commandants, Wolfe et Montcalm, gisaient mourants, leurs destins liés même dans la mort. La Nouvelle-France était tombée. L’Amérique du Nord britannique était née.»
Ainsi a-t-il donné le ton dans ce discours qui, une fois n’est pas coutume, était largement rédigé en français.
Le Canada d’aujourd’hui, a-t-il dit, existe «grâce à la résilience des francophones», et continue d’exister grâce à un «pacte» qui a été «renouvelé» à plusieurs reprises, notamment lorsque «les Québécois ont choisi, à deux reprises, de rester au sein du Canada», en référence aux deux référendums perdants sur l’indépendance du Québec.
Le choix de ces propos n’est pas anodin considérant le fait que le Parti Québécois de Paul St-Pierre Plamondon domine dans les sondages actuels en promettant de déclencher un référendum sur l’indépendance du Québec.
Backlash à Québec
Peut-être sans le savoir, peut-être sans le vouloir, le premier ministre a ouvert un champ de bataille identitaire.
Quelques minutes après que Mark Carney a terminé de parler, le chef péquiste a accusé sur ses réseaux sociaux le chef libéral de «falsifier notre histoire, tant notre histoire lointaine que le mandat récent de Justin Trudeau».
PSPP a indiqué qu’il reviendrait «point par point» sur les déclarations du premier ministre canadien lors du congrès du Parti Québécois dimanche.
Yves-François Blanchet a ironisé sur la lecture des faits de M. Carney.
«La Conquête et ses morts, c’était un geste de collaboration. L’interdiction du français à l’école, le rapport Durham, qui suggérait l’assimilation d’un peuple sans histoire ni culture, la pendaison de Louis Riel, la crise d’Octobre et toutes les tricheries référendaires, c’était de la collaboration.»
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