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«Le Canada existe grâce aux États-Unis», lance Donald Trump à Mark Carney

Agence QMI et Raphaël Pirro

2026-01-21T14:23:45Z

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OTTAWA | Il est trop tôt pour déterminer si Donald Trump compte se venger contre le Canada, mais il est clair que le président américain n’a pas apprécié le discours fort remarqué de Mark Carney à Davos, mardi.

• À lire aussi: À Davos, Carney lance un appel à la collaboration contre l’impérialisme des grandes puissances

AFP
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«J’ai regardé votre premier ministre, hier», a lancé Donald Trump dans un discours-fleuve sur le podium du Forum économique mondial qui a lieu tous les ans dans cette commune des Alpes suisses.

«Il n’était pas très reconnaissant. Ils [Les Canadiens] devraient nous être reconnaissants. Le Canada... le Canada existe grâce aux États-Unis. Souviens-t’en, Mark, la prochaine fois que tu feras des déclarations.»

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Quelques heures plus tard, Donald Trump a signalé avoir trouvé «le cadre d’un futur accord» avec le secrétaire général de l’OTAN concernant le Groenland, reculant sur la menace de tarifs douaniers prévus au 1er février.

Un discours viral

Le président américain a pu constater l’impact viral du discours de M. Carney prononcé la veille sur la même scène.

Dans celui-ci, le premier ministre canadien a affirmé qu’il y avait une «rupture» de l’ordre mondial tel qu’établi et dirigé par les Américains, mais qu’il était temps d’en finir avec cette «illusion» qui ne bénéficie plus aux «puissances moyennes» comme le Canada.

«Les puissances moyennes doivent agir de concert, car si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu», a dit Mark Carney, une citation reprise dans les journaux du monde entier.

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Une «crise de bacon»

Le premier ministre est un ex-banquier central qui navigue dans le monde de la finance comme un poisson dans l’eau. Ses propos lui ont valu une ovation debout, un phénomène que l’on dit rare à cette grand-messe annuelle de Davos.

Cela tranche avec les applaudissements polis qui ont été réservés à Donald Trump.

La politologue Anessa Kimball de l’Université Laval ne serait pas surprise si le président s’en offusquait.

«On sait déjà que Trump est sensible comme un enfant. On sait que ça va le toucher au cœur et qu’il va faire une crise de bacon. C’est sûr que M. Carney savait ce qu’il faisait», dit-elle.

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Une relation déjà difficile

Mais à part de dire que «le Canada n’existerait pas sans les États-Unis», il est peu probable que la Maison-Blanche prenne de nouvelles mesures coercitives contre le Canada puisqu’il a déjà déstabilisé la relation entre les deux pays, à son avantage – dans sa tête, du moins.

«On interagit avec un partenaire qui ne veut jamais revenir à la collaboration. Il veut établir une relation qui est conflictuelle. Nous, on est mal préparés pour ça», explique Mme Kimball.

Cette dernière indique par ailleurs que le discours du premier ministre n’est en fait rien de nouveau par rapport à ce qui se disait dans les années 1990 au sujet des «puissances moyennes» et de «l’autonomie stratégique».

«Ce qu’il avance, c’est surtout une identité qui a été créée notamment par le Canada et par les autres États qui ont de la difficulté dans [un] système où la priorité, c’est toujours le plus fort.»

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