Sur les Plaines d’Abraham, Mark Carney livre un plaidoyer pour l’unité canadienne et parle de la Conquête

Raphaël Pirro
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OTTAWA – Fort d’une allocution très remarquée à Davos, Mark Carney a livré jeudi un plaidoyer pour l’unité canadienne en empruntant les chemins sinueux de l’Histoire dans un discours sur les Plaines d’Abraham à Québec, «un lieu chargé de souvenirs».
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«En septembre 1759, deux armées se sont affrontées ici dans une bataille qui a changé à jamais le cours de l’histoire de ce continent. Lorsque la fumée s’est dissipée, les deux commandants, Wolfe et Montcalm, gisaient mourants, leurs destins liés même dans la mort.»
«La Nouvelle-France était tombée. L’Amérique du Nord britannique était née»: ainsi a-t-il donné le ton, en français.

Celui qui a succédé à Justin Trudeau il y a près d’un an passera la soirée et la journée de vendredi dans la capitale du Québec à préparer la rentrée parlementaire de la semaine prochaine avec son Conseil des ministres.
En ouverture de la rencontre, Mark Carney a troqué les platitudes de l’agenda parlementaire, leur préférant un discours axé sur l’identité canadienne, dans laquelle les francophones partagent les devants de la scène avec les Canadiens anglais et les Autochtones.
Le Canada d’aujourd’hui, a-t-il dit, existe «grâce à la résilience des francophones», «une résilience parfois silencieuse, souvent combative, mais toujours déterminée à préserver une langue, une culture, des institutions, une identité».
M. Carney s’est même permis de citer l’un des pères de la confédération, George-Étienne Cartier, qui qualifiait les Canadiens du XIXe siècle comme étant «de races différentes, non pas pour [se] faire la guerre, mais afin de travailler conjointement à [leur] propre bien-être».
Le «pacte» canadien, selon lui, a été «renouvelé» à plusieurs reprises dans l’histoire, notamment lorsque «les Québécois ont choisi, à deux reprises, de rester au sein du Canada, estimant que ce partenariat, malgré toutes ses frustrations, méritait non seulement d’être préservé, mais aussi d’être renforcé», a-t-il ajouté, en référence aux deux référendums sur la souveraineté du Québec.
Le choix de ces propos n’est pas anodin considérant le fait que le Parti Québécois de Paul Saint-Pierre Plamondon domine dans les sondages actuels en promettant de déclencher un référendum sur l’indépendance du Québec.
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