UFC 297: un véritable zoo en conférence de presse à Toronto
Sean Strickland et Dricus Du Plessis ne pourraient pas être plus différents

Dave Lévesque
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TORONTO | Si ce n’était des arts martiaux mixtes, Dricus Du Plessis et Sean Strickland n’auraient absolument rien en commun. Les têtes d’affiche de l’UFC 297 sont à l’opposé du spectre.
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Du Plessis (20-2-0, 9 K.-O., 10 soumissions), qui est originaire d’Afrique du Sud est généralement poli, posé et respectueux. Strickland (28-5-0, 11 K.-O., 4 soumissions), qui vient de Caroline du Nord, est tout le contraire.
Sauf que c’est ce dernier qui est champion des poids moyens de l’UFC, et sa ceinture sera à l’enjeu au ScotiaBank Arena de Toronto samedi soir.
Les tensions entre les deux hommes durent depuis un mois, soit depuis le dernier gala de l’UFC (296), le 16 décembre dernier, au T-Mobile Arena de Las Vegas.
Vous aurez compris que, dans ce scénario, Du Plessis est le bon et que Strickland est à la fois la brute et le truand.
Strickland s’est présenté sur la scène pour la conférence de presse de jeudi vêtu d’un t-shirt arborant une grosse feuille d’érable rouge sur lequel on pouvait lire «Make Canada Great Again». Il s’est autrement bien comporté et ce sont Raquel Pennington et Mayra Bueno Silva, qui feront les frais de la demi-finale, qui se sont tiré les cheveux. On a aussi eu droit à un fan de Strickland qui a sauté sur scène et qui a été sèchement maîtrisé par la sécurité.

Bagarre
Tout a commencé lors d’une conférence de presse en marge de l’UFC 296 lors de laquelle les deux hommes se sont invectivés avec beaucoup de créativité. Du Plessis a même affirmé qu’il allait faire revivre à Strickland ses traumatismes du passé en faisant allusion à la violence qu’il a subie de la part de son père.
Retour à la soirée de gala. Lors d’une pause entre deux combats, la caméra s’est posée sur Du Plessis qui faisait le pitre deux rangées derrière Strickland. Celui-ci s’est levé et a levé les bras dans les airs.
Quand il s’est retourné, Du Plessis semblait lui lancer une invitation et Strickland a demandé à une femme et son fils assis entre les deux hommes de se déplacer, puis il a sauté sur Du Plessis pour le rouer de coups. Plusieurs agents de sécurité ont dû intervenir pour les séparer.
Strickland aurait fait des menaces à Du Plessis du genre «je vais te poignarder». Et c’est ce qui a fait jaser depuis deux jours à Toronto.
Le K.-O. avant
La séquence des événements est confuse, mais il semble que ce soit par texto que les deux hommes en ont rajouté.
«Je ne lui ai pas dit que j’allais le poignarder, je lui ai envoyé un message privé pour lui dire que je l’aimais et qu’il était un solide combattant», a affirmé Strickland avec un sourire qui porte à interprétation.
Du Plessis a tout de même confirmé qu’il y avait un échange de textos entre eux.
«J’ai ouvert mon téléphone et j’ai vu qu’il m’avait écrit un message privé qui disait essentiellement qu’il était prêt à s’excuser s’il avait dépassé les bornes. Mais il y avait aussi des menaces qui venaient avec ça. Je lui ai répondu que rien de ce qu’il pouvait dire n’avait un effet sur moi.»
L'air fou
Avec un Strickland qu’on doit continuellement retenir pour éviter qu’il se mette dans le pétrin, Du Plessis a évidemment pris le parti de jouer le rôle du bon gars.
«Il a essayé de m’intimider et quand il a vu que la foule n’était pas derrière lui, il a tourné ça en blague. On peut se tirer la pipe, mais son attitude d’intimidateur ne passe pas.
«Je me sens mal pour lui parce que quand on sort pour s’amuser, on ne veut pas nécessairement que les gens nous voient, mais dans son cas, ça s’est retrouvé partout sur internet.»
Strickland, lui, laisse entendre que c’est surtout pour s’amuser qu’il se comporte de cette façon, mais il devient difficile de démêler le vrai du faux.
«Je crache sur tout le monde, je me moque des gens, mais la différence est que ce n’est pas personnel», a-t-il dit en laissant sous-entendre qu’il parlait des allusions de Du Plessis à son enfance.
- Écoutez l'entrevue avec Anthony Martineau, journaliste à TVA Sports à l’émission de Richard Martineau via QUB :
Sabotage
Il reste que l’équipe de Strickland a été obligée d’avoir une conversation avec son combattant pour éviter qu’il ne dépasse les bornes. Il s’est même pointé au micro, mercredi, en assurant qu’il essaierait de ne pas utiliser le mot F***. Il a évidemment échoué.
Ce qui inquiète le plus Du Plessis par rapport à son adversaire? Non, ce n’est pas de subir une raclée dans l’octogone.
«Est-ce que j’ai peur qu’il sabote le combat? Oui, ça me fait peur qu’il fasse tout pour en sortir. Mais pour moi, la dernière conférence de presse avait pour objectif de gagner au micro et de le battre à son propre jeu. J’ai déjà gagné cette bataille, maintenant je veux gagner celle de samedi.»
Il a d’ailleurs assuré que ce qui s’est passé à Vegas le mois dernier n’était pas chorégraphié, et on le croit sur parole.