La Victoire inspirante pour les jeunes filles


Mylène Richard
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Jamais une équipe de hockey féminin n’avait eu droit à un party comme celui de la Victoire de Montréal, samedi, devant environ 20 000 partisans.
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Ce que les championnes de la LPHF ont vécu depuis 10 jours, au Grand Prix de Formule 1 du Canada, à un match du Canadien et un de basketball de l’Alliance, ainsi qu’à l’hôtel de ville de Montréal et de l’arrondissement de Verdun, ce n’était rien à côté de ce bain de foule.
« C’est le fun de voir qu’il y a beaucoup de jeunes, autant des filles que des garçons », a observé la Montréalaise Marie-Ève Meunier, qui a invité sa filleule, Elizabeth Richards, 4 ans, et son frère Noah, 7 ans, à la fête.
La directrice générale de la Victoire, Danièle Sauvageau, croit que les garçons « ne voient pas la différence » entre des hockeyeurs et des hockeyeuses.
« Quand on parle d’équité, c’est extraordinaire ce qu’on est en train de vivre », a-t-elle commenté.

Des exemples à suivre
La Victoire a ainsi inspiré les petites filles nombreuses à s’être déplacées en famille pour féliciter l’équipe.
« Marie-Philip Poulin est mon idole. Je voudrais devenir comme elle, aussi bonne qu’elle. Je veux jouer un jour dans la LPHF », a dit Coralie Lemire, 10 ans, de Belœil.
« J’aime vraiment beaucoup cette équipe. C’est aussi une équipe de filles ! [La gardienne] Ann-Renée Desbiens, elle est vraiment bonne et on a gagné grâce à elle », a analysé Alice Godin, 9 ans, de Saint-Jean-sur-Richelieu, aux côtés de ses frères, Étienne et Hugo, âgés de 11 et 13 ans.

Devant cette immense foule, les joueuses ont pensé à la relève.
« J’espère que chaque petite fille aura son chandail de la Victoire un jour, que les inscriptions au hockey féminin exploseront », a exprimé l’attaquante Laura Stacey.
« Je souhaite que ça devienne la base, la norme. C’est beaucoup aujourd’hui, mais il faut continuer de rêver plus », a pour sa part mentionné Desbiens.

Sortir de l’ombre
Cette « détermination et ambition au féminin », comme l’a souligné la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a aussi eu écho chez des adultes.
« Il faut soutenir ces initiatives et le sport féminin pour que ça ne meure pas dans l’œuf », a exigé Marie Baudined, une Française d’origine de 33 ans qui a découvert le hockey il y a quelques années en arrivant à Montréal, grâce à sa collègue et amie Laurie Chardron.

La Victoire, c’est aussi la célébration de la communauté LGBTQ+ pour une génération qui a longtemps vécu dans l’ombre.
« On a souvent manqué de visibilité en raison des préjugés. Ç’a toujours été un défi d’être bien représenté. De voir ces filles, gaies ou non, s’afficher comme Poulin et Stacey, ça fait avancer les choses et c’est très touchant », a assuré Élaine Langlois, arrivée deux heures avec le début des festivités afin d’avoir la meilleure place devant la scène.
La Montréalaise de 62 ans a versé des larmes pendant les célébrations.
« C’est juste de la fierté », a-t-elle laissé tomber.