La Maison-Blanche peut attendre pour cette joueuse de la Victoire
La priorité devient la fin de la saison de la LPHF, avec la Victoire de Montréal, pour l’Américaine Hayley Scamurra


Benoît Rioux
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En attendant de planifier une possible visite à la Maison-Blanche, l’Américaine Hayley Scamurra n’allait pas pousser l’audace jusqu’à trimballer sa médaille d’or olympique à l’Auditorium de Verdun, mercredi matin, lors de l’entraînement de la Victoire de Montréal.
« La médaille est dans sa boîte à mon appartement », a informé Scamurra.
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Tout en reconnaissant que la conquête américaine représente « un rêve devenu réalité » pour elle, l’attaquante se garde naturellement une petite gêne, puisqu’elle compte cinq coéquipières chez la Victoire ayant plutôt perdu la finale au sein de l’équipe canadienne.
« Nous nous sommes félicitées mutuellement, a assuré l’attaquante de 31 ans, originaire de l’État de New York. Ç’a été un grand tournoi et, honnêtement, c’est un rêve et un bel accomplissement pour tout le monde de jouer aux Jeux olympiques. »

« Elle mérite d’être félicitée à 100 % et nous sommes maintenant des coéquipières, a pour sa part tranché la Canadienne Laura Stacey. Évidemment, cette finale appartient au passé. On regarde vers l’avant et j’ai une tonne de respect pour elle. »
L’entraîneuse-cheffe de la Victoire, Kori Cheverie, emboîte le pas.
« Par-dessus tout, je crois qu’il faut toujours savoir gagner avec classe et perdre avec classe, a noté celle qui faisait partie du personnel d’instructeurs de l’équipe canadienne. Les deux équipes ont bien joué en finale et ç’a tourné en leur faveur à la fin. Je suis heureuse pour “Scams”. »
Washington ou Las Vegas ?
Les États-Unis ont gagné l’or au hockey, autant chez les hommes que chez les femmes. Faut-il vraiment le rappeler ? Scamurra a évidemment eu vent de la controverse impliquant le président Donald Trump, qui a maladroitement blagué sur le fait qu’il devait aussi inviter l’équipe féminine à la Maison-Blanche, sans quoi il risquait la destitution.
« On a préféré se concentrer sur nous et célébrer notre parcours olympique, a réagi Scamurra à propos de l’appel téléphonique fait à la formation masculine des États-Unis, au cours duquel les joueurs semblaient faire preuve de complaisance avec l’humour du politicien. Depuis, on a reçu tellement d’amour et de soutien de la part de différentes compagnies et célébrités. »
Si le président Trump a réitéré une invitation à la Maison-Blanche aux hockeyeuses américaines mardi soir, en marge de son discours sur l’état de l’Union, Scamurra et ses coéquipières pourraient aussi être célébrées autrement. Le rappeur américain Flavor Flav en est un qui a promis d’organiser une grande fête pour elles à Las Vegas.
« On se concentre sur notre saison dans la LPHF et sur les prochains matchs à venir présentement », a sagement répondu Scamurra à propos des différentes invitations qui sont en suspens.
« C’est une bonne joueuse de hockey, mais je pense que je suis plus impressionnée encore par la personne qu’elle est, a finalement commenté Maureen Murphy, appelée à décrire sa compatriote. C’est une bonne coéquipière, elle sourit tout le temps. Elle amène une belle énergie dans le vestiaire. »
Une médaille d’or n’allait pas changer ça.
Le large sourire de papa Scamurra
La conquête de la médaille d’or olympique, la semaine dernière à Milan, a été l’occasion pour l’Américaine Hayley Scamurra de célébrer avec plusieurs membres de sa famille sur place, dont son père, Peter.
« D’avoir ma famille dans les estrades et de pouvoir célébrer avec eux, c’était extraordinaire, a-t-elle exprimé. C’est précieux d’avoir avec toi tous ces gens ayant aidé à te rendre jusque-là. Il y avait beaucoup d’émotions. »

« Quand j’ai vu mon père et ma mère, je me suis mise à pleurer sur la patinoire, a raconté la joueuse de la Victoire. Papa a été mon entraîneur pendant une bonne partie de ma vie et le hockey est une passion que nous avons en commun. Je ne l’avais jamais vu avec un sourire aussi large. »
Peter Scamurra a non seulement été son entraîneur, mais l’ancien défenseur a aussi disputé, bien avant la naissance de sa fille, 132 matchs dans la Ligue nationale de hockey avec les Capitals de Washington, entre 1975 et 1979.
Le bronze avec... le Canada
Natif de Buffalo, le paternel a également, dans un concours de circonstances, remporté une médaille de bronze pour le Canada lors de la première édition du Championnat mondial de hockey junior, en 1974.
« C’est fou cette histoire, a reconnu la joueuse de la Victoire. Il m’a souvent parlé de ce tournoi alors qu’il jouait pour les Petes de Peterborough qui, pour lui, représentent l’une des plus belles équipes dont il a fait partie. »
Scamurra évoluait en effet avec les Petes au niveau junior, en Ontario, quand l’équipe au complet a été sélectionnée pour représenter le pays. Pour entamer la compétition, la formation de Peterborough avait d’ailleurs battu les États-Unis par le pointage de 5 à 4. À l’époque, l’ancien joueur du Canadien Doug Jarvis, quatre fois vainqueur de la coupe Stanley à Montréal, faisait d’ailleurs partie de ses coéquipiers.