«Beaucoup de gens ne croyaient pas en nous» –Marie-Philip Poulin
Marie-Philip Poulin a enlevé sa médaille d’argent dès qu’elle a quitté son point de presse


Jean-Nicolas Blanchet
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MILAN | « Ça fait mal. On voulait tellement ramener l’or pour le Canada. Beaucoup de gens ne croyaient pas en nous, mais nous, on y croyait. »
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C’est ce qu’a lancé, en larmes, Marie-Philip Poulin après la défaite du Canada, 2 à 1, en prolongation contre les États-Unis.
Elle s’est ensuite levée en finissant la conférence de presse et a immédiatement retiré sa médaille d’argent, qu’elle semblait chérir autant que son Powerade bleu à moitié vide.
Après avoir été écrasées par les Américaines lors de la ronde préliminaire, les Canadiennes ont surpris beaucoup de monde en livrant une bataille exceptionnelle.

Le Canada était à deux minutes de l’or, avant que la capitaine américaine, Hilary Knight, qui s’était fiancée la veille du match, décide que ce match allait se poursuivre au-delà des 60 minutes.
Les États-Unis remportent ainsi un huitième match de suite contre le Canada.
La capitaine amochée
Blessée à un genou, Marie-Philip Poulin, qui avait dû s’absenter durant le tournoi, a admis qu’elle n’était pas dans une forme physique « incroyable ». Elle n’a pas précisé la nature de sa blessure, mais a indiqué avoir eu beaucoup d’aide avec les thérapeutes canadiens pour lui permettre de revenir au jeu.
Chose certaine, elle n’était pas étonnée que ce soit un match aussi serré.
« C’est pour ça que c’est la plus belle rivalité dans le sport », a-t-elle souligné, précisant qu’elle n’avait pas parlé de la nature de sa blessure à ses coéquipières, pour ne pas être une distraction.
Une blessure, « ce n’est pas une excuse », a lancé la capitaine, en anglais. Oui, oui, en anglais. Moi, de Charlesbourg, je devais poser mes questions en anglais à la Beauceronne Marie-Philip Poulin en direct de l’Italie. Et le français est la langue officielle des Jeux. C’est complètement ridicule.
Le bruit extérieur
L’entraîneur-chef du Canada, Troy Ryan, ne pouvait pas reprocher grand-chose à son équipe.
Il est revenu sur le fait que beaucoup de monde les voyait se faire démolir par les Américaines. « Oui, il y avait du bruit extérieur. Mais nous avons un groupe d’expérience qui est capable de mettre les choses en perspective. Ceux qui ont douté d’elles, je pense que vous avez compris pourquoi elles méritent autant de crédit ».

La gardienne Ann-Renée Desbiens, qui a été sensationnelle, avait la même réaction.
« Ça me fait rire [...] Il faut oublier le bruit extérieur. Ce qui était important c’est que dans le vestiaire, on y croyait ».
C’est Megan Keller qui a tranché à quatre minutes du début de la prolongation. Le Canada a marqué en début de deuxième période en désavantage numérique. Un bond capricieux de la baie vitrée, sur un dégagement, a créé un deux contre un qui a permis à Kristin O’Neill de marquer. Les Canadiennes ont ensuite gardé les choses très simples en misant sur les prouesses de la muraille de Charlevoix. Le Canada a excellé à jouer pour ne pas se faire marquer en troisième période, mais, à six patineuses, les Américaines ont réussi à finalement déjouer Desbiens sur un tir dévié.
Les Canadiennes étaient d’ailleurs plutôt impressionnantes à voir se sacrifier en troisième période. Il n’y avait pas de passagers. Laura Stacey se lançait partout pour bloquer des tirs. Tout le monde se sacrifiait en se couchant partout sur la glace ou en plongeant pour empêcher toutes les menaces américaines.
Les Canadiennes tentaient de remporter leur troisième médaille d’or consécutive en hockey féminin.
Si certaines voulaient commencer à qualifier les États-Unis comme seule grande puissance du hockey féminin dans le monde, désolé, mais il faudra attendre. Car c’était encore toute une bataille.