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La comédie de l’année à la Maison-Blanche

Mon patron trouvait que ça ressemblait à un épisode de «South Park». Personnellement, je pense que même le créateur Trey Parker n’aurait pas été aussi drôle

Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2026-06-15T19:30:00Z

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Quand Rocky est remonté dans le ring à 60 ans pour un sixième film, c’était n’importe quoi.

Mais c’était un film. On lui pardonnait.

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Mike Tyson, à 58 ans, a fait la même chose contre Jake Paul. Ça, c’était autre chose. L’un des événements sportifs les plus gênants que j’ai vus.

Les concours de mangeurs de hot-dogs sont beaucoup plus crédibles, à mon avis. Même chose pour cette fameuse course en Angleterre où des adultes se lancent à la poursuite d’une meule de fromage dévalant une colline.

Dimanche soir, à Washington, on a atteint un autre niveau.

Mon patron trouvait que ça ressemblait à un épisode de South Park. Personnellement, je pense que même Trey Parker n’aurait pas été aussi drôle.

Idiocracy

Moi, ça m’a surtout fait penser au film Idiocracy. Cette satire où, dans le futur, la population remplace l’eau par des boissons énergisantes et où le président est un ancien lutteur professionnel. Depuis quelques années, plusieurs Américains blaguaient en disant que ce film finirait par devenir un documentaire ou une prophétie. Après ce qu’on a vu dimanche, je pense que le film va recommencer à cartonner.

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Tout était surréaliste.

Le combattant Sean O'Malley arrivant à la Maison-Blanche avant son combat contre le Québécois Aiemann Zahabi, dimanche, à Washington.
Le combattant Sean O'Malley arrivant à la Maison-Blanche avant son combat contre le Québécois Aiemann Zahabi, dimanche, à Washington. Photo MEGA/WENN

On aurait dit qu’on avait donné un budget illimité à un adolescent de 14 ans avec une seule consigne : « Fais le spectacle le plus américain possible. »

J’aime les patriotes. J’aime aussi les Froot Loops. Je n’en mangerais pas une piscine d’un coup.

Donald Trump avait promis « le plus grand spectacle du monde » pour souligner les 250 ans de la Déclaration d’indépendance des États-Unis. D’où le nom : Freedom 250.

Le président américain, Donald Trump, était évidemment présent pour les combats de l’UFC Freedom 250 devant sa maison.
Le président américain, Donald Trump, était évidemment présent pour les combats de l’UFC Freedom 250 devant sa maison. Photo MEGA/WENN

On a eu des combattants arrivant de la Maison-Blanche. On a eu le président apparaissant sur son balcon comme le pape, pendant que des avions survolaient le site. Des milliers de soldats américains étaient présents dans la foule. Même les ring girls portaient des tenues aux couleurs du drapeau américain.

La grandeur américaine brillait de tous ces clichés.

Du sport aussi ?

À un moment donné, on se demandait s’il y avait du sport dans cette soirée sportive.

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Ah, oui. Il y avait de l’UFC.

Et c’est peut-être le plus triste dans tout ça.

Sean O'Malley serrant la main du président Donald Trump après avoir vaincu le Québécois Aiemann Zahabi, dimanche.
Sean O'Malley serrant la main du président Donald Trump après avoir vaincu le Québécois Aiemann Zahabi, dimanche. Photo MEGA/WENN

J’aime ce sport. Il tente depuis des années de se crédibiliser auprès de ceux qui le considèrent comme un freak show. Or, dimanche, il a fourni tous les arguments à ses détracteurs. Pourtant, la carte était excellente et remplie d’athlètes exceptionnels.

Ça n’aide pas non plus quand un combattant qui manque d’attention se met à crier sur scène que Michelle Obama est un homme.

Dans le fond, on a peut-être eu le divertissement qu’on mérite.

Il fut un temps où les sports de combat tentaient au moins de faire semblant d’être des sports. Aujourd’hui, on est dans le carnaval de la quête du viral.

Et ça fonctionne.

Les promoteurs ont compris la leçon. Pourquoi investir dans la subtilité quand l’exagération rapporte davantage ? Pourquoi miser sur la grandeur quand le grotesque attire plus d’attention ? Pourquoi offrir un filet mignon quand les gens préfèrent les hot-dogs ?

Si surprenant ?

L’UFC Freedom 250 n’est pas une anomalie. C’est le résultat logique d’une culture qui transforme tout en contenu.

Le contenant prend plus de place que le contenu : le sport.

Et ensuite, on fait semblant d’être surpris. Je m’inclus là-dedans.

J’écris cette chronique pour raconter que j’ai soupiré devant ce cirque. Mais pendant ce temps, les chiffres explosent, les extraits tournent en boucle et l’argent rentre.

C’est facile de blâmer les organisations. Mais elles répondent à une demande. J’ai regardé le gala moi aussi, à travers le hockey. Je fais partie du public que je critique.

Évidemment, plusieurs défendront ce genre d’événements. Ils diront que c’est amusant, qu’il ne faut pas tout prendre au sérieux et que je suis condescendant.

Très bien.

Mais qu’on cesse alors de parler de grandeur sportive.

L’UFC Freedom 250 n’est peut-être pas le bas-fond de notre culture du divertissement.

Mais le plancher craque.

Et les sports de combat devront bientôt trouver un meilleur équilibre entre le sport et le spectacle.

Parce qu’à force de vouloir nous impressionner, ils commencent surtout à ressembler à des comédies à répétition.

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