La Caisse de dépôt est moins transparente que d’autres grands investisseurs
Elle ne dévoile pas avec précision ses investissements dans des fonds privés


Sylvain Larocque
Partager
Alors qu’elle se targue d’être à l’avant-garde sur le plan de la responsabilité financière et sociale, la Caisse de dépôt se montre en fait moins transparente que d’autres grands investisseurs nord-américains.
• À lire aussi: Les bonis à la Caisse sont-ils mérités?
• À lire aussi: Près de 50 M$ pour des consultants informatiques externes à la Caisse de dépôt et placement
Contrairement à plusieurs caisses de retraite des États-Unis et du Canada, l’institution québécoise ne divulgue pas avec précision les sommes qu’elle a confiées à des fonds privés. Elle se contente de fournir une fourchette qui indique, par exemple, que la valeur d’un placement est comprise entre 300 et 500 millions $.

Pourquoi ce flou? «Afin de ne pas nuire à la compétitivité de la Caisse», soutient laconiquement une porte-parole de l’institution, Kate Monfette.

Pourtant, le grand rival torontois de la Caisse, Investissements RPC, publie chaque année les sommes investies dans chaque fonds privé ainsi que la valeur actualisée de celles-ci.

La plus grande caisse de retraite des États-Unis, la californienne CalPERS, le fait également.

D’autres vont encore plus loin. Dans le Maine, la caisse de retraite des fonctionnaires (MainePERS) dévoile, quatre fois par année, le rendement réalisé par chacun de ses placements dans des fonds. Le rendement précis de certains investissements effectués en partenariat avec des fonds est également présenté.

Excuse non justifiée
«L’importance accordée aux aspects concurrentiels [pour refuser de communiquer de l’information] est presque toujours exagérée», estime Richard Leblanc, professeur spécialisé en gouvernance à l’Université York.
«D’autres caisses de retraite sont plus transparentes, ajoute-t-il. Qu’est-ce qui est si spécial à propos du Québec?»
Notons toutefois que la Caisse communique davantage d’informations que certains de ses pairs en ce qui a trait aux financements immobiliers, aux investissements directs dans des entreprises non cotées et à ses participations importantes dans des entreprises.
«La Caisse est également la seule parmi les huit grands fonds au Canada à adhérer aux normes GIPS, qui sont les plus élevées en termes de transparence et de divulgation des rendements dans l’industrie», précise Mme Monfette.
Au cabinet du ministre des Finances, Éric Girard, qui est responsable de la Caisse, on a refusé de répondre aux questions du Journal sur le sujet.