Près de 50 M$ pour des consultants informatiques externes à la Caisse de dépôt et placement
L’institution compte désormais presque autant de consultants que de salariés


Sylvain Larocque
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La Caisse de dépôt et placement recourt de plus en plus aux consultants externes pour faire avancer ses projets informatiques, de sorte que ceux-ci sont maintenant presque aussi nombreux que les salariés de l’institution.
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Quelque 231 consultants en technologies de l’information (TI) étaient au service de la Caisse en 2022, indique un document récemment déposé à l’Assemblée nationale. L’institution comptait alors 279 employés permanents dans le domaine de l’informatique.
La Caisse a déboursé plus de 49,3 millions $ en un an pour ces 231 consultants, soit une moyenne de plus de 213 000$ par personne. En 2021, l’institution avait dépensé 35,6 millions $ en tout à ce chapitre.
En 2021, la Caisse comptait 203 consultants pour 264 salariés, tandis qu’en 2020, il y avait 193 consultants pour 244 employés. En trois ans, le nombre de consultants a augmenté de 20%, alors que le nombre de salariés en TI n’a progressé que de 14%.
Quant au coût moyen annuel moyen par consultant, il était de 175 000$ en 2021 et de 195 000$ en 2020.
Parmi les firmes qui ont procuré le plus grand nombre de consultants à la Caisse en 2022, on compte CGI, FX Innovation, Larochelle, Alithya, Cofomo, Procom, Ktalysis et Onepoint.
Recrutement difficile
«Depuis quelque temps, chez nous comme ailleurs, la pénurie de talent se fait ressentir dans nos efforts de recrutement, a commenté au Journal une porte-parole de la Caisse, Kate Monfette. Le nombre de consultants peut également varier en fonction de projets spéciaux qui requièrent des effectifs supplémentaires de manière ponctuelle.»
Simon Bourdeau, professeur spécialisé en gestion des TI à l’UQAM, croit que le recours aux consultants peut se justifier dans certaines circonstances.
«Si on a des projets à mettre en place, un nouveau logiciel à configurer ou une intégration à faire, ça peut être pertinent d’avoir des consultants parce qu’ils ont l’expertise et l’expérience. Généralement, ils ont réalisé des projets semblables dans d’autres organisations, de sorte qu’on gagne en efficacité et ça vient minimiser le risque en termes de succès», affirme-t-il.
M. Bourdeau reconnaît que la somme de plus de 200 000$ par consultant, par année, «c’est chèrement payé». Cependant, compte tenu de la rareté de main-d’œuvre que connaît actuellement le secteur, de tels tarifs ne sont pas aussi «exubérants» qu’on pourrait le croire, note-t-il.
Perte de contrôle possible
Par contre, les organisations doivent s’assurer de conserver des équipes internes fortes pour éviter de devenir vulnérables face aux firmes externes, prévient le spécialiste.
«À terme, est-ce qu’on va perdre des connaissances à l’interne et être à la merci [des consultants] s’il y a trop de consultants? demande-t-il. Ça peut devenir un enjeu. Quand vient le temps de faire des appels d’offres, de signer des contrats et de prendre des décisions d’affaires, si on n’a plus ces connaissances-là, on s’en remet aux consultants et on perd un peu le contrôle.»
Les dépenses totales en TI de la Caisse ont atteint environ 150 millions $ par année en 2021 et en 2022 et 132 millions $ en 2020.
Notons qu’Alexandre Synnett, le vice-président qui était responsable des TI à la Caisse depuis 2020, a quitté l’institution plus tôt cette année dans la foulée de l’investissement raté dans la cryptobanque Celsius Network.
Les grands dossiers TI en cours à la Caisse
- Développement de nouvelles solutions numériques, notamment en lien avec l’investissement durable
- Numérisation de certains processus liés aux investissements
- Amélioration des mesures de cybersécurité
De plus en plus de consultants
2022
231 consultants | 49,3 M$
2021
203 consultants | 35,6 M$
2020
193 consultants | 37,5 M$