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«KK» ou Suzuki: lequel sera le 1er centre du CH?

TVA Sports

2021-03-17T23:58:58Z

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L’une des plus grosses évidences, lorsqu’on imagine le futur des Canadiens de Montréal, c’est que la position de centre deviendra avant longtemps une grande force du club. 

Actuellement, chez le CH, deux jeunes patineurs remplis de talent apprivoisent lentement mais sûrement (et chacun à leur manière) le calibre de jeu relevé de la Ligue nationale de hockey : Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi.   

Si tous les deux ont leurs hauts et leurs bas depuis leur arrivée dans le circuit Bettman, un constat saute aux yeux : ils ont aussi tout ce qu’il faut pour devenir un jour très dominants. 

Dans le cadre du segment «Les recrues», présenté mercredi à l’émission «JiC» (voyez le segment complet dans la vidéo ci-dessus), une question extrêmement difficile a été posée aux journalistes Anthony Martineau et Nicolas Cloutier. Une fois arrivés à maturité, qui de Suzuki ou «KK» deviendra le premier centre de l’équipe? 

Premier à prendre la parole, Nicolas Cloutier a rapidement signifié sa préférence pour le #14 du CH. 

«Avons-nous la mémoire courte? Il n’y a pas si longtemps, Nick Suzuki était le premier centre incontesté du CH. Au premier passage à vide, ça ne serait plus le cas? Lors des dernières séries, Suzuki a été catapulté dans la chaise de premier centre et il s’en est, dans l’ensemble, admirablement bien tiré depuis.

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«C’est le pivot le plus utilisé du CH cette saison avec un temps de jeu moyen de 18 minutes 43 à seulement 21 ans. Pendant ce temps, Jesperi Kotkaniemi est protégé, loin des gros canons adverses, dans la chaise de troisième centre.»

Les propos de Cloutier n’ont pas manqué d’inspirer Anthony Martineau, qui s’est de façon claire rangé derrière Kotkaniemi.

«J’aime beaucoup, Nic, que tu demandes aux gens s’ils ont la mémoire courte. On semble oublier qu’à l’exception des deux dernières semaines, le meilleur partenaire de trio de KK, ces deux dernières années, a été Joel Armia, alias l’homme qui disparaît plus vite que son ombre. Ah, c’est vrai que le Finlandais a aussi joué avec Artturi Lehkonen! Deux grosses pointures! Malgré tout ça, Kotkaniemi est toujours parvenu à mettre quelques points au tableau.  

«Tu parles aussi du temps de glace de Suzuki. Vrai qu’il joue énormément. Explique-moi alors quelle est son excuse, actuellement, pour être invisible depuis 15 matchs? Pendant ce temps, Kotkaniemi commence à peine à avoir des responsabilités et on voit ce que ça donne. Chef d’orchestre de l’avantage numérique, gagne ses duels à un contre un, remporte ses mises en jeu... Que veut-on de plus?»

Jean-Charles Lajoie en a alors profité pour souligner le jeune âge de Kotkaniemi. Selon lui, il s’agit là d’une constante à ne pas négliger. 

«Il est un an plus jeune que Suzuki et il parvient à faire tout ce que tu viens de dire, Anthony. C’est providentiel! Un an de différence, ça ne paraît plus à 28 ans. Mais à 20 ans, c’est à prendre en considération.»

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Un manque d’implication à prendre en compte?    

Reconnaissant les récents bons moments de Kotkaniemi, Nicolas Cloutier a alors amené un point intéressant. 

«Kotkaniemi a plus d’expérience que Suzuki contre des adultes. Il a joué une saison complète en liiga et a déjà joué 143 matchs dans la LNH.»

Le journaliste a aussi souligné que Suzuki devait faire face, cette année, à la fameuse guigne de la deuxième année. 

«Il doit maintenant composer avec le fait que ses tendances sont maintenant connues de ses adversaires. Dans le cas de Kotkaniemi, sa deuxième saison, rappelons-le, avait été lamentable. De son côté, je trouve que dans l’ensemble, Suzuki s’en sort plutôt bien. 

«Et c’est faux de dire que parce qu’un joueur a plus de temps de glace il va produire davantage! Les minutes de Suzuki sont présentement beaucoup plus difficiles à jouer que celles de Kotkaniemi.»

Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

Cette dernière remarque est venue titiller Martineau. 

«Des minutes difficiles? Vraiment? Il joue, à l’inverse de KK, 18 minutes avec des partenaires de trio de qualité depuis je ne sais quand! C’est vraiment ça, pour toi, des minutes difficiles?»

Dans son élan, le journaliste a alors souligné qu’un aspect bien précis différenciait les deux joueurs, selon lui. 

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«La plus grande différence entre les deux, selon moi, c’est la capacité d’adaptation. Les principales lacunes de Kotkaniemi, en un confinement, sont devenues des forces. Suzuki, lui, a encore les mêmes difficultés qu’à son arrivée dans la LNH : son manque d’intensité par moments et son coup de patin.

«Ce qui me dérange, moi, c’est qu’on dirait que Suzuki n’est jamais dérangé par rien. Je veux le voir jouer avec plus de mordant! En bout de ligne, ce qui va départager les deux dans quelques années, c’est le désir de vaincre, l’implication dans les moments difficiles.»

Miser sur le sens du hockey   

Pour Cloutier, il est vrai que Kotkaniemi a de meilleurs attributs physiques que Suzuki. Cependant, le journaliste ne croit pas que c’est cet aspect du jeu qui dictera la suite des choses. 

«Kotkaniemi est en avance physiquement. Il a aussi un meilleur lancer. Mais moi, à la fin, je vais regarder le sens du jeu. Suzuki a tout simplement un meilleur processeur. Les deux ont Windows 10, mais Suzuki a la dernière mise à jour!»  

Martineau a alors contre-attaqué. 

«Une mise à jour, ça peut se faire à n’importe quel moment! On semble oublier que Kotkaniemi est présentement le 11e plus jeune joueur de la LNH! Je vais vous dire quelque chose, et prenez en considération que je me situe entre les deux. Jyrki Aho, l’ancien entraîneur de Kotkaniemi avec l’Assat, me disait qu’il voyait Kotkaniemi faire 100 points s’il était un jour jumelé avec des joueurs de qualité. 

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«100 points, je ne crois pas. Mais ce qui est flagrant, quand même, c’est que Kotkaniemi est nettement plus à l’aise depuis qu’il évolue avec de vrais joueurs offensifs (Toffoli, Drouin, Anderson...). Nic, je te pose la question à nouveau. Quelle est l’excuse de Suzuki depuis 15 matchs? Il joue 18 minutes par partie avec d’excellents joueurs et il est invisible!»

«Il n’a aucune excuse», a humblement lâché Cloutier. 

Jean-Charles Lajoie a senti le besoin d’intervenir. 

«Suzuki n’est pas invisible, selon moi. Oui, il provoque moins de choses sur la patinoire. Il est moins magique. Mais il a quand même une utilité, sinon il ne jouerait pas autant. Toutefois, je suis d’accord pour dire que si tu me demandes de choisir entre les deux ce soir, je prends Jesperi Kotkaniemi en premier, c’est certain! Mais peut-être que dans deux semaines, l’histoire sera bien différente. Moi, j’aime KK depuis le jour un. Quand tout le monde voyait un Bambi très fragile, moi je voyais vraiment un gros centre de puissance en devenir. Bon tir, gros bonhomme, et n’hésite pas à se salir le nez. Il me fait beaucoup penser à Barkov, des Panthers de la Floride.»

Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

Anthony Martineau est à ce moment revenu sur la façon dont le Finlandais du CH avait rapidement su corriger ses lacunes d'antan. 

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«On a demandé trois choses à Kotkaniemi depuis son arrivée dans la LNH. Améliorer son coup de patin et il l’a fait. Améliorer son jeu physique et il l’a aussi fait. Puis, on lui a demandé d’être meilleur dans son territoire et il y est aussi parvenu. D’ailleurs, il est présentement le deuxième meilleur centre du CH sur les mises en jeu et se situe à seulement 3% de Phillip Danault. À ce niveau-là, Suzuki connaît certaines difficultés cette saison.»

Le reporter a ensuite conclu en insistant sur l’immense chance, pour les Canadiens, de pouvoir compter sur deux joueurs comme Kotkaniemi et Suzuki. 

«Nous ne sommes pas là pour dénigrer aucun des deux, ce soir. Ce sont deux jeunes joueurs de centre prometteurs. Maintenant, à savoir lequel des deux va s’élever au-dessus de la mêlée, c’est très difficile à dire. Je vous ramène au repêchage de 2011. 

«Mathias Brunet a rédigé un papier très juste à ce sujet-là, il y a quelques mois. Huberdeau, après trois saisons, était loin d’être le plus dominant de sa cuvée. Pourtant, on voit ce qu’il accomplit aujourd’hui. En bout de ligne, KK et Suzuki ont tous les deux leurs forces. Reste à voir celui qui saura le mieux les utiliser...»

Le segment «Les recrues», impliquant Nicolas Cloutier et Anthony Martineau, sera de retour mercredi prochain, toujours à 17h15. 

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