Hockey Québec: Jocelyn Thibault veut un changement de ton

Philippe Asselin
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Introduit à titre de nouveau directeur général de Hockey Québec lundi, Jocelyn Thibault n’a pas présenté de solutions miracles pour freiner les baisses d’inscriptions, le manque criant d’arbitres ou les problèmes de gouvernance au sein de la fédération.
L’homme de 46 ans a toutefois identifié clairement sa priorité.
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«Je veux changer le ton du hockey mineur au Québec. Il faut changer l’élément folklorique et l’ambiance du hockey mineur», a-t-il clamé lors d’une conférence de presse tenue au Centre sportif Bell de Brossard.
S’il n’a pas encore établi comment il avait l’intention de faire cela, l’ancien gardien de la Ligue nationale de hockey (LNH) a affirmé que la première étape était de ne pas avoir peur d’en parler ouvertement.
«Si nous ne nous disons pas les vraies choses, ça ne changera pas. C’est la raison principale pour laquelle je me suis impliqué.»
«Je ne veux plus jamais qu’un arbitre ne se présente pas parce qu’il reçoit des bêtises ou qu’un entraîneur arrête de s’impliquer parce qu’il a reçu 14 000 courriels de bêtises. Il faut changer le ton immédiatement!»
Un gars d’équipe
Thibault sait très bien que ce changement de ton ne se fera pas du jour au lendemain. Il n’a d’ailleurs pas l’intention de mettre la charrue avant les bœufs.
«Je veux prendre le temps d’analyser, de comprendre et de mesurer l’ampleur des défis que nous avons devant nous», a-t-il dit.
Celui qui a porté les couleurs du Canadien de Montréal de décembre 1995 à novembre 1998 est aussi conscient qu’il n’arrivera pas à grand-chose en travaillant seul.
«Je suis un spécialiste des gardiens, pas de l’arbitrage ou du développement des joueurs. Nous avons des spécialistes et des gens à l’interne qui ont des expertises. Nous allons travailler en équipe. [...] Ce sera à moi de faire la coordination et de stimuler la réflexion.»
«Je suis un gars d’équipe, a renchéri Thibault. J’ai eu la chance de rencontrer ma nouvelle équipe aujourd’hui [lundi]. Je dois dire que je suis enchanté et très heureux d’avoir constaté le niveau de motivation de ces gens-là.»
Retrouver la fierté
Parlant des employés de Hockey Québec, ceux-ci ne l’ont pas eu facile dans les dernières années. Plusieurs ont quitté la fédération en évoquant un climat de travail toxique. Un processus de médiation a été instauré et le médiateur en chef du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Gilles Lachance, a produit un rapport où il soulève de nombreux éléments dysfonctionnels dans l’organisation.
«Nous allons tirer des leçons de ça, a affirmé le président du conseil d’administration de Hockey Québec, Yve Sigouin. Dans le rapport, il y a de bonnes choses et de mauvaises choses. Ce que nous voulons, c’est être meilleurs.»
Pour sa part, Thibault veut que ses nouveaux collègues soient fiers d’œuvrer au sein de l’organisation.
«Le fond des discussions que j’ai eues ce matin [lundi] est que je souhaite que travailler pour Hockey Québec soit un élément de fierté. Moi, je suis fier de m’impliquer auprès de la fédération, d’avoir une influence et un impact sur notre sport national.»
«Je suis un peu le leader de l’organisation, mais les idées ne viendront pas toutes de moi. Nous avons du bon personnel. Je veux qu’ils soient valorisés et qu’ils fassent partie de la solution.»
Quantité et qualité
Par ailleurs, Thibault ne croit pas que l’on doit sacrifier le nombre d’inscriptions au hockey mineur pour prioriser la qualité des hockeyeurs provenant de la Belle Province.
«Je veux plus de joueurs et je veux de meilleurs joueurs», a répondu le nouveau directeur général de Hockey Québec lorsque questionné à ce sujet.
«Depuis 12 ou 13 ans, nous sommes constamment en régression au niveau des inscriptions. Nous ne voulons plus voir ça et nous voulons que ça augmente. Par le fait même, nous aimerions placer plus de joueurs et de joueuses sur les équipes nationales et chez les professionnels. Un ne va pas sans l’autre.»
«C’est le grand paradoxe du sport. Si tu mets trop d'accent sur les objectifs, tu oublies le processus. Pour moi, le processus, c'est ce qui est le plus important. [...] Si nos programmes sont bons, nous aurons plus de chance d'amener les joueurs et joueuses sur les équipes nationales et ces choses-là.»
Thibault a aussi insisté sur l’importance de ne pas perdre un talent trop tôt dans son développement.
«Ce que je ne veux pas, c’est un joueur qui se fait couper du Pee-Wee AAA à 11 ou 12 ans qui pense que sa vie est finie.»
«Le hockey est un sport à développement tardif. [...] L’histoire nous dit qu’il y a beaucoup de joueurs qui jouent dans la LNH actuellement qui ne jouaient même pas dans le midget AAA à 15 ans. Il faut donc comprendre le message que ça envoie.»
«Est-ce qu'on spécialise nos joueurs trop vite? Probablement. Est-ce que notre sport est assez accessible du point de vue du temps et financièrement? Pourquoi y a-t-il moins de jeunes qui s'inscrivent? Il faut aller au fond de ces questions.»
C’est exactement ce qu’a l’intention de faire Thibault au cours des premiers mois de son mandat. Reste maintenant à savoir s’il trouvera des réponses.