Crédit : Photo d'Archives Ben Pelosse

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Un ancien gardien des Canadiens s'ouvre sur ses problèmes

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Aux prises avec une forme mineure de spina-bifida, soit une malformation vertébrale pouvant entraîner des problèmes moteurs, l’ancien gardien du Canadien de Montréal Mike Condon a vu son corps le laisser tomber peu à peu, le forçant à accrocher ses patins beaucoup trop tôt.

Sortant de l’anonymat par la grande porte en mettant la main sur le rôle de second avec le Tricolore à la surprise générale au terme du camp d’entraînement en 2015, Condon a vu beaucoup plus d’action que prévu en raison d’une blessure subie par Carey Price. 

Condon a présenté une fiche de 21-25-6, une moyenne de buts alloués de 2,71 et un taux d’efficacité de ,903 au cours de cette saison. Des chiffres qui ont contribué à convaincre les Sénateurs d’Ottawa de lui offrir un contrat de trois ans et de 7,2 millions $ au terme de la campagne suivante.

Mais à partir de la saison 2018-2019, Condon a commencé à voir ses performances chuter. Et peu importe le travail et les efforts qu’il faisait, la situation ne s’est jamais corrigée.

«Ma solution à la plupart des problèmes consistait à travailler plus dur, a-t-il expliqué au site The Athletic lors d’une entrevue publiée lundi. Parfois, moins, c’est plus, pourrait-on dire. Mais quand vous êtes en plein cœur de l’action et que votre formule pendant toute votre carrière était "pousse, pousse, pousse", à un moment donné, quelque chose se brise.»

Des séjours dans différentes équipes dans la Ligue américaine et l'ECHL lui ont permis de réaliser que son corps ne répondait plus à ses commandes. Se rendant à l’évidence, il a donc refusé quelques propositions afin de s’entraîner avec l’escouade de réserve de certaines équipes en 2020-2021. À seulement 30 ans, c’était terminé.

«J'étais frustré au début, a avoué Condon. Mais ensuite, comme je l'ai en quelque sorte accepté, je me suis senti soulagé. Je me sentais vraiment soulagé. Parce que je n'avais plus à me soucier de la performance. Je pouvais enfin me concentrer et m'inquiéter pour moi et ma santé.»

L’importance de la préparation 

Condon ne fait toutefois pas une croix sur le hockey. S’il s’intéresse à la psychologie sportive – il ne ferme pas la porte à un retour sur les bancs d’école –, il est actuellement entraîneur des gardiens avec les Huskies de l’université Northeastern, dans la NCAA. Il travaille notamment avec Devon Levi, le gardien de confiance du Canada au plus récent Championnat du monde de hockey junior, au cours duquel il a décroché une médaille d’argent en plus d’être nommé joueur par excellence du tournoi.

L’ancien de la Ligue nationale est très impliqué dans ce nouveau rôle, lui qui croit que la préparation fait foi de tout au hockey.

«Mon travail consiste à m'assurer que je leur propose un plan d'entraînement répondant à leurs besoins afin qu'ils n'aient pas à penser à ce qu'ils doivent faire, a-t-il expliqué. Ainsi, lorsque vous êtes [sur la glace pendant un match] et que vous regardez de l'autre côté de la patinoire, vous savez que vous avez travaillé plus fort que l'autre gardien. Avant même que la rondelle ne tombe, vous avez déjà gagné quelques batailles.»

«Les matchs sont gagnés et perdus avant d'être joués. Dans les entraînements, je pense. Dans les matchs, nous ne faisons que réagir.»