Jeux olympiques: la délégation israélienne est la bienvenue, affirme la France

AFP
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Le ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné a martelé, lundi, que la délégation israélienne était «la bienvenue en France», en réponse aux propos d'un député de gauche qui avait affirmé le contraire la veille et appelé à la «mobilisation» à quelques jours de la cérémonie d'ouverture.
«Je tenais à dire, au nom de la France, que la délégation israélienne est la bienvenue en France pour ces JO. J'aurai d'ailleurs l'occasion de le redire au gouvernement israélien», a lancé depuis Bruxelles Stéphane Séjourné à son arrivée à une réunion des chefs de la diplomatie des 27 pays membres de l'UE.
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Il réagissait aux propos tenus par le député LFI Thomas Portes à Paris, samedi, lors d'un rassemblement de soutien au peuple palestinien, à quelques jours de l'ouverture des compétitions et du match de football masculin qu'Israël disputera dès mercredi au Parc des Princes contre le Mali.
«Cible dans le dos»
«Non, la délégation israélienne n'est pas la bienvenue à Paris, avait dit cet élu de Seine-Saint-Denis. Les sportifs israéliens ne sont pas les bienvenus aux Jeux olympiques à Paris», avait-il poursuivi, appelant à utiliser «l'échéance» des JO et «tous les leviers pour créer des mobilisations».
Des propos «irresponsables et dangereux», a estimé le ministre français des Affaires étrangères, et ce, pendant que la France sort d'élections législatives où l'antisémitisme était devenu un thème clé de la campagne.
Dimanche soir, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait exprimé sur France 2 le «dégoût» que lui inspirait cette déclaration aux «relents d'antisémitisme», jugeant que le député mettait «une cible dans le dos des athlètes israéliens». La police française protégera 24 h/24 non seulement les 89 athlètes de la délégation israélienne, qui sont arrivés assez discrètement, mais aussi tous les responsables israéliens. Le président d'Israël, Isaac Herzog, sera à Paris pour l'ouverture vendredi.
Le président Emmanuel Macron a appelé de ses vœux une «trêve politique» dans un pays très fracturé, où est en place un gouvernement démissionnaire le temps qu'une majorité politique se dessine.
«Nous sommes prêts et nous serons prêts tout le long des Jeux», a-t-il assuré, en inaugurant le commissariat de police et la caserne des pompiers du village olympique.
Il a visité la résidence de l'équipe de France, dont la façade est aux couleurs bleu-blanc-rouge, s'entretenant avec le chef de mission de la délégation de l'équipe de France, l'ancien handballeur Jackson Richardson. À ses côtés, le président du comité d'organisation des JO, Tony Estanguet, David Lappartient, le président du comité olympique français, ainsi que la ministre des Sports et des JO, Amélie Oudea-Castéra.
«C'est bon, tout le monde a la rage? Le moral est bon?», a lancé le chef de l'État au rugbyman Antoine Dupont, l'un des premiers Français à débuter les JO dès mercredi, avant de déjeuner avec plusieurs athlètes, dont le plongeur Alexis Jandard, passé à la postérité après un plongeon loupé lors de l'inauguration du Centre aquatique olympique à Saint-Denis.
Ouvert jeudi, le village se remplit petit à petit et compte déjà quelque 4400 occupants. Une partie de la trentaine de sportifs russes et biélorusses qui concourront sous bannière neutre sont déjà arrivés, a fait savoir dimanche le comité d'organisation des Jeux olympiques (COJO).
Au programme présidentiel aussi lundi: une réception à l'Élysée pour les journalistes étrangers ainsi que l'ouverture de la session du Comité international olympique (CIO) à la fondation Louis-Vuitton. Le CIO doit dans les jours suivants se décider sur le dossier des JO d'hiver 2030 préattribués à la France, un dossier percuté par la dissolution et la crise politique.
«Sérénité»
Pendant ce temps-là, les préparatifs de la cérémonie d'ouverture sur la Seine se poursuivent, comme le déminage des bateaux qui paraderont vendredi soir. Le soleil et les prévisions météo des derniers jours ont décrispé les organisateurs, qui se prenaient la tête entre les mains en juin devant la pluie. On ne pouvait alors pas se baigner dans l'eau de la Seine et le débit du fleuve avait monté à des pics inhabituels.
«Tous les indicateurs sont au vert en ce qui concerne la Seine, a rassuré Tony Estanguet dimanche. Toutes les délégations veulent défiler.» Plusieurs milliers d'athlètes sont attendus pour la parade, à l'exception des sportifs russes et biélorusses, qui eux n'ont pas le droit de défiler.