Jérémy Lauzon a toujours eu l'ADN des Bruins

Louis Jean
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C'est le cas de le dire, les dernières semaines ont été plutôt mouvementées pour André Ruel.
D’abord, l’ancien entraîneur-chef dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec devenu agent de joueurs a vu son dauphin Pierre-Luc Dubois être impliqué dans une transaction majeure. Au cours de la dernière semaine, plusieurs hockeyeurs qu’il représente ont commencé à faire leur marque dans la Ligue nationale. Une source de fierté pour le natif de Drummondville. Mais avant de parler de la performance de certains de ses clients, un sujet qui lui tient à cœur, parlons du développement à long terme de ses joueurs.
Voyez l'entrevue d'André Ruel dans la vidéo ci-dessus.
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Statut des joueurs juniors
Selon la convention collective, les joueurs issus de la Ligue canadienne de hockey, ont deux ans pour s’entendre avec l’équipe qui a décidé de les repêcher. Depuis quelques années, il a été beaucoup question de prolonger cette période d’admissibilité. En période de pandémie, les équipes devront prendre des décisions difficiles de soit prolonger ou couper les ponts avec certains espoirs ayant peu d’informations sur leur jeu ou progression dans la dernière année. Ruel croit qu’il pourrait être bénéfique pour les joueurs de la LCH d'avoir une année de plus avant de signer un contrat professionnel.
«Je suis complètement d’accord avec ça. À chaque année, il y a des joueurs de 18-19 ans qui font le saut dans la Ligue nationale, mais en général les gars atteignent la LNH à 22-23 ans. C’est un sport de développement à long terme. Il y a beaucoup de joueurs des collèges américains qui jouent dans la LNH et aussi des Européens. Ils ont joué dans les ligues professionnelles en Suède, Finlande, Russie ou même en Allemagne. Dans les rangs juniors, on est obligé de les signer après deux ans. Ça laisse donc très peu de temps.»
«Il faut avoir un plan de développement avec tous nos joueurs. Ils sont tous différents. C’est très difficile d’atteindre la LNH et d’y rester. Ça prend de la maturité au niveau mental, mais aussi au niveau du jeu.»
Une semaine magique
La semaine dernière a été forte en rebondissements. Ruel regardait avec attention le match de mercredi entre les Rangers de New York et les Bruins de Boston. D’un côté, il y avait Jérémy Lauzon et de l’autre, Julien Gauthier.
Dans ce match, Gauthier a marqué le premier but de sa carrière.
«Dans le cas de Julien, le fait qu’il aille changé d’organisation lui donne un peu plus de temps. Les Rangers sont dans une phase de reconstruction et ils sont plus patients avec leurs jeunes joueurs. C’est ce qui est arrivé avec Julien et ça lui a donné l’occasion de marquer son premier but.»
La progression de Lauzon impressionne particulièrement Ruel. À la surprise générale, les Bruins l’ont sélectionné en deuxième ronde en 2015 sans même lui avoir parlé avant coup.
«Le directeur général Don Sweeney m’a dit que les Bruins recherchaient des gars comme lui. Il disait qu’il le regardait jouer, et qu’il jouait comme un vrai joueur des Bruins. Il ne veut pas qu’il change et qu’il continue de s’améliorer défensivement, tout en jouant de façon physique. Il voulait même qu’il devienne le dauphin de Chara!»
Il était clair très tôt que Boston avait un plan bien précis pour le natif de Val-d’Or. Ils l’ont suivi à la lettre.
«Lors d’une discussion, il y a environ deux ans, Sweeney m’a dit que Jeremy était capable de jouer pour les Bruins. La seule affaire, c’est qu’il était souvent blessé et qu’il s’absentait longtemps. Le plan était que peu importe le camp qu’il allait connaître, Jérémy allait commencer la saison à Providence dans la Ligue américaine. S’il n’a pas de blessure et qu’il joue à la façon des Bruins, il va obtenir sa chance aux fêtes, indépendamment de ce qui va arriver.»
«J’ai dit ça à Jérémy et je lui ai dit de faire attention pour ne pas se blesser. Il m’a dit qu’il jouait seulement d’une façon et qu’il n’allait pas changer son style de jeu. Deux semaines avant les fêtes, Jérémy m’a demandé si j’avais eu des nouvelles. Je lui ai répondu non.»
Sweeney un homme de parole
Tel que promis, Sweeney a procédé au rappel de Jeremy.
«C’est là que j’ai reçu un coup de fil de Sweeney. Il m’a demandé de faire le message à Jérémy. Il ne venait pas pour remplacer un blessé, il venait pour un poste.»
Pendant la saison morte, le directeur général des Bruins savait qu’il y avait de fortes chances que Zdeno Chara quitte. Sans prétendre que Lauzon pourrait le remplacer, il croyait que l’arrière québécois était mur pour un plus grand rôle avec Boston. Tout cela s’est confirmé dès le premier jour du camp d’entraînement.
«Jerémy s’attendait à jouer sur le deuxième ou troisième duo. Dès le premier entraînement, il était jumelé à Charlie McAvoy. Le message était assez clair.»
Tout cela fut rendu possible en raison du plan qu’avait établi Sweeney plusieurs années auparavant. Ce que les Bruins aimaient particulièrement lorsqu’ils ont commencé à épier Lauzon, c’était son esprit de compétition, sa détermination et sa «toughness». Vendredi dernier, Lauzon a jeté les gants contre Pavel Buchnevich des Rangers.
«Après le combat, il y a toujours un joueur qui apporte les gants. C’est le capitaine, Patrice Bergeron, qui lui a apporté. Il lui a dit qu’il avait bien fait et de continuer comme ça.»
Une recrue s’impose à Chicago
La dernière année a été plutôt difficile pour le défenseur Nicolas Beaudin. Les Blackhawks connaissaient son potentiel offensif, mais ils lui ont demandé de travailler davantage sur son jeu défensif.
«Je le voyais à Drummondville. À ce moment-là, j’avais Sam Girard. J’ai dit à Dominic Ricard, l’ancien directeur général des Voltigeurs, qu’il n’était pas loin de Girard. La façon qu’il patinait, son intelligence et ainsi de suite.»
Ça prend toutefois beaucoup plus que du talent pour s'établir dans le circuit Bettman et Beaudin l'a appris la saison dernière.
«Il en a eu de l'adversité. Il a passé la saison à Rockford et il ne jouait pas sur l'avantage numérique. On voulait lui confier des missions défensives. C'est un gaucher et on le faisait jouer à droite, mais je lui disais que c'était parce qu'ils avaient un plan pour lui. Aux fêtes, il est revenu au Québec et on a jasé avec. Il est retourné là-bas et ils m'ont dit qu'ils ont vu un changement dans son attitude. Il était beaucoup plus mature.»
Le plan pour Samuel Morin
Chaque joueur a un parcours unique et singulier. Samuel Morin, des Flyers de Philadelphie, en est un bon exemple. Souvent blessé depuis le début de sa carrière, Morin a été transformé en attaquant lors du camp d’entraînement.
«Ils ont pris comme modèle Matt Martin des Islanders . Daniel Brière et Ian Laperrière sont avec les Flyers. Je leur ai demandé s’ils pouvaient travailler avec lui. Ils lui ont donné des informations pour l’aider à avoir des points de repères. Le plan était de l’envoyer dans la Ligue américaine, mais Daniel a convaincu Alain de lui donner au moins un match dans la LNH. Ils ont vu qu’il était capable de jouer là. Ils vont lui donner de l’expérience dans la LAH.»