«Je suis téméraire, je ne suis pas suicidaire, et je ne suis pas méchant»: Guillaume Lemay-Thivierge brise le silence aux côtés de Stéphan Bureau


Guillaume Picard
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Guillaume Lemay-Thivierge refait surface 18 mois après avoir perdu tous ses «boulots» à la suite d’une blague à connotation raciste.
En entrevue à l’émission Une époque formidable, épisode qui sera diffusé ce mercredi à Télé-Québec – on peut déjà le regarder en ligne –, le comédien et animateur qui a été «condamné» pour avoir fait une blague avec le «mot en n» dans une vidéo a dit avoir beaucoup cheminé.
Dans sa vidéo de mars 2024, qui a fait couler beaucoup d’encre, Guillaume Lemay-Thivierge disait: «Des fois la vie, là, c’est aussi de travailler, travailler fort. Il y a une expression qui résume très bien, c’est de dire: “J’ai un gros boulot”...», ce qui pouvait rappeler l’expression honnie «Travailler comme un...» parce que l’inscription du «mot en n» se trouvait sur l’arbre.

Celui à qui TVA a enlevé l’animation de l’émission la plus regardée au Canada, Chanteurs masqués, a «tout perdu».
«J’ai tout perdu parce que j’étais à côté d’un bouleau et je faisais un jeu de mots avec le travail, qu’on peut imaginer “travailler comme un...” Évidemment que je me mets dans la peau des gens qui reçoivent ça, surtout les gens de la communauté, qui font: “C’est un mot qui nous a tellement fait mal, blessés, depuis tellement d’années, comment ça se fait que Guillaume ose utiliser ce mot-là et faire une blague là-dessus?” Je comprends très bien la peine, la douleur et l’inconfort que les gens ont reçus par rapport à ça», a dit Guillaume Lemay-Thivierge, qui n’a pas caché avoir souffert après avoir été «cancellé».

«J’ai carrément perdu le goût de la vie parce que je me suis dit: “Comment je vais faire pour me relever de cette épreuve-là?”. Ça peut être de l’autosabotage inconscient, je ne sais pas comment l’expliquer ce qui s’est passé, mais chose certaine je me suis sorti moi-même de mon propre milieu», a-t-il poursuivi.
«Je suis téméraire, je ne suis pas suicidaire, et je ne suis pas méchant», a enchaîné l’invité, qu’on a peu revu depuis mars 2024.
«Penses-tu que je n’ai pas fait le calcul mental que ce serait beaucoup plus simple pour moi de demander pardon pour avoir fait une mauvaise blague? Je me suis retrouvé en boule chez moi, de la misère à respirer, à avoir des idées noires, à penser même au suicide par moments. Penses-tu que je n’aurais pas fait: “Hé là, je vais le dire que j’ai fait une blague conne, je vais avouer mon tort et ça va être réglé”. Mais je ne suis pas capable de me mentir à moi-même.»
Il maintient donc qu’il ne savait pas que le «mot en n» était gravé sur le bouleau ayant servi à faire sa vidéo, ce à quoi Stéphan Bureau a rétorqué qu’il ne le croyait pas.
«Chaque fois que je mets une vidéo en ligne, je vois l’image, je sais ce qui se passe, à moins d’être dans un état second», a dit M. Bureau, qui affirme qu’il est «improbable» que Guillaume Lemay-Thivierge soit tombé sur cet arbre par hasard et n’ait pas vu l’inscription du «mot en n» qui s’y trouvait, tant lors du tournage que de la mise en ligne de la vidéo.

Sa mise au ban, Guillaume Lemay-Thivierge croit qu’elle est aussi attribuable à sa sortie contre les vaccins contre la COVID-19 pendant la pandémie et à son stunt en plein Gala des prix Gémeaux de 2022, où il avait interrompu la remise de prix en faisant un discours décousu et confus.
«La raison pour laquelle je me suis retrouvé complètement hors circuit de mon milieu, d’où je gagne ma vie, c’est qu’il y a eu trois prises. Il faut retourner à l’époque des vaccins, il faut ensuite se souvenir d’un moment où je suis monté sur scène aux Gémeaux, que j’ai interrompus, et finalement est arrivée cette vidéo-là. Je vais d’abord reconnaître mon tort d’avoir envoyé cette vidéo-là, et ma maladresse. Comme on dit, j’ai merdé.»
Malgré la violence de l’annulation – il était dans l’œil du public depuis 40 ans – et bien qu’il ait placé sa famille dans une situation très inconfortable, Guillaume Lemay-Thivierge parle d’une «expérience extrêmement positive».
«Je vais de mieux en mieux, je me reconstruis d’une façon humaine, d’une façon intérieure, beaucoup plus solide que j’étais avant. Si je suis ici aujourd’hui, c’est particulièrement grâce aux gens qui m’ont pris dans leurs bras, qui m’ont regardé dans les yeux, qui ont dit “on t’aime, on veut que tu reviennes”. Bref j’ai reçu beaucoup d’amour du public et je veux les remercier énormément.»
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