«Je suis à la veille d’avoir un bac médical en plus de mon bac de compost»: ils ne se sentent plus en sécurité dans le Quartier chinois


Anouk Lebel
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Seringues, excréments humains, gens intoxiqués et agressifs: des résidents et commerçants du Quartier chinois de Montréal ne se sentent plus en sécurité.
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«Je suis à la veille d’avoir un bac médical en plus de mon bac de compost. Je n’ai pas le choix, des seringues, il y en a tellement souvent devant chez moi», ironise Philippe Chiu.
Le père d’une petite fille de 5 ans habite près du Complexe Guy-Favreau, dans l’arrondissement de Ville-Marie depuis 10 ans et à Montréal depuis un quart de siècle.
Il songe maintenant à quitter la métropole en raison des problèmes de toxicomanie et de drogue qui persistent depuis le début de la pandémie.

«Je ne suis pas capable de marcher jusqu’au CPE sans voir un vendeur de drogue, un toxicomane, une seringue par terre, quelqu’un qui fait pipi ou caca par terre», dit-il, découragé.
De pis en pis
«C’est de pis en pis», lance Hong Pham, propriétaire d’un magasin de banh mis qui a pignon sur rue sur le boulevard Saint-Laurent depuis près de 30 ans.
«Il se passe toutes sortes de choses en arrière, des couples qui font des choses. Il y avait un homme tellement saoul qu’il était complètement nu, en plein jour», soupire-t-il.
L’an dernier, quelqu’un a réussi à entrer par infraction dans le commerce malgré les barreaux dans la porte, lançant une roche dans la petite fenêtre au-dessus.

«Les gens sont tellement désespérés d’avoir de l’argent pour de la drogue qu’ils sont prêts à escalader une fenêtre de 14 pouces», s’étonne-t-il.
Un peu plus loin, un itinérant est couché dans l’entrée d’un commerce. D’autres ont installé leur campement près du Complexe Guy-Favreau, sur un terrain vague près de l’arche de la rue Saint-Laurent.
Quatre commerçants et résidents à qui Le Journal a parlé affirment trouver des excréments humains derrière leur établissement.
Cohabitation difficile
Le CPE Le Petit Palais a fait la manchette ces derniers temps à la suite d’un dossier de La Presse sur la cohabitation difficile entre les itinérants et les enfants des quartiers centraux.

Jeudi midi, le groupe des 4-5 ans fait une rare promenade, escorté par un policier.
«On aimerait respecter notre programme éducatif et aller se promener autour, mais ce n’est plus possible», lâche la directrice Sylvie Chabot, qui demande à ce que son établissement soit relocalisé.
Le Centre de recherche-action sur les relations raciales lançait l’opération Dragon d’or pour encourager les citoyens à dénoncer la criminalité dans le quartier.
Le poste de quartier 21 a par ailleurs augmenté la présence policière dans le secteur depuis quelques mois.
«On travaille vraiment fort», a souligné la commandante Kristina Balogh.
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