L’incurie des autorités fait fuir les familles du centre-ville

Yasmine Abdelfadel
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Installer un centre d’injection supervisé adjacent à une école, faire appel à l’escorte policière pour la promenade quotidienne des enfants des CPE afin d’assurer leur sécurité et accepter que des personnes en situation d’itinérance et complètement intoxiquées jonchent les rues du centre-ville dans l’indifférence la plus totale, ce ne sont pas des anecdotes, mais plutôt les symptômes d’une gouvernance en perdition.
Contradiction
Je dénonce souvent l’incohérence de nos politiques publiques. Voici un autre exemple: la Loi encadrant le cannabis impose un minimum de 250 mètres entre une succursale de la SQDC et un établissement d’enseignement, qu’il soit primaire, secondaire, collégial ou universitaire. Cela va de soi. On ne peut pas vendre du cannabis à proximité d’un lieu qui rassemble des jeunes.
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Alors pourquoi permet-on l’installation d’un site d’injection et d’inhalation supervisé à 100 mètres d’une cour d’école primaire ? Quelle est la logique, la réflexion sous-jacente? Inhaler et s’injecter seraient moins grave que d’acheter du cannabis? Imaginez, le site d’injection en question n’aurait pas pu être une SQDC selon la loi! Acheter du cannabis, non, fumer du crack, oui. Acheter des jujubes au cannabis, non, se shooter aux opioïdes, pas de problèmes. On impose donc à nos enfants et aux résidents qu’une faune intoxiquée, parfois souffrant de troubles mentaux et ayant un comportement erratique, s’approprie un voisinage autrefois paisible, et ce, contre toute logique.
Nos autorités publiques parlent des deux côtés de la bouche. Aujourd’hui, le ministre Carmant nous apprend que la Maison Benoît Labre a peut-être ouvert trop rapidement et que «la cohabitation aurait dû être mieux préparée». Ah bon? N’est-ce pas votre responsabilité, Dr Carmant, de vous en assurer?

Les CPE aussi!
Il en va de même pour les petits bouts de choux qui marchent sous escorte policière. La ministre de la Famille nous dit qu’on pourrait relocaliser le CPE, déraciner les enfants et leurs familles pour répondre à la situation. Un autre aveu d’échec de la politique gouvernementale de lutte contre l’itinérance et la toxicomanie. Ce sont les enfants qui doivent fuir, les familles qui doivent s’adapter. Le centre-ville n’appartient plus aux citoyens et aux familles. Fuyez, vous n’êtes pas les bienvenues.