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Itinérants près des écoles: «Les enfants voient des personnes uriner», dénonce un père

Agence QMI

2024-05-29T18:48:50Z

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Un père de famille dont l’enfant est scolarisé près de la Maison pour itinérants Benoît Labre dénonce les images choquantes auxquelles les élèves de l’école Victor-Rousselot à Montréal sont confrontés tous les jours. 

• À lire aussi: Maison Benoît-Labre: la situation est pire que jamais près du centre d’injection et d’inhalation supervisé

«Les enfants voient des personnes uriner en face d’eux, les enfants voient [...] une dame qui faisait une danse, qui ressemblait à une danse du poteau, en brassière», a détaillé Jean-François Gauvin à l’émission de Mario Dumont.

«Il y a des bagarres, il y a des engueulades tous les jours, des campements, il y a des personnes qui font des excréments à côté de la cour [...]. Il y a eu aussi des scènes de sexe en pleine journée», a-t-il continué.

Si des périodes d’accalmie ont été observées après des reportages diffusés par les médias, la situation est problématique pour M. Gauvin.

Selon lui, certains enfants ont même rapporté avoir vu un itinérant avec une seringue dans la jambe. Des individus seraient constamment intoxiqués, et ce dès 8 h du matin, a raconté M. Gauvin.

«Depuis le début, on dit que c’est bien mieux qu’ils fassent ça à l’intérieur [du site d’injection], mais le problème c’est qu’ils font ça autant à l’intérieur qu’à l’extérieur», a-t-il déploré.

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«Besoins extrêmes»

De son côté, la porte-parole du Mouvement pour mettre fin à l’itinérance, Julie Grenier, dit comprendre la réaction des parents, mais rappelle le manque criant de lieux et de ressources.

«On a des besoins extrêmes en ce moment et on a besoin de ces ressources-là. [...] le phénomène de la cohabitation est ultradélicat et on ne peut pas blâmer les citoyens et les parents de s’inquiéter», a-t-elle déclaré en entrevue.

Selon elle, «si on est aussi mal pris, c’est parce qu’il faut avant tout des logements» pour loger les itinérants et éviter que Montréal ne devienne «un camping à ciel ouvert» avec «des situations que [personne] ne souhaite».

«On est confronté au fait de devoir trouver des solutions, de devoir aider les gens et d’avoir une pénurie, souvent, de lieux», a-t-elle déploré.

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Plusieurs versions

Si la situation est difficile pour les parents et les résidents, elle était prévisible, a affirmé Jean-François Gauvin qui estime qu’il n’y a pas de solution miracle.

«C’est effectivement complexe comme problème parce qu’on sait qu’il y a des problèmes d’itinérance, de drogue et tout ça. Le problème est que le projet a été mal ficelé dès le début. C’était supposé être un centre de réhabilitation, du moins officiellement», a-t-il expliqué.

M. Gauvin a également déploré que les élus, le gouvernement et la Maison ne cessent de se renvoyer la balle.

«Au conseil d’arrondissement où je me suis pointé au mois de septembre, Benoît Doré et Craig Sauvé le conseiller, ont bien dit qu’ils étaient au courant depuis le début qu’il y allait avoir un volet drogue, mais qu’ils pouvaient juste pas le dire en public, parce qu’ils n’avaient pas encore les autorisations, mais là ils ont changé de version», a-t-il continué.

Selon lui, au mois de septembre lors d’une rencontre entre parents et résidents, Mylène Drouin avait avoué qu’au moment d’accepter le volet drogue et inhalation, les enfants n’avaient pas été pris en considération, ni l’anxiété qui accompagne. 

Interrogé à son arrivée à l’Assemblée nationale mercredi, le ministre des Services sociaux Lionel Carmant a avoué que «ça aurait dû être mieux préparé, mieux travaillé, je l’ai dit plusieurs fois, la cohabitation, ça se travaille en amont».

Selon M. Carmant, le choix des sites est du ressort des villes, alors que le gouvernement s’occupe d’offrir le service.

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