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Jacques Dussault va mieux même s’il est «sur le gros nerf» à cause d’un cancer

Jacques Dussault a été admis au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec, le lundi 28 octobre 2024, à Montréal.
Jacques Dussault a été admis au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec, le lundi 28 octobre 2024, à Montréal. Photo Pierre-Paul Poulin
Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2024-10-31T19:11:32Z

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Il ne veut pas passer pour quelqu’un qui se plaint, néanmoins, Jacques Dussault se croise les doigts afin d’être débarrassé de ce cancer des amygdales qui l’a grandement affaibli.

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«C’est une maladie qui ne lâche pas, mais ça va beaucoup mieux. Si tu m’avais vu il y a un an, je ne serais même pas ici. J’ai perdu 50-60 lb», a indiqué au Journal l’ancien entraîneur de football plus tôt cette semaine lors de son intronisation au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec.

Même si les traitements sont terminés, ça n’a pas été une faufilade facile pour un touché. La chimio a provoqué des chutes et même une paralysie.

«[Les médecins] ont dit: “On va arrêter ça, on est en train de vous tuer”. J’ai répondu que c’est une bonne affaire!» a-t-il raconté avec le sens de l’humour qu’on lui connaît.

Puis, il y a eu la radiothérapie, les effets secondaires, une hémorragie à la suite d’une opération et un nerf du cou sectionné.

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«J’ai des suivis tous les trois mois, mais chaque fois que j’y vais, je suis sur le gros nerf.»

Se relevant tranquillement de ce cancer, «Le Coach» a recommencé à s’entraîner «comme un homme de 74 ans peut le faire» et parce que «ce n’est pas dans [ses] gènes de lâcher».

Jacques Dussault lors du camp d'entraînement des Carabins de l'Université de Montréal en 2004.
Jacques Dussault lors du camp d'entraînement des Carabins de l'Université de Montréal en 2004. Photo d'archives, JMTL

Mal à l’aise

Dussault se tenait debout, droit, au Club de Golf Métropolitain Anjou de Montréal, afin d’être immortalisé à titre de bâtisseur. L’ancien instructeur, notamment des Alouettes, d’équipes scolaires, provinciales, ainsi que d’autres en France, mérite cet honneur.

Toutefois, il n’est pas à l’aise avec ce genre d’honneur. Il a eu le même sentiment quand il a été le premier francophone du pays admis au Temple du football canadien l’an dernier.

«J’ai beaucoup de difficulté avec ça. Je me demande tout le temps ce que je fais là», a admis Dussault.

Bien qu’il préférerait être dans un petit bar plutôt que dans une grande salle de gala, le premier entraîneur de la seconde mouture des Carabins de l’Université de Montréal n’est pas prétentieux et est reconnaissant.

«On dirait qu’en vieillissant, on les prend plus, les compliments.»

Jacques Dussault a également travaillé à la radio et à la télévision comme analyste de football.
Jacques Dussault a également travaillé à la radio et à la télévision comme analyste de football. Photo d'archives, Le Journal

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Anglais rudimentaire

Originaire de Québec, Jacques Dussault s’est frayé un chemin dans un monde anglophone malgré une faible maîtrise de la langue de Shakespeare plus jeune. Passionné, il a rapidement pris son rôle de pionnier à cœur.

«Un francophone au milieu de l’Ohio, d’Albany ou à McGill en 1973, ce n’était pas un gros avantage, pas plus qu’avec les Alouettes ou les Concordes dans les années 1980», a reconnu l’ex-analyste dans les médias.

«J’étais le premier et même si on usait de plusieurs astuces pour me mettre à la porte, je ne pouvais pas lâcher. Je ne voulais pas qu’on se dise: “Non, on en a déjà eu un qui parlait drôle et on l’a mis dehors”», a-t-il ajouté, affirmant avoir été mieux traité aux États-Unis qu’au Canada anglais.

«On se demandait si les joueurs allaient me comprendre, alors que ça faisait cinq ans que je coachais avec les Alouettes!»

Photo d'archives, Le Journal
Photo d'archives, Le Journal

Racisme

Son insouciance l’a aidé à relever le défi de la Machine, un club formé de nombreux athlètes issus de la NFL.

«Après avoir eu des coachs comme Pete Carroll, ils se demandaient qui j’étais!» a rigolé Dussault, qui a su rassembler sa troupe quand l’affaire Rodney King, un Afro-Américain violenté par des policiers à Los Angeles, a éclaté en 1991.

«Dans le vestiaire, les Noirs avaient mis du ruban gommé pour ne pas que les Blancs aillent d’un côté. La plupart de mes joueurs blancs venaient de la Californie et ils étaient au téléphone avec les femmes pour qu’elles ne sortent pas de la maison à cause des émeutes. Il y avait une grande tension», a relaté Dussault, dont la mémoire n’a nullement été affectée par le cancer.

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