Il tente de percer l’alignement des Capitales en étant dans l’administration de l’équipe
Mathieu Sirois vit son rêve en double


Stéphane Cadorette
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S’il y a un joueur qui ne craint pas les heures supplémentaires chez les Capitales, c’est bien Mathieu Sirois. Non seulement l’athlète de Québec tente de percer l’alignement, mais il occupe aussi le poste de coordonnateur aux opérations baseball dans les bureaux de l’équipe.
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En 25 ans d’histoire chez les Capitales, c’est un double emploi plutôt inusité.
En 2011, Mathieu Vallières effectuait un stage dans les bureaux des Capitales en plus de prendre part à 20 parties.
Sinon, nul autre que Michel Laplante, dans les débuts de l’équipe en 1999, besognait dans l’organisation en plus d’être l’as de la rotation de lanceurs.
Sirois, qui a fait sa marque chez les Diamants de Québec, a évolué en 2022 et 2023 à l’Université Bellevue, au Nebraska. Il ne lui reste que deux cours à distance à compléter pour décrocher son diplôme en administration du sport.
«Idéalement, je fais l’équipe ET je suis dans l’administration. Je me dis que si j’ai cette occasion au camp d’entraînement, c’est que j’ai vraiment une chance. Je dis toujours: “On verra bien ce qui arrivera.” J’aimerais vraiment marier les deux jobs cet été», a-t-il lancé lors d’un entretien au parc Henri-Casault, où les Capitales préparent leur saison.
Le nez dans la paperasse
En juillet dernier, Sirois se joignait aux Capitales l’instant de deux petites apparitions au bâton. Il avait, à cette occasion, fait part à l’organisation de son intérêt à s’impliquer au sein de l’administration.
Le voilà donc coordonnateur aux opérations baseball et véritable touche-à-tout.
«Mon travail m’amène à m’occuper des contrats, des permis de travail, de l’hébergement, des signatures, des échanges, de la communication avec la ligue», a-t-il énuméré.
«Sans être impliqué dans les décisions baseball, on pourrait dire, non officiellement, que c’est un peu comme un rôle d’assistant au directeur général», a-t-il complété.
Bien dans le groupe de joueurs
C’est donc dire que Sirois a contacté, dans les derniers mois, plusieurs de ses actuels coéquipiers par rapport à des questions contractuelles. Depuis que le camp est amorcé, la question qui lui a été le plus souvent posée est sans doute: «Ah, tu joues aussi au baseball?»
«Ça a créé quelques situations un peu cocasses, mais vraiment aucune tension», a-t-il rigolé.
Sur le terrain, le joueur de 24 ans n’a rien d’un imposteur. De 2019 à 2021, avec les Diamants, il a présenté des moyennes au bâton de ,408, ,403 et ,424.
«Côté baseball, je veux aussi aider l’équipe en jouant sur le terrain. Je suis content d’avoir l’occasion de voir jusqu’où ça peut aller les deux rôles en même temps. Pour moi, ce n’est pas un rêve qui remplace l’autre, c’est un et l’autre en même temps», a-t-il dit.
Joueur et entraîneur dans le baseball indépendant, c’est arrivé souvent. Joueur et membre de l’administration, ce serait un phénomène unique.
Ne reste plus à Mathieu Sirois qu’à passer des lunettes de Clark Kent dans les bureaux à la cape de Superman quand il saute sur le terrain.
Un «vrai cerveau» pour les Capitales

Que Mathieu Sirois finisse dans les bureaux des Capitales ou à la fois dans les bureaux et sur le terrain, l’organisation se réjouit à l’idée de miser sur sa contribution.
«C’est un vrai cerveau Mathieu», se réjouit le vice-président de l’équipe, Charles Demers, qui travaille au quotidien avec lui dans les locaux administratifs au Stade Canac.
«Pour moi, il est un véritable actif dans nos bureaux et tant mieux si ça devient le cas sur le terrain aussi. Il a vraiment réussi une belle intégration et on l’implique dans plusieurs facettes, dont nos brainstorms du jeudi, où on brasse toutes sortes d’idées», ajoute-t-il.
Demers est le premier qui souhaite à Sirois de vivre à fond le double défi de joueur et administrateur.
Il y a lui-même goûté du bout des lèvres en 2017, lorsqu’il occupait les mêmes fonctions que Sirois occupe actuellement, au cercle fermé des joueurs professionnels. Le tout a duré le moment d’une seule présence au bâton, mais quand même...
«Je n’oserai jamais me comparer à lui en termes d’expérience de baseball, ce serait hautain! Par respect pour les joueurs, je ne me suis jamais vanté de cette présence au bâton, même s’il nous arrive de la ressortir en riant», s’amuse Demers.
Une véritable opportunité
Ce dernier assure que son collègue de 24 ans peut vraiment surprendre.
«Il sort du baseball junior et on voulait vraiment l’essayer l’an passé, mais il n’a jamais pu avoir vraiment sa chance. Il y avait vraiment peu de place. On se doit cette fois-ci de lui donner une chance», constate-t-il.
Quoi qu’il advienne du rêve de Sirois sur le terrain, son avenir semble assuré aux opérations baseball.
«Il fait l’envie de plusieurs joueurs qui se retrouvent avec des options limitées après leur carrière d’athlète. Lui, il a l’occasion de vivre le meilleur des deux mondes», résume Demers.