Ryo Kohigashi, la trouvaille japonaise des Capitales


Stéphane Cadorette
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Ryo Kohigashi ne baragouine que quelques mots d’anglais ici et là, mais à ses premiers pas avec les Capitales au camp d’entraînement, le lanceur japonais maîtrise déjà deux langues universelles pour s’intégrer rapidement: les termes de baseball et un sourire contagieux.
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L’histoire abracadabrante de Kohigashi et de son compatriote Chikara Igami avait été racontée en détail dans nos pages l’été dernier.
Les deux joueurs nippons, dans l’espoir de «graduer» dans le baseball professionnel en Amérique du Nord, ont décidé de faire le saut avec le Brock de Drummondville, dans la Ligue de baseball majeur du Québec.
Igami a, depuis, pris la route de la France, où il s’aligne avec les Huskies de Rouen, tandis que Kohigashi obtient une opportunité à Québec.
Par un après-midi ensoleillé au parc Henri-Casault de Charlesbourg, le petit artilleur de 5 pi 7 po et 170 livres avait le sourire gravé au visage pendant les deux heures sur le terrain au camp d’entraînement.
«Il est très souriant, il a l’air d’être apprécié. C’est sûr qu’il parle très peu et ça doit être long par moments, mais il a du fun. Il répond souvent oui, même à des questions où ça n’a aucun rapport de répondre oui», s’est amusé le gérant Patrick Scalabrini en nous parlant de son gaucher.
«Il nous comprend mieux qu’on pense, selon son cochambreur... mais je ne me souviens plus qui est son cochambreur», a-t-il pris soin d’ajouter avec un grandiose souci du détail.
De vrais beaux chiffres
À ceux qui pourraient en douter, Scalabrini jure qu’il croit vraiment en lui.
Même si le baseball senior n’est pas le calibre le plus redoutable au monde, Kohigashi a tout de même épaté avec 106 retraits au bâton en 54 manches de travail à Drummondville.
«Il peut se battre pour le poste de cinquième partant. Il a été le meilleur partant dans la Ligue senior l’an passé. Je respecte ça, un gars qui met l’effort. Cette ligue n’est pas parfaite, mais il a deux retraits sur trois prises par manche. Peu importe dans quelle ligue tu joues, c’est très impressionnant», assure Scalabrini.
Dans la famille
C’est connu, un esprit de famille particulièrement fort règne année après année chez les Capitales.
À la lumière du deuxième entraînement du camp, tout laisse croire que le Japonais de 26 ans, malgré la barrière de la langue, n’est pas tassé sur la voie d’évitement.
«Hey, Ryo, tu te sens bien? Et ton bras?» lui demande le nouveau receveur québécois Anthony Quirion.
«Yes. Good, yes!» lui répond avec entrain Kohigashi en hochant de la tête.
C’est peut-être sa plus longue conversation du jour, mais sa bonhomie rejoint ses coéquipiers.
«Même si ce n’est pas évident d’avoir une longue discussion avec lui, on voit qu’il comprend le baseball. Il sait ce qu’il a à faire. Il a du vécu dans le baseball et il localise bien ses lancers. Avec une bonne courbe et une bonne glissante, il rend le timing difficile pour les frappeurs», a louangé l’entraîneur des lanceurs, Christian Chénard.
«Le baseball reste une langue internationale. On voit qu’il n’est pas le premier à se lancer dans un exercice et qu’il a tendance à suivre ce que les autres font, mais il a l’air de comprendre ce qu’on lui dit en termes de baseball.»
Un camp qui débute du bon pied

Patrick Scalabrini dirige les Capitales depuis 2010. En fin renard, il sait que les premiers jours d’un camp d’entraînement ne sont pas forcément révélateurs, mais il ne peut s’empêcher de saliver en regardant ce qu’il a sous la main.
L’équipe sautait sur le terrain dimanche pour une première fois et s’entraîne à la maison pour le reste de la semaine. Le gérant détient donc un mince échantillon pour évaluer ses effectifs jusqu’ici, mais déjà, il aime ce qu’il voit et doit même retenir ses élans d’enthousiasme.
«C’est le début et c’est parfait. À chaque année, je dois me convaincre moi-même de ne pas me fier trop aux premières impressions après deux jours parce que les gars sortent du bus et se remettent un peu dedans. À partir de demain, on commence vraiment à se faire une tête, mais oui, j’ai aimé ce que j’ai vu.»
Quelques coups de cœur
Sur la trentaine de joueurs présents au camp, pas moins de 16 ont porté l’uniforme la saison dernière, donc les surprises ne seront pas forcément légion.
Scalabrini a tout de même déjà repéré certains éléments qui lui sont tombés dans l’œil.
«Il y a quelques gars que j’avais hâte de voir comme (Delano) Selassa et (Jake) Mackenzie, qui ont l’air de vrais joueurs de balle. (Francisco) Hernandez fait partie de ceux qui m’ont laissé la meilleure première impression. Tu vois tout de suite quand il ramasse la balle qu’il est très athlétique.
«Mackenzie est vraiment un bon frappeur et un athlète complet. Il va être un morceau important pour nous. On a besoin de ça avec les départs qu’on a eus», a souligné le gérant en insistant sur le travail de son joueur de troisième but.
Pour l’instant, Scalabrini demeure en attente des Panaméens, ainsi que de Franklin Parra, Tyler Bryant et Tyler Osik.
Les Capitales disputent un premier match préparatoire au parc Henri-Casault vendredi (16h) contre Trois-Rivières.