Hockey féminin: Une «French Connection» au cœur de New York


Mylène Richard
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«Quand tu frappes un coup de circuit à New York, c’est un grand chelem.» C’est par cette image que le directeur général de l’équipe de la Grosse Pomme dans la nouvelle Ligue professionnelle de hockey féminin décrit la magie de la ville.
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«C’est une grosse bête à dompter», a confirmé Pascal Daoust, mercredi, lors d’une visioconférence, à la veille d’une activité bien spéciale au cœur de la mégapole.
Le dévoilement de la capitaine, Micah Zandee-Hart, championne canadienne olympique à Pékin, s’est déroulé jeudi à la célèbre patinoire du Rockefeller Center, devant l’immense sapin illuminé qu’on aperçoit si souvent dans des films de Noël.
Michel Bergeron le répète souvent: «À New York, tout est plus gros». Daoust et les autres Québécois de l’organisation le réalisent pleinement.
«Beaucoup de gens se sont arrêtés pour nous regarder et nous filmer», a raconté au Journal la responsable des services à l’équipe, Katia Clément-Heydra.

Deux maisons
Daoust le reconnaît, le défi sera de taille afin de se faire connaître dans cette jungle où il y a mille choses à faire. Pour cette saison inaugurale, le club de New York disputera ses matchs locaux dans deux arénas, à Bridgeport, au Connecticut, et à Elmont, dans l’État de New York, le domicile des Islanders, dans la LNH. Plus d’une heure de route sépare les deux amphithéâtres.
«C’est de l’eau au moulin, ce sont des choses qui vont faciliter l’adhésion de nos membres, de nous faire voir et connaître, a souhaité l’ancien DG des Foreurs de Val-d’Or, dans la LHJMQ. Il y a même l’Empire State Building qui va s’illuminer à nos couleurs. Ce n’est pas rien quand il se passe quelque chose à New York.»

Quatre joueuses francophones
Daoust et Clément-Heydra ne sont pas les seuls Québécois au sein de la formation new-yorkaise. Il y a Christophe Perreault, le directeur du recrutement et des statistiques avancées, mais il y a surtout trois joueuses.
Élizabeth Giguère, Jade Downie-Landry et Alexandra Labelle, toutes issues du repêchage, ont vécu l’euphorie au centre de Manhattan, jeudi.
Reste à voir si les trois attaquantes formeront un trio comme Gilbert Perreault, Richard Martin et René Robert l’ont fait dans les années 1970 avec les Sabres de Buffalo, dans l’État... de New York.
La «French Connection» féminine pourrait même s’élargir en comptant la Française Chloé Aurard.
«Les trois Québécoises ne sont pas ici parce que Pascal Daoust est ici. Elles sont ici parce qu’elles méritent d’être dans la meilleure ligue au monde et qu’elles méritent de faire partie de cette équipe», a assuré le dirigeant.

Deux machines offensives
Ce dernier précise que les trois ont répondu aux attentes durant le camp d’entraînement et qu’elles ont convaincu les membres du personnel qui ne les connaissaient pas.
Giguère, qui a porté l’an dernier l’uniforme du Canada lors de la Série de la rivalité face aux Américaines, a été sélectionnée par Daoust au 28e rang en raison notamment de son «offensive, de son expérience et de son bagage de la NCAA», mais aussi pour son «intelligence, sa capacité à voir la patinoire à 360 degrés et à distribuer les rondelles partout».
«Quand elle décide de prendre sa deuxième et sa troisième vitesse, toute son intelligence et son exécution s’en dégagent», a analysé Daoust.
Quant à Downie-Landry, la meilleure pointeuse de la saison dernière de la Force de Montréal, dans la défunte Fédération première de hockey, et Labelle, Daoust les connaît bien. Quand il était entraîneur adjoint avec les Carabins de l’Université de Montréal, il a affronté la première, qui jouait pour les Martlets de McGill, et a dirigé la seconde pendant cinq campagnes.
«Jade, mon Dieu qu’elle donnait des arrêts cardiaques à tout le monde derrière un banc parce que tu savais qu’elle pouvait changer le match en un seul éclair, un seul jeu. Il ne faut jamais la sous-estimer quand elle a la rondelle et il ne faut jamais la perdre de vue quand elle ne l’a pas», a expliqué le DG.
«On sait [que Labelle] apporte une intelligence, une responsabilité, un respect de la game sur 200 pieds, sur 85 de large, sur 17 000 pieds carrés. Elle est disciplinée, c’est une coéquipière hors pair et elle est capable d’avoir sa touche offensive.»
Avec l'Américaine Alex Carpenter, les buts devraient être nombreux cette saison à New York.

Presque un quatuor
La défenseuse Christine Deaudelin a bien failli se joindre au trio de Québécoises, mais malgré un bon camp, elle a été retranchée.
«Dans un autobus, on ne peut pas tous être assis dans le siège en arrière du chauffeur, il faut occuper des sièges différents, a imagé Daoust. Christine a des choses à offrir dans cette ligue, le seul dilemme, c’est le nombre de chaises disponibles.»
«À court ou moyen termes, pour les athlètes qui vont garder la forme, qui resteront prêtes, il y aura certainement des opportunités», a soutenu Daoust.