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«Hey, salut belle plotte»: des femmes contre le harcèlement de rue à Québec

Atelier d'autodéfense au «Rendez-vous pour des rues sans peur» à Québec.
Atelier d'autodéfense au «Rendez-vous pour des rues sans peur» à Québec. Léa Martin
Photo portrait de Léa  Martin

Léa Martin

2024-06-26T18:11:31Z

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«Hey, salut belle plotte, t’as-tu de l’argent»: voilà comment Monique s’est récemment fait aborder par un homme sur la rue Cartier, à Québec.

«Il y avait des gens autour de moi, mais pourtant, il n’y a pas personne qui a parlé, il n’y a pas personne qui a réagi», raconte la dame de 64 à qui 24 heures a parlé dans le cadre d’un rassemblement contre le harcèlement, «Rendez-vous pour des rues sans peur» organisé par Accès transports viables.

Cette situation n’a malheureusement rien d’exceptionnel, soulignent Roxanne Deniger et Béatrice Mercier du Centre d'éducation et d'action des femmes de Montréal. Dans 53% des cas de harcèlement de rue, les victimes ne reçoivent aucune assistance de la part de la personne qui les accompagnait ou des témoins de la scène.

Depuis qu’elle s’est fait harceler, Monique a pris l’habitude de regarder derrière elle pour voir si quelqu’un la suit dans la rue. «Est-ce que c’est normal?», a-t-elle demandé aux autres femmes présentes lors du rassemblement qui s’est tenu il y a quelques jours à Québec.

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«Je pense que c’est normal quand on est une femme», a assuré une autre participante.

«C’est un mécanisme de défense qu’on peut utiliser», a ajouté une des organisatrices de l’événement.

• À lire aussi: Apprécier les cultures autochtones sans faire de l’appropriation par accident

Un phénomène méconnu à Québec

Même si on a l’habitude de penser à Montréal quand il s’agit de harcèlement de rue, le phénomène est aussi bien présent à Québec. Il est difficile toutefois de connaître l’ampleur du problème, puisqu’on n’a pas encore de données pour la Capitale-Nationale.

Émile, un homme trans de 24 ans, est bien placé pour savoir que le harcèlement de rue existe. Il l’a subi comme femme et il continue de le subir en tant qu’homme trans homosexuel.

«J’ai commencé ma transition il y a trois ans, alors j’ai quand même vécu 21 ans comme femme. Pour avoir vécu les deux bords, je peux dire que ça arrive aussi aux hommes [le harcèlement de rue]», souligne-t-il.

«Moi, je suis homosexuel. Alors dès que je suis avec un homme à côté de moi, qu’on se tient la main, c’est très difficile au niveau des préjugés et du harcèlement de rue», poursuit-il.

Pour Alexandra, ce sont ses origines et son accent qui provoquent le harcèlement de rue.

«Les aînés me dévisagent, me regardent fixement, pas gentiment», affirme la femme de 68 ans qui se fait souvent demander d’où elle vient alors qu’elle se balade dans la rue.

«C’est la septième ville autour du monde où j’habite et je n’ai jamais vécu ça nulle part ailleurs», déplore celle qui songe à déménager à Montréal.

Des lieux douloureux

Lors du rassemblement «Rendez-vous pour des rues sans peur», les participantes ont pu indiquer sur une carte de Québec les endroits où elles ne se sentent peu ou pas en sécurité (points jaunes et rouges), ainsi que les lieux où elles ont vécu du harcèlement de rue (points mauves).

Carte du centre-ville de Québec où sont identifiés les endroits où les participantes se sentent insécures et les endroits où elles ont vécu du harcèlement de rue.
Carte du centre-ville de Québec où sont identifiés les endroits où les participantes se sentent insécures et les endroits où elles ont vécu du harcèlement de rue. Léa Martin

«Dans chacun de nos ateliers, on voit que les escaliers entre la haute-ville et la basse-ville sont des endroits d’insécurité», explique une des organisatrices. Le quartier Saint-Roch semble l’endroit où les victimes ont vécu le plus de harcèlement.

L’évènement s’est finalement terminé par une séance d’initiation à l’autodéfense pendant laquelle les participantes ont pu crier (littéralement) «NON!» au harcèlement de rue.

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