Des femmes se confient sur le harcèlement de rue à Québec: «des choses qui arrivent très souvent»


Léa Martin
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Les femmes se sentent-elles en sécurité lorsqu’elles marchent seules dans les rues de Québec? Est-ce qu'il leur arrive de se faire harceler? Ce sont des questions que 24 heures a posées à des personnes rencontrées sur le campus de l’Université Laval.
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Louise Bernardeau, 23 ans, se souvient d’une bonne frousse que lui a fait vivre un chauffeur Uber.
«Une fois que j’entre dans le Uber, le mec avance de quelques mètres, annule la course dans l’application, se retourne et me dit qu’il annule la course sur l’application, pour le reste du trajet, et qu’on peut s’arranger entre nous», raconte la jeune femme qui a finalement réussi à descendre du véhicule, même si le chauffeur avait tenté de barrer les portes.
Malgré cet épisode, la Française, qui habite à Québec depuis six mois, se sent généralement plus en sécurité de ce côté-ci de l’Atlantique.
«Je me sens très en sécurité honnêtement, parce que je viens de la France où il y a beaucoup d’insécurité et de harcèlement», mentionne-t-elle.
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Ornella Kavutes, 22 ans, se souvient elle aussi d’un homme qui lui a fait peur alors qu’elle retournait chez elle, en plein jour.
«Une fois, je marchais près de chez moi, à Lebourgneuf, un quartier quand même tranquille et sécuritaire, et un monsieur dans sa voiture m’a demandé mon nom. Je n’ai pas répondu et il a commencé à me suivre», se souvient celle qui est parvenue à se défaire de l'homme en lui refilant le numéro de téléphone de son copain.
Même si elle se sent généralement en sécurité dans la ville où elle a grandi, «ce sont quand même des choses qui arrivent très souvent», dit-elle.
Une préoccupation, le harcèlement de rue
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Plusieurs des femmes interviewées par 24 heures n’ont jamais été victimes de harcèlement de rue. C'est le cas de Mélodie Bélanger, 19 ans. C'est toutefois déjà arrivé à certaines de ses amies.
Et même si elles n'ont pas subi de harcèlement, les jeunes femmes nous ont toutes dit qu'elles prenaient certaines précautions pour éviter que ça leur arrive.
Ornella Kavutes, par exemple, s’empêche d’aller courir le soir en écoutant de la musique dans ses écouteurs.
D’autres répondantes ont affirmé ne pas sortir seules tard le soir, varier les chemins pour rentrer chez elles, changer de trottoir si un homme les suit de trop près ou encore parler au téléphone pendant leur trajet.
Québec plus sécuritaire que Montréal?
Malgré ces dispositions pour éviter le harcèlement de rue, un sentiment se dégageait des témoignages recueillis par 24 heures: les rues Québec seraient plus sécuritaires qu’à Montréal ou dans d’autres villes dans le monde.
Mais est-ce vraiment le cas? Difficile à dire, notamment à cause du manque de données, souligne la directrice générale d’Accès transports viables, Marie-Soleil Gagné.
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«On s’est rendu compte, à force de rencontrer les gens, d’avoir accès à des témoignages, que le harcèlement de rue existait à Québec et qu’il était méconnu parce qu’il n’y a pas suffisamment de données pour le rendre visible», insiste-t-elle.
C’est justement pour avoir un portrait plus clair de la situation que son organisme a lancé un sondage dans le cadre du projet Rues sans peur. L’objectif: mesurer le sentiment d’insécurité dans les lieux publics à Québec et Chaudière-Appalaches.
Accès transports viables espère rejoindre environ 1000 personnes avec son sondage, notamment des femmes, des personnes racisées ou en situation de handicap et des membres de la communauté LGBTQ+.
Il est possible de remplir le questionnaire jusqu’au mois de juin 2024.